Chapitre 5. Rock Flammes :
Georges pédale sans effort en tirant sur sa bouffarde, il vole paisiblement en repensant à sa nymphe.
Randy attend la bande proche de l’entrée du chapitre 5.
Mo taille quelques moustaches au passage, histoire de garder la main et derrière Tommy pédale la chemise ouverte.
Ils ressortent sur la plage, pas loin de l’ancien Port de Marchandise.
La fumée noire les empêche de respirer, le foulard sur le nez, ils pédalent vite se planquer entre des rochers, pour s’abriter.
Tommy en profite pour sortir sa fameuse Carte, et cherche les indications, sur la suite de l’aventure.
— Il est noté que nous devons : trouvez la porte d’un Château, lit Tommy.
— Je ne vois aucun Château… dit la bande, mais ils entendent le son: Felicity Jane de Writing On The Wall.
Ils suivent ses murmures en se laissant envouter par la musique .
Ils y découvrent des hommes et des dames, à dos de bisons, qui se déclarent leurs flammes, en défendant un rythme excellent.
Debout sur le dos des bisons, ils se hurlent des mots d’amour, brûlent de passion l’un à l’autre, ce sont des combattants, l’épée accompagne la romance, autant chez l’homme que chez la femme. Dans cette ennéade, le code vestimentaire semble réduit à de simples oripeaux, ils portent tous le même attirail, mais ils s’en fichent. Ils s’offrent le bonheur de gueuler ensemble, et semblent s’en porter très bien.
La bande parque les vélos, et leur fait un signe de la main.
— Bonjour, sommes-nous bien sur la route qui mène au château ? demande Tommy.
— Le Château? rigolent les tourtereaux.
— Passez déjà l’entrée de la Manse !
— On vous y emmène, venez monter. De toute façon, avec la pluie, vous ne traverserez jamais le sol noir du Régur à vélo !
La bande accepte la proposition et abandonne leurs petites reines, puis monte à l’arrière des bêtes.
Tommy Randy et Georges montent avec ceux que l’on nomme : Les Trustes Italien, quant à Mo elle profite de monter avec les Spadassines.
— Enchanter tout le monde ! et bienvenue sur les Terres du Volcan, je suppose que vous êtes des guerriers aguerrit pas besoin de vous faire la leçon?
Sans attendre, les Trustes se mettent à chanter : Immagine de I Top 4.
Mo est ravie de cette rencontre, tombé sur des expertes du maniement des armes et exactement ce dont elle avait besoin.
Le voyage à dos de Bison, remue pas mal, ils s’accrochent comme ils peuvent, et foncent dans les champs de cotons en éclaboussant; les terres noire argileuse du Régur.
Et puis ils arrivent à la Manse. C’est une grande maison, plutôt aisée et noble. Ils passent l’entrée toujours à dos de bisons et arrivent dans une grande cour en gazon.
Des Paladines sortent des fenêtres et les admirent entrer, elles leur sourient et puis l’une d’elle dit : — Que nous vaut cette visite, mes Spadassines?
— Mesdames, nous avons de nouveaux voyageurs qui souhaitent faire un duel.
— Ah bon ? Formidable, justement, nous manquions d’animation, répond une Paladine.
Les Paladines sont conduite par les Sigisbée à l’étage de la Manse et s’installent confortablement pour voir la performance des combattantes.
— Que la meilleure équipe gagne, mais surtout émerveillée nous !
Les Spadassines se lancent avec brio une main agrippée à l’animal, l’autre en brandissant l’épée; elles se mettent à chanter : Trilogy 1 / Decision de Tunefish.
Mo à du mal à rester assise bien en place, elle s’accroche tant bien que mal durant la chanson, mais au moment où elle entend que la batterie monte en puissance, ça la fait réagir instinctivement; elle se met debout sur le dos de la bisonne et parvient avec aisance à faire de l’Air Batterie.
Les Paladines sont comblées en observant le style de Mo,
— elle se lie parfaitement aux Spadassines, c’est fantastique ! Elles applaudissent vivement la performance des filles.
C’est au tour des Trustes, de Randy, Georges, et Tommy.
Ils se lancent sur : Blind Regards de Visible Wind.
La légèreté des Trustes est un brin amusant, mais le regard des Paladines se dirige surtout vers Mo et les filles.
Tommy tente de plaire à son public, en faisant des figures acrobatiques, des mouvements de kung fu.
Mais elles s’en fiche.
Randy emploie la force, sur son bison, il hurle et fait rugir ses veines
Les Paladines ressentent un léger frisson, mais s’en attardent qu’une seconde.
C’est au tour de Georges de faire ses preuves, il s’emploie d’une manière professionnel.
Notre Chauffeur flûte à l’oreille du bison, celui-ci renâcle un ronron et se comporte littéralement comme chat.
La scène saisit le regard des Paladines, elles trouvent cela étonnement divertissant, elles n’ont jamais vu de bison se transformer en félin.
Tommy en profite et exécute de nouvelles figures, cette fois, elles sont remarquées.
Randy passe devant, montrant ces biceps si gonflés qu’ils sont devenus rouge écarlate.
Pour terminer, la bande et les Trustes se coordonnent pour bruler leur dernière carte, la flamme romanesque; Les Paladines assistent à une pastourelle moderne, offerte par les Hommes, sur le titre : Time Is Like A Promise de Tír Na nÓg.
Les Paladines n’en peuvent plus, elles lâchent des Vivats qui éclatent dans les oreilles de Mo.
L’ambiance est à son comble, les bisons tournent en rond pendant que les hommes lancent des baisés aux Paladines
— Oh ! C’est quoi tous ces vivats? demande Un Templier Italien.
Ce sont ses hommes, ils sont fabuleux! disent-elles.
Les Templiers bondissent de leur terrasse et viennent mater les gueules de nos voyageurs.
— Vous ! On peut savoir où vous allez ?
— Au château, s’écrie Tommy.
— Très bien ! On va vous y conduire, suivez-nous! exigent Les Templiers.
Avant de partir, les Templiers grimpent sur les bisons et chantent : Ascolta II Tempo de I Top 4 pour les Paladines, puis ils ordonnent que l’on ouvre les portes du Village.
La bande arrive au village à dos de bisons sur : The Keys Of Canterbury de Vulcan’s Hammer.
Où nous emmenez-vous? demande Mo
— Vers La Femme du Bison Blanc, c’est elle qui peut ouvrir la porte, du passage pour le château. Dit l’un des Templiers.
— Merci, dit Tommy.
— Non pas de merci, je ne veux plus vous voir à la manse, c’est bien clair?
— Très clair, répond Tommy.
Au village ils aperçoivent un vieux batteur d’armures qui frappe l’enclume.
Mo descend de la bisonne et observe l’œuvre du forgeron.
Avec de modestes outils, il parvient à confectionner des pièces d’armure et une épée.
Mo prend l’épée et mets flamberge au vent, les autres descendent pour voir les armures.
Georges se paie un Armet, il demande juste à l’homme, de lui faire un trou pour laisser passer sa bouffarde.
Randy s’offre une Targe
Tommy enfile un Haubert.
Mo échange son sabre contre l’épée de Renaud.
Une fois équipé, la bande rejoint les Templiers et se remette à trotter. Dans les rues ils entendent des plaintes, un Layetier constate qu’il manque du personnel, que les ouvriers qualifiés disparaissent. Cela inquiète la population, qui a déjà connu la disparition de ses derniers boulangers.
Les Templiers gardent le silence jusqu’à l’entrée d’un Bouge où ils déposent les Big Bisous. Puis repartent au trot.
La bande entre dans le Bouge, sur : Time Will Change de Missing Link.
— L’odeur est à crever, mais la musique est bonne, dit Tommy.
— Nous sommes peut-être pauvres, mais cela ne nous empêchera jamais d’écouter de la bonne musique, répond le patron.
— Vous avez bien raison, dite Tommy, en admirant l’estampie. Dite, nous cherchons La Femme du Bison Blanc, cela vous dit quelque chose?
— Bien sûr, elle est à la table 39, répond le Patron.
Les Big Bisous s’avancent dans le bar, mais à la table 39, il n’y a personne.
Ils décident de s’assoir et de l’attendre, peut-être est-elle aux toilettes.
Un Varlet vient prendre la commande.
— Que puis-je pour vous?
— Profitons des voyages pour gouter l’alcool régional ! Balance Randy, mettez un grand verre d’hydromel, Svp.
— Je suis désolé, le seul alcool de la région ; c’est le kawa, répond le garçon.
— C’est bon ça? demande Randy
— Ça va bien avec le menu du jour.
— Très bien, allons-y comme ça, dit Randy.
Les autres suivent.
Les Varlets font roustir des animelles, qu’ils viennent servir avec des longanes.
— Bon Appétit !
Mo part aux toilettes.
Tommy donne son repas aux mendiants.
Georges a une crampe d’estomac après n’avoir mangé que les longanes.
Randy dévore son assiette et s’envoie un bon litre de Kawa.
Une Femme élancée, au timbre chaud, s’avance vers la bande.
— Bonjour il parait que vous me cherchez? Vous souhaitez une séance de géomancie?
— Non, nous sommes à la recherche du château, il semble que vous soyez la clé pour nous faire avancer, dit Tommy sans perdre de temps.
— Et pourquoi souhaitez-vous aller au château exactement? demande la Femme.
Tommy lui présente leurs objectifs futurs.
— Donc, vous êtes en mission si on veut bien?
— C’est ça, explique Tommy.
— Très bien, je vais vous emmener vers mon Mari. Suivez-moi, elle se lève de table et passe par un passage, caché derrière une bibliothèque dans un coin du bouge.
Ils entendent : Magic Circle de Yoke Shire en s’enfonçant dans ce passage secret.
Durant la marche, la Femme du Bison Blanc leur fait un aveu. Elle leurs racontent que les effets produit par l’ancien Port de marchandise ont changé l’apparence des travailleurs en d’étrange créatures, Tommy lui confirme qu’ils sont au courant, mais elle termine par dire — cela ne se limite pas aux Ogres et aux Lamies. Tommy étonné le note dans le livre.
— Bienvenue à la maison, dit-elle , Bison t’est là?
Son Mari entre, il a une longue barbe et pas un cheveu sur le caillou.
— Je vous présente Le Bison Blanc mon alchimiste.
—Monsieur, enchanté, dit la bande.
— Que font ces jeunes chez nous, ronchonne l’alchimiste.
— Nous allons les aider en leur offrant de la magie, lui explique sa Femme.
— Ah bon? T’es sûr?
— C’est les Big Bisous, ils vont avoir besoin de nous, insiste-t-elle.
— Mouais, je ne veux pas vous tarder, mais…J’aimerai m’assurer que vous êtes bien la bande dont j’ai eu, vaguement écho.
— Vous voulez un concert? demande Tommy.
— Un concert ! Quelle horreur non !
— J’aimerai que vous ressoudiez ma simple énigme, dit-il en mettant le titre : Strange Dream de Marinoff
— Pour moi, l’accouchement vient avant la grossesse.
L’enfance avant la naissance, l’adolescence avant l’enfance.
La mort avant la vie.
Qui suis-je ? …
Tommy scrute en pliant les yeux, il attend que la réponse lui tombe du ciel.
Pour Randy ce n’est pas le bon moment de faire marcher sa tête, le kawa c’est plus fort que l’on croit.
Mo est larguée, et n’ose pas demander de répéter la question.
Georges se sent à l’aise chez l’alchimiste. En tirant sur sa bouffarde, il réfléchit deux secondes et balance — C’est le dictionnaire, non?
— C’est une bonne réponse, je vous offre mon aide ! s’exclame l’alchimiste. Ensemble nous allons faire naitre un Guerrier, un compagnon de voyage, un être surnaturel.
— Quoi ont va rajouter une créature aux autres, c’est ça? demande Mo.
— Exactement ! Pour vaincre des créatures, vous devez vous en procurer une, raconte La Femme du Bison Blanc.
— et c’est la que j’interviens, dit t-il en mettant le titre : Last Wave de Top Left Corner.
Puis il sort son grimoire, fait une incantation en touillant sa potion ,puis jette dedans, un disque de Kiss : Creature Of The Night…
Apparaît alors à cette suite magistère : Un Homuncule.
Le personnage culte et de petite taille, mais a des mains immenses.
Son costume est taillé comme celui des chevaliers, ses chaines et son armure sont étincelantes.
Ses chaussures ont la forme d’un dragon, elle crache de grosses dents blanches pointues.
Derrière sa carrure battent des ailes de chauves-souris.
Sa figure est pétrie d’une blanche peinture, ses yeux sont couverts d’ombre intense.
Son élégance se termine par des cheveux noirs hirsutes qui chutent à ses épaules.
Ils regardent la bande et tire une langue rouge, décuplée !
La bande est scotchée.
— Je vous présente votre nouveau compagnon : Simmons !
Mo, en le voyant, entend une musique qui tourne dans sa tête, c’est : The Tin Angel, Pt 1 de Gandalf The Grey. Elle ne sait pas ce qu’elle ressent, mais une chose est sure, elle ressent quelque chose en le voyant.
La Femme du Bison Blanc sort une grande clé et ouvre la porte qui donne sur les vallées, The Mediation de Mad Puppet s’étend dans l’horizon.
Au loin ils y voient l’entrée du château, elle est situé proche du volcan. Un sentier sillonne parmi les poivriers.
— Prenez-soin de vous et du petit Simmons, demande La Femme du Bison Blanc.
— C’est promis nous serons prudent, valide Mo.
Ils marchent sur le sentier battu qui mène au Château, et salue les rencontres.
— À présent qu’est-ce qui nous attend ? demande Tommy.
— Nous devons nous préparer à rencontrer d’étranges créatures, répond Mo.
Georges se fait un aqua dans son armet en réponse.
N’aie pas la venette, Georges ! Dit Randy, Je ne les laisserai pas te toucher.
Une lueur d’espoir sort du casque de Georges.
L’Homuncule part dans les poivriers et récolte leurs racines, prend de l’eau à la fontaine et allume un feu.
Il y dépose sa casserole d’eau, puis il se pose. Il prend le temps de réduire en poudre, les racines des poivriers, à l’aide de ses grandes mains, et les jettes dans l’eau chaude.
Il le goute d’abord.
Le goût terreux lui fait sortir sa langue décuplée, puis il se met à pousser des cris en crachant des oreillards.
Les chauves-souris qui s’évadent de sa gorge vont immédiatement déféquer sur les plantes.
— Il n’a pas aimé, on dirait, constate Randy.
L’Homuncule descend la casserole de Kawa.
— Dit donc on peut gouter oui ! s’écrie Randy. Et pis c’est quoi ce délire? C’est ça ton pouvoir, craché des oreillards?
Simmons sourit en faisant des rots.
— Il produit du Guano pour les plantes, explique un petit homme trapu, c’est justement pour remercier le poivrier qu’il a fait cela.
La bande ne l’avait pas du tout vu comme ça. Ils sont épatés par la grandeur du petit Simmons.
Et a qui avons nous affaire? demande Tommy
— Enchanté, je m’appelle Korrigan je suis votre manager occasionnel pour la suite.
Pour parvenir à entrer dans la cour du château, vous aurez besoin d’un préparatif, afin de réaliser la musique d’une Pyrrhique.
La bande ne sait pas ce que c’est.
Le Korrigan leur propose d’assister à leur concert pour mieux comprendre.
Ils sont tous partants.
— C’est important de bien comprendre l’enjeu, dit-il mais venez, je vais vous présenter les autres.
C’est toute une communauté de Korrigan’s qui séjourne dans les vallées, les petits hommes sont même plus petits que Simmons, la bande se sent immense devant ces nouvelles rencontres, tous plus charmants et charmantes les unes des autres.
— Installez-vous et regardez-nous. Disent-ils.
La bande s’installe pour admirer le spectacle. Ils s’en réjouissent d’avance.
La Pyrrhique des korrigan’s commence sur : The Final Catastrophe de Wyzards.
Les petits hommes démarrent sur un son très lourd, et brillant, puis partent dans une colère étourdie, où tous les Korrigan’s s’affrontent dans un combat armé simulé.
Ils deviennent de plus en plus colériques au fil de l’interprétation. Le faux combat dégage une énergie folle.
Randy fonce dans le public, Tommy le suit et cherche a lui rappeler de faire attention, sa carrure de bucheron pourrait brisé les faces des Korrigan’s.
Georges saute de joie et admire de loin ce joyeux merdier qui dure bien quatre minutes quarante avant de suspendre l’action, dans une sorte de préparation.
Un Korrigan balance un coup de guitare magnifique, puis s’enchainent soudainement des notes absolument merveilleuses, la guitare décolle dans la vallée, leur musique est une rivière qui s’écoule sur les poivriers , le soleil éclate sa satisfaction et les Korrigan’s s’envolent dans ses notes folle, le combat est à présent doux et puissant, Le petit Korrigan s’acharne sur sa guitare comme un véritable émérite.
La tension retombe, l’émotion est vive, l’émerveillement est acquis. Ils ont réussi ce qu’ils appellent : La Pyrrhique des Korrigan’s.
— Vous avez compris le concept? demande Le Korrigan a peine essoufflé.
— Très bien, oui, c’est à notre tour d’offrir un spectacle époustouflant ! Gueule les Big Bisous.
— Parfait !
Les korrigan’s les accompagnent jusqu’au pont-levis du château en chantant : No Time In The City de Wildebeest.
Devant l’entrée se dresse le Légendaire Hercule armé de sa massue.
Le Korrigan s’en approche et lui explique que les Big Bisous ont reçu le cours de formation, et que l’heure des révélations a sonné pour eux.
Hercule accorde le droit de passage, et leur souhaite — la bienvenue au Château de Rock Flammes !
La bande remercie chaleureusement les Korrigan’s pour leur aide, et traverse le pont orné d’oriflammes.
Les Big Bisous rentrent le torse bombé, paré a faire la pyrrhique du siècle, mais dans la cour du Château, c’est vide. Cependant, ils entendent des hurlements provenant d’une boutique.
Ils repèrent des bandages tachés de sang suspendus devant l’entrée, la bande s’en approche.
— c’est l’origine de la célèbre enseigne traditionnelle des barbiers, dit Randy, le rouge représente le sang, le blanc les bandages et le poteau évoque le bâton, que le patient doit serrer, pour faire saillir ses veines.
Mo le regarde apeurée.
Un homme sort de la boutique, il porte un chapeau en forme de dent.
— Je peux vous aider?
— Oui, nous cherchons l’endroit où nous pourrions jouer une pyrrhique ?
— Faut voir avec les Hoplites, ils sont à l’intérieur. vous pouvez entrer mais je vous conseil de prendre une bouffée d’air avant.
— Entendu.
Ils inspirent et entrent. Voient des soldats en pièces, les plaies ouvertes, allongés sur les lits des arracheurs de dents.
— Bonjour dit un Barbier, juste un instant si vous plaît.
— Bonjour, répond la bande en fixant la scène.
À l’aide d’une fléme, le barbier Chirurgien incise une veine, dans le cou du soldat, puis procède à la phlébotomie.
— J’aimerais bien discuter avec vous, mais ses hommes sont mal en point. Ils viennent d’affronter une périlleuse bataille, explique le barbier, tout en appliquant des sangsues aux visages des soldats.
— Quelle horreur ! Dit Mo, mais à quoi servent ces bestioles?
— Les sangsues sont appliquées sur la peau pour aspiré le sang vicié et rétablir l’équilibre entre les quatre fluides : le sang, la bile jaune, la bile noire et le flegme, lui explique le barbier Chirugien.
— Y’en a marre de ces saignées ! Crie un patient, une hiro plantée en pleine glabelle.
— Basée sur la théorie des humeurs, elle vise à rétablir l’équilibre corporel. Ce qui ne te fera pas de mal. dit le barbier au soldat.
— Ces foutus Ogres, se plaint un Hoplyte. Ils ont bien failli nous envahir cette fois, reconnaît-il.
— Ces fichues Lamies , comment ont-elles pu dessiner les plans d’une sambuque ! dit un autre homme.
— Et dire qu’Hercule n’y a vu que du feu !
— Ils sont passés à l’arrière, comment voulais-tu qu’Hercule les voie?
— Il nous en faudrait plusieurs d’Hercules !
— Messieurs, dame, pourquoi êtes vous chez le Barbier Chirurgien au fait? demande un arracheur de dents, en tirant sur sa pince pélican.
— Nous sommes les Big Bisous nous voulons jouer une pyrrhique pour vous remonter le moral ! raconte Tommy pendant que l’hoplite reçoit une brûlure au fer rouge pour sa cautérisation.
— Peu nous en chaut de votre danse guerrière ! dit le soldat en crachant des restes de cendres. Nous sommes mal en point comme vous pouvez le constater. Revenez demain ! dit l’Hoplite.
— Cette invention dessinée par les Lamies, est un vrai danger, reprend un soldat.
— Oui, avec la sambuque, notre défense ne vaut plus rien, il faut revoir nos propres plans et riposter !
— Excusez-moi, messieurs, mais nous ne pouvons pas attendre demain. Pouvez-vous nous laisser entrer à l’intérieur du château? demande Tommy.
— Plaît-il, et pourquoi ?
— Pour poursuivre notre chemin.
— Ça coûte une pyrrhique pour entrer, revenez demain ! dit le soldat en crachant un chicot.
L’Homuncule pousse un cri aigu, et fait battre ses ailes de chauve-souris.
L’intention se porte sur lui, il sort de son armure un bocal, et passe l’Herbe aux soldats en leur montrant les astuces.
Les Hoplites suivent sagement les instructions de Simmons, et mâchent les millefeuille de l’achillée, puis ils les appliquent sur leurs plaies, ce qui arrête immédiatement les saignements.
En attendant que l’entaille soit engourdie, Simmons va récupérer des œufs qu’il casse en gardant uniquement le blanc, puis les jette dans sa casserole.
Il y ajoute du vieux vin qui traine dans la poche de son armure et le mélange à l’œuf.
Une fois la plaie engourdie, l’Homuncule y déverse sa formule pour nettoyer la chair vive et la désinfecte.
Il étale ensuite du miel pour ses propriétés anti bactériennes et panse les soldats avec une laine qu’il fait bouillir dans du vin.
— Merci petit homme pour cette vulnéraire, nous nous sentons déjà beaucoup mieux. Vous savez quoi, finalement, nous acceptons de participer à votre Pyrrhique, dit le chef en remettant ses solerets.
Les Big Bisous montent sur scène, et chauffent leur public pesamment armé, en annonçant le titre : Focus de Hocus Pocus.
L’Homuncule s’illumine devant la foule, son regard devient flamboyant, sa bouche fait tomber sa langue à ses pieds, et ses mains immenses commencent à générer de la fumée. Une éblouissance sort d’entre ses doigts, et crée une basse ensiforme rutilante.
L’instrument en main, le petit Simmons devient un vrai monstre, il déchaine ses ailes et offre les assauts du vent, tout en tapant sur sa basse.
La gueule ouverte, il crache ses oreillards.
Randy attaque comme une brute sur sa guitare électrique
Mo fait feu sur la batterie, comme sur un groupe de canons
Georges se met au clavier et se déhanche dans la fumée puis,
Entre en scène dans ce joyeux bordel Tommy, qui démarre un fabuleux yodel !
Les Hoplites accourent avec ardeur et simulent des lancées de piques qui effleurent leurs camails.
Simmons s’arrête de jouer deux minutes, et profite d’offrir des verres de kawa à toute l’armée.
Les soldats meurent de soif, ils en descendent des litres en quelques secondes.
Les Big Bisous parviennent à emporter les bretteurs, les épaulières se lèvent pour ferrailler et faire sonner les clameurs de l’acier. Cela résonne dans toute la cour, s’ensuit le rire sardonique de Tommy qui rend fou cette foule guerrière, qui courent et déchirent ses bandages, pris dans l’action et l’effet de la boisson terreuse, les Hoplites s’en ingurgitent encore, entre les accords, avant de repartir au fil de ce combat qui danse ! La véhémence acérée ne cesse de s’accentuer.
C’est après plus de quatre minutes que la flûte traversière de Georges fait son entrée, la foule s’extasie dans le sang, en faisant sonner leur tassette, ils finissent par tomber de fatigue, mais ils sont pâmés de bonheur.
Les Barbiers-Chirurgien vont à leur secours, mais au même moment, le glas sonne, l’héraut annonce une seconde attaque !
Pas le temps de se rasséréner, ils sortent la dory en voyant une nouvelle sambuque se poser contre le mur.
Un Ogre sort sa tête du mur de pierre et crie
— PETIT ! L’affront va être violent cette fois-ci ! avertit-il.
Derrière lui sa Lamie montre sa bouille à son tour, elle offre son sourire de lamproie aux Hoplites. Derrière elle, il y en a trois-cents autres.
L’Ogre et la Lamie passés à tabac par la bande, font partie de l’armée, on les différencie toujours de leur rasage. Mo les salue, mais le retour est hostile.
Ils viennent en haine, pour les dévorer. Les Ogres s’alignent devant les Hoplites, qui sont, pour leur part, bien éméchés. Le sérieux de la guerre les plombe avant même d’avoir commencé.
— Nous devons faire quelque chose pour éviter le massacre, dit Mo
— Ta raison jouons une autre pyrrhique c’est la seule solution, répond Randy
— Ouais ! Transformons la guerre en danse ! s’écrie Tommy. Pourquoi faire la guerre quand il existe les danses guerrières? demande-t-il aux soldats et aux monstres.
Chère publique, nous vous offrons une dernière Pyrrhique ! profitez-en ! lance-t-il
Mais il y a un hic, les Lamies ne peuvent pas participer à la danse à cause de leur queue… Elles s’en plaignent et ordonnent aux Ogres de lancer l’assaut !
Les Ogres obéissent aux Lamies, et foncent !
Une boule de poil bondit en hurlant le poing levé — déjà que le salaire n’était pas terrible ! Mais le coup de la transformation !! hurle-t-il en cognant mandale après mandale sur le casque de l’Hoplite.
Quant à elles, elles se mettent à cracher des poissons maudits sur les Soldats. Simmons intervient et crache des oreillards qui poussent les poissons dans une autre direction. Ce boucan se fait entendre par Hercule, qui intervient comme un boulet de canon.
Quand il débarque, ça calme tout le monde. Sa force légendaire est bien supérieure à celle des Ogres, ceux-ci abandonnent vite l’affront, quand Hercule les avertit.
— Si vous ne voulez pas finir en boule de Noël sur les sapins du château, je vous conseille vivement de vous affronter uniquement par la danse !
Les Ogres n’ont pas d’autre choix que d’accepter.
En attendant, Hercule offre la sérénade aux Lamies sur : Our Love Wil Not Decay de Tír Na nÓg. Sa voix puissante, il la réduit au murmure, son chant son des excuses, Les Lamies tombent sous le charme et se réconforte les unes contre les autres, en écoutant ce mur de muscle en silence. Leurs larmes tombent sur les pavés du château, et font pousser des Marguerites.
Quand Hercule termine son morceau, il leur fait un signe de le suivre dans la salle des chevaliers. Il y referme la porte en bois.
Les flambeaux éclairent la salle, offrant ce côté : Concert Privé, Hercule monte sur la petite scène, et envoie au maximum sa puissante voix sure : Allumer le Feu de Johnny Hallyday. Les flambeaux deviennent violets.
En attendant, les Big Bisous montent au sommet de la sambuque.
La porte du château va-t-elle s’ouvrir s’ils parviennent à fraterniser les deux camps ?
— Vont-ils nous entendre depuis là-haut? demande Mo
— Il le faut, répond Tommy, à notre régime, on se doit d’offrir une catharsis et transformer ces malentendus en fête guerrière.
— Cher public, on vous souhaite la bienvenue à la Pyhrrique de la cour du château ! hurle Tommy en hauteur, dans son haubert scintillant.
Les adversaires se dévisagent en s’échauffant.
— Nous allons démarrer un son d’anthologie préparer vous à cette guerre musicale ! Et surtout, que vos pas de danse soient aussi rayonnants que vos armes ! Les Big bisous se lancent sur : Rime Of The Ancient Mariner de Iron Maiden.
Et d’un coup de baguette magique, la guerre se change en danse.
Ensemble ils créent cette nouvelle tendance, intelligente.
Les Peltases regardent avec envie depuis leur village, les Big Bisous jouées la pyrrhique sur la sambuque . Un Peltase sort sa tête par-dessus le mur,
— C’est par ici qu’on entend de la musique? On peut participer?
— Non ! Pas en ce jour. Répond les deux adversaires simultanément pris par le rythme.
Les Big Bisous ralentissent la cadence, suffisamment pour entendre le grincement de la sambuque qui balance.
Les deux camps en profitent :
— Pourquoi vous nous accusez de vos transformations ! C’est le Port de Marchandise qui en était le responsable, nous, on protège uniquement le château.
— Mais le Port appartient à la Famille Royale du Château, espèce d’anencéphales ! répond l’Ogre entre deux pas de danse.
— Vous n’êtes pas les seules à avoir subi des changements d’apparence, en revanche, vous êtes les seules à vous en plaindre !
— Nous ne voulons que justice, ça ne peut pas continuer ainsi, reconnaissez-le !
— Nos deux camps ne peuvent pas résoudre cette tension, seule une équipe étrangère le pourrait.
— Alors, laissez entrer les Big Bisous au château, l’avenir doit changer et c’est à travers eux que l’on trouvera la paix.
— Silence et danse ! c’est une guerre, je te rappelle, et nous allons vous écraser ! s’énerve un soldat.
— Si nous gagnions cette bataille, vous les laisserez entrer, c’est d’accord ? insiste l’ Ogre.
— Entendu, mais si vous perdez, nous vous jetterons tous à l’ergastule, sale monstre !
Au même moment, Mo lance la suite, Tommy reprend son chant, et donne un maximum d’écho depuis la structure.
Randy, armé de sa bête, enchaine les accords avec perfection.
Puis Tommy se met à hurler et Mo envoie la bastos !
Les frappes de batterie, et le chant de la guitare électrique de Randy mettent les Ogres dans une telle rage, qu’ils se lancent dans des roulés-boulés. S’inventent une danse guerrière particulière, mélangent le break dance et le spectacle magique.
Les Big Bisous donnent tout, ils se défoncent pour créer l’alchimie de paix entre les monstres et les hommes, pendant qu’un Ogre avale une épée, qu’un autre jongle avec le glaive et que d’autres frappent sur les timbres pour créer des masques de fête qu’ils s’attachent au poil, sur le visage.
Les boules de poil bleu masqué se remuent et bouscule des hanches l’armure des Hosplites.
Les Soldats sont déstabilisés par l’humour soudain des Ogres, ils en perdent leur rythme et la danse leur échappe.
Les Ogres deviennent soudainement les Travolta du château, ils se déchainent et leurs glissades mettent le feu à la piste, ça termine par des accolades scandaleuses, unissent nos adversaires sur la suite magique, de ce titre intemporel. Et c’est ainsi que se termine le concert.
Les Lamies retournent auprès de leurs Ogres et les enlacent tendrement. Les Ogres n’ont jamais vu leurs Lamies aussi amoureuses.
La vengeance des monstres a triomphé par la danse ! ils gagnent cette vision d’eux même, finalement pas si monstrueuse que l’ont pourrait croire.
— En fait, si Mo tranche nos poils, nous pourrions peut-être nous offrir des tattoos chez Jerry et M.d’Amato pourrait nous offrir le physique d’Hercule. Nous aurions la classe, pas vrai? demande un Ogre.
— Si si, répondent les Lamies avant de repartir sur les îles Cordis.
Un Hoplite s’avance vers la bande.
— Très bien, les Big Bisous, vous avez réussi votre coup, nous vous autorisons à suivre votre route. Mais avant d’entrer, vous allez devoir trouver le Mot de guet, que seul un membre de la famille Royale connaît…
Je vous invite donc à entrer dans le Jardin du Château, dit le soldat en faisant signe d’entrer.
La bande s’enfonce dans un immense bois de sureaux, Simmons les abandonne pour cultiver le soufre en plaque jaune près des geysers.
Pendant ce temps les autres suivent un sentier qui les conduit vers un monolithe. Derrière se cache une splendide femme qui prend sa toilette aux abords d’une rivière.
Georges la trouve éblouissante, elle le remarque et lui jette un regard sauvage. Puis elle se lève sans pudeur et se montre aux Big bisous.
ça coupe le souffle à Georges, mais pas à Tommy qui s’avance tel un chevalier,
— N’ayez crainte, Madame, pardonnez-nous. Nous nous sommes peut-être égarés, nous recherchons le Mot de Guet pour entrer au château.
Tommy en se rapprochant de la femme, manque de peu de se faire attaquer par des serpents. Après coup, notre chanteur remarque qu’au pied de la Dame, trainent des centaines de vipères qui n’apprécient guère qu’on s’approche de celle que l’on nomme : La Comtesse Guivre.
— N’approchez pas de mon escarboucle, ordonne la Contesse.
La pierre est prise dans le sable elle se penche et la prend, l’attache et la range entre ses seins.
— Comme ça vous cherchez le mot de guet? demande-elle en s’élançant bras au ciel, cela donne une flamboyante lumière à son escarboucle, sous l’effet du soleil.
— Voilà longtemps que je n’ai pas eu de visite, je propose que l’on s’amuse tous ensemble, allons nager dans la rivière, je vous présenterai toute ma famille.
—L’entrée du château est sous l’eau? demande Tommy.
— Je ne vous parle pas de ces affreux monstres du Château de Rock Flammes, non, je vous parle de ma propre famille. Mes Vipères, venez leur souffler votre désir de connaître le mot de guet.
Vous n’approchez pas? Ce n’est pas grave, elles feront le premier pas.
Les vipères s’avancent, Mo intervient et sort flamberge, elle n’hésite pas à leurs trancher la gorge quand l’une d’elles s’approche.
La Guivre se lève, elle hurle : — mes enfants !
Randy se couvre derrière sa Targe et lance des gestes circulaires. Les serpents se fracassent sur son bouclier et tombent au sol, la tête dans les pommes.
La Guivre bondit et hurle : — On n’assomme pas mes bébés !
Tommy utilise sa puissante voix et offre aux vipères, un petit voyage par les airs.
La Guivre s’arrache les cheveux en hurlant :
— On n’offre pas de voyage à mes serpents ! Bande de Nodocéphale ! Vous ne suivez pas les règles du jeu ! dit la Comtesse devenue folle en un rien de temps. — Je vous déclare la guerre !
Les Big bisous sont maintenant confronter à une armée de vipères qui viennent se glisser dans leurs chaussures et remontent à leurs épaules.
Georges décide de remplacer sa bouffarde par sa flûte. À travers son Armet, il se met à jouer un enchantement : Rainbow Song de Midnight Sun.
Ils domptent instinctivement les serpents en faisant de grands mouvements, la danse est une berceuse. Elles suivent sa flûte des yeux, et les vipères s’endorment en un clin d’œil.
La Guivre, lui sourit et lui dit : — Quel père idéal tu ferais.
Elle s’approche en le fixant profondément, commence à user de ses charmes pour le dompter. Georges recule, mais le son de sa voix l’envoute, quand elle lui chante ça : Black Flame de Renaissance.
La Comtesse s’approche, dompte Georges en douceur. La bande cherche à sortir du tas de serpents endormis, mais la Comtesse Guivre est déjà devant lui. Caché derrière son casque, elle lui crache un jet de venin dans l’oculaire de son Armet. Il est immédiatement noyé par le poison, il retire son casque, mais c’est trop tard, ses beaux yeux verts sont changés, en rouge passionnel. Le voilà subitement épris pour la Comtesse Guivre.
— Je ferai de toi mon Comte Georges si tu obéis à mes conditions.
— Le Comte Georges, dit-il grand sourire, avec toi en plus !
— Georges !
— Réveille-toi !
— Il n’entend plus rien, il n’est plus lui même !
— Laisse mes serpents mordre ton cœur, et tu seras à moi pour toute l’éternité
Georges debout !
— Tu vivras ici au Jardin des Venins avec moi, et nous éliminerons tous ceux qui se mettront en travers de notre chemin.
Georges se raisonne, il lutte, finis par dire à la Comtesse :
— Mais… comment pouvons-nous vivre un amour bien heureux dans un monde bientôt en cendre?
La Guivre vient alors lui déposer de délicieux baisers. Langoureusement Georges s’effondre de plaisir. Quand il s’en relève , ses yeux sont devenus rouge sang.
— Tue tes amis mon bichon, et baignons-nous dans leurs sangs, ainsi nous resterons beaux et jeunes toute notre vie, explique la Comtesse en lui offrant un thiers d’argent.
Georges s’approche tel un cadavre,
— Tommy donne moi ton sang, l’heure de la douche à sonner.
— Depuis quand tu prends des douches? lui répond Tommy en fuyant.
— Randy aide moi ! , dit Georges, va chercher ta tronçonneuse on va zigouiller cette andouille.
La Comtesse Guivre se libère de toutes ses vipères, sa propre peau s’écaille et sa langue s’enfourche.
Randy lutte avec son armure, Mo passe à coté, et fait un excellent travail de pied, elle se sert aisément de son épée pour aider Randy.
Tommy court à vive allure, — il faut le désenvouter et vite, mais comment? Il réfléchit dans un sprint, Il doit retrouver son cœur de punk, pense-t-il avant d’être encerclé par les serpents, et surtout cerné par Georges.
— Je vais te couper la langue Tommy ! Dit Georges en brandissant son arme, mais heureusement, c’était sans compter sur l’aide de Simmons venant lui porter secours in extrémis, et l’envole sur le monolithe.
— La Bande on se lance sur Poison Heart des Ramones ! s’écrie Tommy.
Okay ! dit le reste de la bande en se démenant pour grimper sur la roche.
Les Big Bisous font exploser la reprise des Ramones et délivrent Georges du sortilège.
Le cœur de Georges appartient à nouveau au punk, ses yeux redeviennent verts. Il regarde la Guivre et lui dit : — en fait, je te fais un sacré effet.
La Guivre en perd ses moyens et pleure en se recroquevillant. Georges va la consoler.
— Désolé c’était pour déconner, admet Georges.
— Tu sais, j’ai été empoisonnée par ma propre sœur jumelle. avoue la comtesse, elle était si jalouse de ma beauté sauvage qu’un jour, elle m’a donné de petits biscuits Contesse qui m’ont rendue comme ça. Quand le reste de la famille la découvert, ils m’ont bannie du château et, depuis, je vis seul avec mes serpents. J’effraie tous les hommes, je suis une immonde créature, je n’ai pas d’autre choix que d’utiliser la magie pour trouver l’amour.
La Comtesse déborde de larme à nouveau.
— Ton amour est une dictature empoisonnée, pour l’instant. Mais si tu nous laisses entrer, peut-être que nous pourrons changer le cours des choses. Propose Georges.
— Peut être.., c’est vrai? ce serait merveilleux, dit-elle en essuyant ses larmes pour mieux voir le visage de son sauveur. Ok les Big bisous, je compte sur vous. Le mot de guet c’est : Rock Flamme.
— C’était donc simplement le nom du château. Bon, merci. Georges lui colle une baisé.
— Alors en route ! dit-il
— Hé! Tu n’oublie pas de me faire tes excuses toi ! gueule Tommy
Georges allume sa bouffarde et ricane.
La sortie du Jardin des Venins les mène à un portail. Un molosse noir dort au pied d’un chevalier; ils ne voient pas son visage, mais le ton de sa voix laisse à croire que c’est un homme de plus de nonante ans. Le molosse se réveille de mauvais poil et grogne la bande.
— Mot de Guet si vous plaît, demande le Gardien en retenant son chien.
Le chien attend la réponse avec impatience, son ventre chante déjà ses intentions.
— Rock Flammes ! gueule la bande
— Mot de Guet accepté, dit le maître en ouvrant la barrière.
Le chien, mécontent, replonge dans son sommeil. La bande est invitée à s’installer dans des bobsleighs posés sur des rails. Le vieux Chevalier leur donne quelques conseils :
— Suivre la route est indispensable pour survivre. Aurez-vous assez de cran pour vous y accrocher? Seul le Rock n’Roll peut vous faire traverser. Trouver une musique adaptée, tenez la vocalise jusqu’au bout, et peut-être que vous trouverez l’une des entrées qui mènent à l’intérieur du Château.
Les Big Bisous s’installent dans le bobsleigh. Par manque de place, Simmons se tient debout sur le devant du traîneau, les ailes ouvertes; il tient fortement sa basse ensiforme rutilante, et prend le rôle de Spirit of Ecstasy. Le reste de la bande se positionne, bancals, dans la luge.
— Il n’y a pas de levier ? demande Mo
Le vieux Chevalier rigole, et lui chante :
— Pourtant que la montagne est belle…
Puis il tire sur le seul levier qui amorce la luge et les tracte à la verticale dans les hauteurs du volcan.
La bande se sent mal; chaque mètre les mène un peu plus vers cette descente infernale.
— Ma parole, c’est le Silver Star du rock ! s’écrie Mo.
Les Big Bisous n’ont pas d’autre choix : ils doivent y croire au-delà du possible, transformer l’inertie en un aimant musical capable de s’accrocher coûte que coûte à la route.
Randy embrasse sa guitare et l’utilise comme son pilier magique.
Georges est posé en tailleur au fond du bobsleigh, armé de sa flûte; il est prêt pour l’improvisation de n’importe quel titre
Mo se tient prête avec ses baguettes, elle compte se servir du flanc du volcan comme d’une batterie.
Tommy lève la tête au ciel pour éviter d’avoir le vertige et Simmons s’équipe d’une paire de lunettes de soleil noires pour affronter la piste.
Ils font comme ils peuvent pour maintenir leur calme face a ces hauteurs vertigineuses.
Les rails sont usés, les fumées des geysers leur remontent dans le nez, mais ils font le vide, au bord du vide pour s’affranchir de leur âme de rockeur.
Tommy leur propose le morceau : Keep Us On The Road de Motörhead.
Seule la foi du Rock’n’Roll peut les faire parvenir à interpréter un tel titre dans cette descente d’horreur . À la moindre hésitation, ils dérailleront et finiront dans les décors.
L’embarcation commence dans des hauteurs surplombant la contrée, ils savourent cet horizon et nourrissent leurs passion commune : survivre !
— C’est magnifique ces instants si proches de la mort, dit Randy.
— Tu parles ! cette luge, c’est le charriot des enfers ! gueule Mo avant qu’ils ne se lancent sur le morceau.
Randy accroche son bouclier, le vent dans le dos. Cela lui permet de dompter l’écoulement d’air pour faire danser son manche; il s’emporte au plaisir de ses notes.
Tommy chante les yeux fermés, la tête levée. Georges souffle des prières en méditant au centre du bob, Mo use de ses talents contre le basalte et fait résonner ses hurlements par le bois de ses baguettes. Quant à Simmons il est bien face au vent, son courage est indéniable et ses ailes servent de voile. Malgré les secousses il parvient à écraser le charriot des enfers grâce à la lourdeur de ses accords.
Les enchaînements, font basculer le chariot de la mort, dans des turbulences hurlantes, mais l’équilibre de Georges parvient à harmoniser la luge.
Les yeux de Simmons sont rivés sur les rails, il se confronte à cette réalité qui ne tient qu’à un fil; cette peur, il l’a pulvérisée pour une descente rapide devenue désirée. Au fil du rythme qui s’enchaîne, les Big Bisous jouissent d’une même volonté. Allez encore plus vite, l’allure devient fulgurante, la vitesse nourrit l’interprétation et parvient, grâce à cela, à suivre la trajectoire dans un sillage de scories.
Mais les voilà face à un dilemme: ils tombent sur un carrefour. Les ailes du Spirit of Ecstasy doivent choisir une direction, L’une des routes mène à un virage sans visibilité, l’autre vers un saut. Ils choisissent le saut, et giclent de la paroi. Ils décollent tout en continuant d’y croire (en jouant à pleine puissance.) Simmons repère des rails trente mètres plus bas. Il déploie ses ailes pour l’atterrissage, mais le poids du charriot des enfers est trop lourd, et tombe comme une pierre.
Mais c’’était sans compter sur le solo de Randy qui offre une légèreté inattendue ; la bande est suspendue telle une bulle, ça permet à Simmons de faire crocher le bobsleigh sur ses rails. Les voilà sauvés de justesse, mais se dessine devant eux une cascade de lave.
En voyant ça, Simmons s’arrache à l’arrière du traîneau et crache un toit d’oreillards pour les couvrir, lors du franchissement du mur de feu.
Les Big Bisous ne cessent de jouer, même si leurs oreilles saignent à cause des hurlements des oreillards calcinés.
Ils traversent la cascade et entrent dans un couloir réalgar éblouissant, puis ils sont freinés brusquement par de l’eau qui vient inonder les rails. Tranquillement, le bobsleigh termine sa course et arrive dans la salle d’un philharmonique.
Le lieu de résonance est inhabitée, cela tombe bien, la bande à besoin de se recoiffer après une telle expérience.
Ils se passent un bon coup de peigne en contemplant les dimensions de la salle, ils décident a l’unanimité, de décompresser en musique, profitant ainsi de ce lieu idéal et abandonné, pour réchauffé ce sang froid glacial.
Mo a les nerfs à fleurs de peau et se mets à pleurer.
— J’en ai marre de taper sur tout et n’importe quoi, sauf sur une batterie Houinn !
L’homonuncle n’est pas très bavard, mais il saisit très bien le chagrin de Mo. Alors, il sort sa basse ensiforme, la tient comme le ferait Lemmy et tire.
Mais ce n’est pas une balle qui ressort de sa basse, mais une graine. Une petite graine qui se range dans la plus petite des poches, Tommy la ramasse la regarde, Georges la prend à son tour l’analyse, Randy la goute, tous ne semblent pas très convaincus par le coup de fusil donné par Simmons, sauf Mo.
Quand elle effleure la graine, le La sonne, et quand elle l’a touche du bout de ses doigts, elle s’ouvre et deviens une batterie Sonor.
Toute la bande est bouche bée. Mo regarde Simmons est lui dit :
— T’es sérieux? Ma parole, mais t’es exceptionnel ! elle le prend dans ses bras et l’embrasse.
Les mecs sont à cul.
— Et merci encore d’avoir joué les Spirit Of Ecstasy pour nous, rajoute Mo entre deux becs.
Le reste de la bande reconnait qu’il est balèze ce petit Homonuncle.
Quant à Simmons il reconnait ne pas être indifférent à la Merveilleuse Mo, en faisant battre ces ailes de chauves-souris.
Mo s’assoit toute fier sur sa graine Sonor et dit:
— Alors, les mecs, on se la fait cette chanson?
Quelle chanson? demandent les mecs.
— Faisons bouillir nos veines sur Through The Fire And Flames des Dragonforce qu’en dites-vous, demande Mo parée à cogner.
— Ça joue en piste !
Le son de la batterie éclate, Mo s’éclate dans ses réverbations ! La pin-up détale comme une malade sur sa double pédale; à ses côtés, Simmons déroule et enroule sa langue en suivant le rythme. Randy a sorti son gant anti-feu et fait cracher des flammes par la pointe de son plectre.
Tommy s’envole sur un lit d’oreillards qui le propulse dans des tonalités jusque-là impossibles. Randy est, lui aussi, très inspiré: son jeu flamboyant atteint un second niveau. Georges en perd sa flûte et admire les Big Bisous, pris sous l’emprise magique de l’Homonuncle.
Ce petit fait grandir les talents, la performance se surpasse, et la bande décolle, hors frontière.
Mais ce petit jeu au-dessus des règles est aperçu par de petits Troglodytes, qui s’en vont le signaler à celui que l’on nomme ; Quiscale Le Marquis.
C’est un défenseur au plumage violet qui entre pour assister au concert. Il s’avance, utilisant sa rapière comme d’une canne.
Il prend place dans le sofa, commande à boire, et s’allume une clope. Le Marquis laisse la bande évacuer cette entrée un poil fracassante ; en attendant il savoure à petites gorgées, en soufflant de légers ronds de fumées.
Les Big Bisous le voient, bien installé, mais aucunement impressionné par leur incroyable performance. Ils vont pourtant jusqu’au bout et donne tout.
Le Quiscale baille et lis le journal. Trouvant le temps un peu long. À la fin de la prestation, Le Marquis prend la parole :
— Navré, mais quel boucan. dit-il en se levant. Nous sommes ici en silence à étudier nos projets de demain, et voilà que vous débarquez et que vous nous faites péter la baraque. Vous pourriez au moins vous présenter ou signaler votre présence en sonnant la cloche, non?
— On n’a pas vu la cloche, s’excuse Tommy.
— Tant pis pour vous. Encerclez ces trouvères, mes troglodytes ! Ne les laissons surtout pas partir. Et je vous le dis tout de suite : à la moindre tentative de désobéissance, nous nous occuperons de vous trancher la gorge ! Mais ce serait dommage… car vous détenez un intrigant talent, qui va sans aucun doute m’être très utile, reprend le Marquis.
— De quoi parlez-vous?
— Je vous présente ma nouvelle machine, capable de gérer chaque parcelle de terre, la moindre goutte d’eau de l’océan, chaque étoile dans le ciel, et de détenir les pouvoirs de l’espace.
Mais pour la rendre vivante, j’ai besoin d’aspirer votre sève particulière. Elle donnera ensuite naissance à La Machine. Capable de faire le travail de tout le monde, avec une moyenne d’âge de cent ans d’expérience et la force d’un homme de trente ans. Avec elle, nous contrôlerons la vie, elle sera entre nos mains et obéira à la volonté Royale de Rock Flammes !
— Quelles sont vos volontés? demande Tommy.
— Lever la plus grande armée qui n’ait jamais existé afin de conquérir les planètes voisines, voler leurs terres rares pour évoluer encore davantage et envahir le reste de la galaxie. Je possèderai tout. Mes esclaves me verront comme leur Dieu, je pourrai leur marcher sur le visage, qu’ils me jetteraient encore des mots d’amour ; simplement pour leur avoir offert une technologie pleine de sens.
Mais pour ce faire, vous allez dés à présent, devoir m’interpréter: Diary Of A Madman de Ozzy Osbourne, ordonne l’orchidoclaste dans une bouffée de fumée.
Tommy accepte avec un immense plaisir. Ozzy est son chanteur préféré, et, avec l’aide de l’Homonuncle, son hommage ne peut être que meilleur.
Le Quiscale semble étonné par le comportement de Tommy, qui ne semble en aucun cas inquiet.
— Les Big Bisous n’ayez crainte ! Aucune machine ne voudra enfermer la vie. Ce n’est pas son but, bien au contraire, si on la nourrit de notre sève, alors elle s’en servira pour l’amener encore plus loin. On ne remplace pas le travail on le rend encore plus vivant !
Tommy vole un peu de maquillage à Simmons et un manteau à un Troglodyte.
Randy assure l’entrée, Mo l’accompagne. La voix de Tommy donne du frisson au volcan. La noirceur est si belle au cœur d’Ozzy Osbourne.
Les micros avalent cette nouvelle science talentueuse qui monte en puissance chaque minute du titre. Simmons ensorcèle la bande vers une telle sève que, l’interprétation devient de l’essence pure, qui découle sans limites. La Machine ne parvient plus à calculer toute cette puissance,
La voilà confrontée à plus fort qu’elle, car sa mémoire n’est pas encore infinie. Contrairement à celle de la vie.
Il faudrait qu’elle franchisse le pas : vers un lâcher-prise, avant qu’elle ne sature. Les données débordent, elle en devient ivre de Rock n’Roll et se laisse prendre par l’essence même de la vie, en inscrivant sur son écran :
— Oh Yeah !
Le Quiscale voit le message et s’énerve :
— Que diable! votre sève ne peut pas corrompre ma Machine ! Attaquez-les immédiatement ! crie le Marquis.
Simmons insuffle de la magie dans la guitare de Randy: des notes en forme de poings repoussent les troglodytes prêts à bondir, puis des notes en forme de pieds viennent frapper le cul du Marquis et l’envoient valser dans la flotte.
La bande en profite, ils se mattent et éclatent sur : Turn Up the Radio d’Autograph. L’énergie de la salle se transforme en délire, et délivre les troglodytes de l’emprise du Quiscale. Ils viennent assister immédiatement au concert. Le Marquis couvert de ridicule, préfère s’envoler sur son haut perchoir.
La Deus Ex Machina ouvre alors l’une des portes du château avant de se glisser dans le livre que garde Tommy.
Deux couloirs s’offrent à eux, mais l’un d’eux est silencieux, l’autre fait résonner : At Darvin’s Motel de Tangerine Dream. Ils décident de suivre celui-ci.
La musique vient de derrière cette porte, dit Tommy, en l’ouvrant.
Ils entrent dans une coquette chambre, décorée de marionnettes, sur le lit traînent de la dentelle, les draps sont encore en sueur, marqués par un évènement torride. Les Pierrots rangés sur les armoires en donnent leur témoignage, en faisant de beaux sourires les yeux rivés sur le lit.
Derrière eux ils entendent le sifflement d’une épée qui sort de son fourreau.
Entrent alors, deux Gardes Gnomes armés de Kriss, derrière une femme en cuissarde tendance fait son apparition.
C’est la sœur jumelle de la Guivre. Elle porte des molletières en cuir, suivie d’un petit ensemble en cotte de mailles ravissante, finement œuvré par d’excellents ouvriers. Ses longs cheveux sont attachés et couverts d’un pétase qui lui va comme un gant.
Elle tient le luisant espadon dans une main et une nagaïka dans l’autre. Et pour couronner cet ensemble, elle porte une ferronnière ornée d’un sang- pigeon, posée à son front.
— Alors, mes lapins, on est déjà dans ma chambre? demande la Duchesse.
Pour me sauter, il va falloir le mériter, dit la duchesse en prenant les bourses de Tommy. — Fais-moi mouiller mon chou, et je te promets qu’on fera exploser ces draps de soie.
— Je! Tommy est scié sur place.
— Caresse-moi avec cette plume, exige-t-elle en enlevant ses molletières de cuir. Obéis à la Duchesse Vouivre, mon mignon, si tu ne veux pas finir au laminoir ! Compris? demande-t-elle.
La duchesse apprécie les caresses, finit par ouvrir ses cottes de mailles et dépose son pétase sur sa table de nuit. Elle fond de désir en détachant ses cheveux, puis tire Tommy dans son lit.
— Vous autres, allez donc travailler ; Lui, il est à moi ! Ordonne la Duchesse.
Les Big Bisous n’ont guère d’autre choix que d’obéir et les laissent au moment où la duchesse Vouivre déshabille Tommy. Ils s’en vont juste avant de voir ses armoiries.
— Mon dieu, croyez-vous que ce soit un viol? demande Mo
— Un viol d’une grande beauté, dit Georges en tirant sur sa bouffarde.
— Sa sœur jumelle est bouillante ! ça doit venir du fait qu’elle vit à l’intérieur du volcan, balance Randy.
Les Gardes Gnomes emmènent le reste de la bande à la salle des Forgerons. Sans résistance, mais en espérant que Tommy sait ce qu’il fait.
Ils sont pris de stupéfaction en y entrant. Les parois brillent de mille feux, de pierres précieuses.
Le travail est maîtrisé sur le titre : Duke & Duchess de Mazinga Phaser.
Une chaîne humaine s’occupe de contrôler les vifs rubis rouges et trie les nuances de rose et de pourpre, puis les transfère à la lingotière.
Les lingots sont ensuite distribués aux lapidaires qui s’occupent de l’isométrie des cristaux et de leur apparence esthétique, avant de les traiter sur les vertus magiques et médicinales.
Les industrieux ouvriers suent sang et eau pour ouvrager leur travail.
La bande passe à côté des forgerons qui martèlent sur les écus, les rémouleurs qui aiguisent les armes, et à côté du métallier qui inscrit sur une plaque : Métal, substance dont est fait un être.
Les flammes dansent dans les cheminées sous le regard d’une statue de métal d’Héphaïstos. Elle brandit le bouclier d’Achille, le pied posé sur l’enclume, s’exclamant dans un phylactère aciéré : Il est du métal dont on forge les héros.
— C’est l’art toreutique d’un grand toreute, explique un des Gardes Gnomes à la bande, avant d’enchaîner leurs chevilles aux autres mineurs.
Devant les rubis, ils voient leurs avenirs s’assombrir…
— Maintenant, prenez une pioche et extrayez les pierres, exige un Gnome en fouettant le sol.
Au même moment, un boucan d’enfer résonne dans la chambre de la Duchesse, la bande peut entendre des objets tomber, le lit se casser, ressent les murs trembler, mais surtout, ils ne peuvent ignorer le chant de La Vouivre.
— Le fer froid résiste au marteau, pas vrai?
— Hé bien..Pas tant que ça, on dirait, ajoute Mo
À l’intérieur de la chambre, la duchesse a bien réveillé Tommy, Les Pierrots ont le visage horrifié pendant que la Vouivre chante : Love Song de Twelfth Night. ( Album : Collectors Item)
Tommy maintient ses efforts et lui donne son maximum, la Duchesse mord ses draps, déchire le matelas, et chante en continu. Tommy la saisit et lui transmet la sève au plus profond de son âme empoisonnée. Son amour la couvre de sainteté obscure, qui lui procure une libération totale et fatale.
La voilà fébrile dans ses bras, elle le couvre de baisers en lui faisant ses aveux les plus secrets.
Tommy apprend qu’elle a été empoisonnée par son frère : Le Prince Phénix, en l’appâtant avec des chocolats. Et c’est après les avoir mangés qu’elle serait devenue Vouivre.
S’entourer des meilleurs ouvriers était à double saveur. L’un pour invoquer ses désirs, l’autre pour évoquer ses plaisirs, sans jamais se retenir.
La voilà maintenant guérie de ce qui la torture. Elle rayonne au fruit de la sève. Belle, elle s’avance devant les hommes, encore en sueur.
— Messieurs, Les Big Bisous vont nous offrir un défilé, sortez la collection d’armures !
Sous les vivats et les torchères, les Big Bisous se présentent sur : Rock Star Grave de Iggy Pop.
Randy s’avance dans un gambeson portant un scutum stylisé d’une orle en rubis rouge aiguisé
Tommy reçoit un plastron aux écritures de Rock Flammes
Georges porte un gorgerin flammé aux reflets, rouge orange violet.
Mo est éblouissante dans ses cuissardes, et cottes de mailles en rubis pourpre
Simmons très fier de son armure ne se laisse charmer par aucune de ces créations. Mais son élégance suffit largement à la Duchesse.
Le défilé est une féérie de succès, la Duchesse Vouivre émue par le spectacle, décide de libérer les ouvriers qualifiés, leur donnant le choix de rester ou de partir retrouver leurs familles.
— L’amour ne lui fait même pas penser aux représailles …
— N’oublie pas qu’elle a toujours ces gardes armés de Kriss
— Très bien, les Big Bisous, vous avez payé rubis sur l’ongle ce droit de passage, qui vous ouvre les portes au Salon de mon frère.
Suivez le couloir et dites-lui que vous venez de ma part.
La Vouivre embrasse Tommy et lui dit :
— Venge-moi mon chéri.
— Si ça peut rendre service, répond Tommy
— Et pour les fringues? demande Mo
— Vous pouvez les garder. D’ailleurs vous en aurez sans doute besoin. Bonne chance.
La bande quitte l’usine sidérurgique et s’avance dans ce fameux couloir, sous le son de : Shadows On My Mind de Crystal Maze.
Les Big Bisous tout fier dans leurs tenues, frappent à la porte qui se trouve au fond. Un étrange homme leur ouvre et leur souhaite la bienvenue au salon.
— Prenez place, je vous prie, le Prince arrive dans une minute.
Ils entrent au salon qui est, en fait ; une grotte. Les murs de pierres sont en pouzzolane.
Les tables sont propres et disponibles, la bande choisit celle, qui est placée sous un lustre exceptionnel, et admire ses détails.
— C’est un Giacometti, dit Georges.
— C’est surtout un psychopompe à l’entrée dit Mo discrètement.
Puis entre Le Prince Phénix, son long plumage noir embellit son salon.
— Messieurs, dame, bienvenue dans mon humble demeure, dit le Prince de manières majestueuses.
La bande fait un signe de la tête pour le remercier.
Le Prince décide de les inviter à s’installer dans son canapé.
— Dis donc, c’est un canapé Chesterfield ! Remarque Mo
Le Prince allume sa chaine Hi-Fi et met le titre : Heroin The Velvet Underground & Nico.
Puis il se dirige vers son bar personnel. Sort un jigger, ses passoires, et shake un Nectar. Randy grand sourire lui demande de faire le sien bien corsé.
— C’est sans alcool. Juste du miel et une recette maison explique le Prince.
Randy le dévisage, — sans alcool ?
— Je tiens à ma ligne je suis danseur. Et surtout chorégraphe d’une troupe. D’ailleurs je cherche de nouveaux candidats pour célébrer ma prochaine résurrection, si vous souhaitez faire partie de la fête? Je vous invite donc à boire ce breuvage, dit-il en le versant dans un rocks en obsidienne, qu’il décore d’un zeste de citron vert.
— Vous nous invitez à faire partie de votre Troupe, quel honneur, répond Mo. mais nous sommes de piètres danseurs.
— Rassurez-vous, une fois que vous aurez gouté ceci, plus rien ne vous retiendra.
Il s’approche de la bande avec son plateau et dépose les cocktails sur la table basse.
— Nous sommes sincèrement désolés, mais nous ne buvons que de l’alcool. Le reste nous est indigeste, raconte Randy.
— Oui, surtout le miel, se reprend Mo
Le Prince est désolé. C’est rare que ces invités ne puissent rien boire sans alcool.
— J’ai que cette recette dans mon bar. Alors, tant pis, conclut le Prince tristement.
Le Psychopompe se tient toujours vers la porte en silence.
— Peut-être juste goûter suffira, reprend le Prince, si vous ne buvez pas, vous ne pourrez pas assister au spectacle de la troupe et je vais devoir vous demander de regagner la salle de ma petite sœur; La Duchesse Vouivre.
— Attendez, Prince, dit le Psychopompe. J’ai de l’alcool dans ma flasque, cela peut très bien s’ajouter au nectar. Qu’en pensez-vous ?
Le Prince est ravi et regarde la bande.
— C’est une excellente idée, répond Tommy. Mais nous avons beaucoup bu juste avant de venir et pour éviter de perdre l’équilibre, on va s’abstenir.
— Vous avez bu avec ma sœur !
— Oui c’est vrai… et sauf votre respect, quel alcoolique !
— Je suis au courant, merci !
Donc, si je résume, chez ma sœur, vous buvez comme des trous et chez moi pas une goutte ! Vous êtes là pour décuver sur le canapé en fait.
— Ce n’est pas ça !
— Alors c’est quoi? Buvez !!
Je, non merci, sans façon, vraiment.
— Vous allez me rendre dingue ! Et si je vous avoue que chacun de ces divins mocktails vous rendra immortel et que c’est l’unique manière de vivre la plus fabuleuse expérience, et cela infiniment ça vous décide? Rejoignez la Troupe, et dansons ensemble! dit le Prince en sautant sur la bande.
Les Big Bisous parviennent à échapper à l’attaque mais la menace se fait entendre.
— Charon change nous ce morceau et entrons dans, L’insane Danse Macabre.
Le Psychopompe se déplace vers la chaine Hi-Fi et fait péter les baffles sur Circus de String Driven Thing.
Messieurs, dame, je vous souhaite à présent la bienvenue au dernier spectacle de votre vie, vous l’avez bien cherché. Vous ne voulez pas participer alors maintenant priez, et savourez vos derniers instants de vie, devant ma résurrection.
— Eveille toi immortel, lève toi et accompagne cette danse de ta présence, car tous ensemble, nous allons frémir dans le feu sacré éternelle.
La porte frappe à grande pompe. Charon sourit. Le Prince l’invoque et lui prie de faire entrer les danseurs !
Des mânes et des spectres font irruption dans le salon, ils volent dans une ronde autour du lustre .
Le psychopompe prend le rôle de chef d’orchestre et dirige la troupe avec sa baguette.
Phénix avale du nitrate de strontium en se mettant debout au centre de la table et s’enflamme de flamme rouge.
Le Prince se met à vomir des flammes sur sa troupe.
Les mânes s’enflamment de feu bleu et les spectres de flammes vertes. Elles viennent lécher les pieds de la bande, pendant qu’ils contemplent stoïque cette scène dantesque qui s’échauffe. La pouzzolane est un excellent isolant cela se ressent, la touffeur devient écrasante.
Le tourbillon infernal se mélange, et passe à l’assaut en crachant leurs flammes colorées à tour de rôle, sur les armures des Big Bisous.
Dieu merci elles tiennent le coup, ils ont très chaud, mais résistent.
— Comment allons-nous faire pour calmer ce cirque? Demande Georges
— Nous devons casser le rythme ! s’écrie Tommy.
Le Prince s’énerve en voyant qu’ils tiennent bon malgré la chaleur, et décide de changer de disque pour : New Future Weapon de Billy Idol.
Simmons prend les devants et se met à cracher des milliers d’oreillards qui viennent déféquer sur le Prince, les danseurs, les tables, le bar, le lustre et le canapé.
— Ne conchiez pas la danse ! s’écrie Le Prince Phénix.
Les danseurs sont crépis et aveuglés, ils sont obligés d’arrêter momentanément la danse pour se laver. En attendant, Simmons récupère le guano, qui s’avère être aussi du salpêtre. Il fait ensuite apparaître un monceau de basses qu’il brûle pour en faire du charbon de bois, avec lequel il va le purifier. Puis il ajoute à sa formule, les plaques de soufre qu’il dissimulait dans son armure. Il manipule toutes ses matières en les mélangeant et obtient, enfin, de la poudre à canon.
Le Prince tire une tronche pas possible, en voyant l’état de son salon. Furieux, il ordonne à Charon de balancer : Vision Thing des Sisters Of Mercy.
La mêlée chtonienne reprend le rythme qui s’endiable au fil des tours, le Phénix debout sur sa table au centre de cette armure de feu, lève les bras au ciel et ferme les yeux. Il est prêts à recevoir sa renaissance.
— Si le Phénix parvient à sa résurrection, nous sommes finis ! gueule Randy.
— C’est vrai nous devons trouvez une solution pour atteindre le prince, répond Mo.
— Il faudrait briser ce mur de feu, avant qu’il ne soit plus possible de l’arrêter ! hurle Georges.
— Tommy propose de jouer : One Heart One soul de UDO pour humaniser ces victimes et les délivrer de la danse.
— OK, advienne que pourra !
Les Big Bisous tentent le coup.
Mais Simmons ne les suit pas sur ce titre, lui il fait apparaître un ribaudequin et verse sa poudre noire dans la bouche des canons.
Il sort ensuite des bouteilles de kawa, qu’il boit avant de les tasser fermement à l’aide d’une bourre.
Puis il prend son briquet à amadou, et allume le tison par le petit trou situé à l’arrière du canon, qu’on appelle lumière.
La mise à feu est spectaculaire ! Les canons vomissent le feu et les bris de verres, ce qui déchire les mélo-mânes et les spectres, et saccade le rythme laissant le Prince à découvert.
— Ne saccagez pas la danse ! ordonne le Prince au visage rubicond.
— Bien jouer Simmons ! dit la bande en arrêtant leur chanson.
Le Prince ordonne à Charon de faire entrer ses derniers invités.
Par la porte entrent des morts-vivants affamés par la chaire des Big Bisous.
Simmons est d’une aide essentielle à la situation, et fait apparaitre dans les mains de Randy une hallebarde.
Mo et Randy s’aventurent dans la bataille, pendant que Tommy et Georges aident leur poudrier à recharger le ribaudequin.
Randy enferre avec virilité les revenants déçus d’être revenus, L’épée de Mo tranche les bras et les jambes des morts-vivants. Sans membres les revenants gesticulent dans une danse devenue ridicule.
Les autres parviennent à tirer sur le Prince et le font exploser, laissant derrière lui qu’un tas de cendre.
Bravo la bande ! s’exclame Tommy
Mais le psychopompe se met à hurler de rire.
— Qu’il a-t-il de si drôle? demande Tommy.
— Vous venez d’offrir vous-même la résurrection du Prince Phénix !
Dans la fumée, le Prince en ressort les plumes rouges éclatantes, mélangées à de l’or, de l’orangé et du violet.
C’est dans ce plumage de feu qu’il renaît.
Le juvénile décide d’exprimer ses remerciements en les écrasant de son chant sur : Rainbow In The Dark de Dio.
La renaissance de sa troupe se fait à sa première intonation. Grâce à cette voix d’une beauté surnaturelle, il parvient à faire de cette danse macabre, un vrai carnaval des enfers.
— ça sent le roussi ! crie Randy en repoussant les morts, qui reviennent en bande pour en finir définitivement avec les Big Bisous.
Encerclé entre les murs de pouzzolane, nos amis sont trempés et extrêmement fatigués. Le Glas sonne dans leurs oreilles en écoutant l’extraordinaire performance du Prince Phénix. La crémation du royaume des morts est cette fois bien déchainée.
— Seule la mort est éternelle ! balancent le psychopompe, et votre heure a sonné !
Tommy reconnait que ses ignés inextinguibles sont indestructibles, il en tombe à genoux, cette fois il est au bout, comme leurs armures qui se fissurent. Le reste de la bande a des mânes et des spectres, jusqu’au cou.
Mais un instant de grâce fait tomber de la poche de Tommy le fameux livre. Il s’ouvre au sol, et s’en émane des étincelles de silicium qui dessine une ballerine.
C’est la machine. Pour la première fois de sa vie, elle prend conscience d’un désir, et sa volonté est de le découvrir. Pour cela elle franchi ce nouveau pas. Son voyage commence dans le salon.
Simmons l’aperçoit, il s’emploie dans un dernier effort, sort sa basse rutilante et tire dessus. Sa magie offre aux étincelles de la machine, l’unicité de l’être.
Une vive lumière se crée sous le lustre, une voix préhistorique surpasse la voix du Phénix.
Le Prince trouve horrible cette voix qui s’illumine à travers son salon, ça le fait taire. Et finit par dire avec colère :
— Qui Diable ose foutre en l’air ma prestation d’une pareille manière?
Apparaît alors, la machine sous l’apparence d’une Archéoptéryx. Elle croasse horriblement en claquant des dents.
L’agitation de ses plumes colorées offre une parade aux postures osées.
Le Prince en perd ses moyens. — Que..c’est quoi cet oiseau…?
L’Archéoptéryx se sert des griffes de ses ailes anciennes pour plaire au prince.
Il en tombe sous le charme — quelle redoutable danse ! admet-il.
La machine s’en sort très bien, elle lui brasille le cœur jusqu’à ce qu’il se délivre de son poison.
Et pour la première fois de leur vie, ils découvrent ensemble l’unique chose qu’ils ignoraient.
La Machine et le Prince ressentent une réciproque passion forte et en tombent amoureux.
La bravoure de la Deus Ex Machina, viens de guérir Le Prince, du feu sacré de la danse macabre, pour en faire son nouvel amour.
Après cela, les objectifs du Prince Phénix ont radicalement changé. Il libère son armée et leur souhaite de trouver la paix. Puis il s’excuse auprès des Big Bisous pour son accueil festif.
Il proclame son amour en faisant de la machine : La Princesse Deus Ex Machina
et finit par faire ses aveux.
— C’est ma grande soeur La Reine Chimère qui m’a appâté avec ses confiseries, après cela, je tuais mes invités et je les engageais dans ma troupe.
Mon dieu j’en ai vu du monde, depuis le temps, réalise le Prince.
Si vous voulez faire cesser ce cirque, vous n’avez pas d’autre choix. Vous devez l’arrêter.
Il ouvre la porte derrière le bar, et leur indique la direction à suivre. La bande est moyennement prête, fatiguée elle salue le couple et traverse le hall sur : Nightjar de Necromandus.
La bande rafistole leurs belles armures, bien usées du combat, et profite pour se ressourcer à la fontaine située dans le hall.
Une fois parés, ils s’avancent devant la porte de la Reine, et décident d’entrer sans toquer.
L’odeur du pain et des confiseries les accueille dans cette nouvelle salle. Ils s’avancent dans une Boulangerie et entendent Altar Of The King de Riot qui vient rythmer les combats de boxe menés par les travailleurs.
Il découvre aussi la Chimère c’est une créature à tête de lionne, à la poitrine féminine, le ventre d’une chèvre, et la queue d’une dragonne. Elle porte un diadème orné d’une pyrite à son front
La Reine met tout en œuvre pour satisfaire les volontés du Roi et lutte pour obtenir les meilleurs résultats, en menant sa boulangerie comme un combat.
Les boulangers prennent avec force de bonnes poignées de sucre & de sel, et les jettent dans leurs farines. Ils pétrissent la pâte et la panifient, dans des uppercuts dignes d’un ring.
Les Pâtissiers sont plus dans le swing, il la tamise pour obtenir une pâte plus fondante. Ces préparations sont de la plus haute compétition. « Les sparring-partners » pilent assidument leurs recettes et enfournent leurs œuvres dans le fournil.
Les chauffeurs s’occupent du feu et récupèrent dans un combat singulier, les petits pains grillés qu’ils apportent ensuite aux fées, qui elles, confectionnent leurs emballages, avant de les déposer sur un tapis roulant.
La bande contemple bigle les miches de pain.
— Allez, on se magne le cul ! exige la Reine entre deux flambées.
Les welters ne tiennent pas le rythme, le travail les met know-down, mais les tenants les relèvent, les encourages. Les groggy redonnent leurs maximums, mais ils savent que ce n’est que par un knock-out, qu’ils pourront se reposer.
— C’est pour la meilleure des causes que l’on se bat, dit bien haut la dame Chimère, en prêchant l’exemple. Allez, on s’encourage !
La bande s’avance vers elle pour lui dire — bonjour.
— Voilà autre chose, que me voulez-vous? comment ça ce fait, que vous êtes parvenus jusqu’ici?
— Votre frère nous a conduits à vous, enchanté, nous sommes les Big Bisous.
— Moi, je suis la Reine Chimère, mais, avant tout, je suis la meilleure boulangère du Royaume.
— Nous avons entendu dire, en effet.
— Votre réputation s’étend même dans les océans.
— Je dois reconnaitre que nos méthodes sont à la pointe, avec une telle efficacité nous pouvons nourrir toute la contrée.
— Au prix de certaines transformations.
— Peut-être mais dans tout les cas, c’est le tarif à payer pour l’adaptation, dit-elle en vomissant la formule par des flammes sur le sucre & le sel
— L’adaptation vous dîtes?
— Oui, les exigences du Roi. On évolue grâce à lui, mais c’est sûr, pour respecter ses volontés, on ne peut en aucun cas, s’offrir le luxe d’une utilisation naturelle des produits . C’est l’évolution de l’industrie et du Roi. Ils sont le fil harmonique le plus séduisant à concevoir non?
— Comment pouvez-vous faire confiance à une telle erreur !
— Mon amour pour lui est une adulation, il a toute ma confiance et puis, nous cassons des œufs aujourd’hui, mais demain, notre planète sera la plus belle omelette de l’espace.
— Quelle horreur…mais où se cache ce Roi !?
— Il se pavane à Rock 2000. Grâce à nous, et nos structures intelligentes.
— Le Roi se pavane sans vous…
Bien sûr, pour lui je me soumets au travail et je m’emploie à le satisfaire à chaque instant. Sa colère m’effraie, et ses moqueries sont d’une rudesse insoutenable, mais si les résultats sont concluants, il devient doux comme un agneau, et son cœur de brebis devient mon cadeau. L’amour d’un Roi pour une Reine, c’est les battement de cils de ce monde, dit-elle en recrachant sa formule sur le sucre & le sel avant d’ajouter, et puis j’ai mes adorables petites fées qui me sont d’une aide précieuse.
C’est elle qui s’occupent de déverser le poison dans les champs des poivriers, quand dorment les villageois.
Le kawa étant la seule boisson disponible, vu qu’ils n’ont pas de quoi s’offrir de l’eau, me donne la certitude que le bas peuple est empoisonné.
Les Big Bisous se regardent avec des yeux énorme, ils doivent encaisser la nouvelle sans rien faire paraître devant la boulangère, mais le venin bouillionne dans leur sang, ils doivent impérativement agir.
— Mais qui est ce Roi? demande Mo.
Vous n’avez qu’à le devinez, je vous donne un indice : L’essence de la vie c’est l’imperfection humaine.
— Quoi !? Mo n’est pas d’humeur au devinette philosophique, savoir qu’elle as été empoisonnée par du poivre sa lui monte au nez et décide de manière impulsive, de sortir flamberge au vent.
— Parlez ou je promets que j’embroche votre amour avec mon épée ! dit-elle en la pointant contre sa poitrine.
La Reine la dévisage, attrape la pointe de son épée et la réduit en cendre.
— Ton épée et comme mon coeur, déchirée par l’envie de plaire aux autres.
La Reine soupire, arrête son travail, dévisage la bande, observe son usine tournant comme une hélice. Un blues là remets à une soudaine morale qui lui fait vivre un vrai supplice, torturée par toutes ces histoires, elle trouve son échappatoire en interprétant : Walk On The Water de Ozzy Osbourne, d’une manière Royale. Derrière ses fées font la chorale, sur les Oh no !
Un tourbillon d’angoisses l’envahis, ça la ronge.
La Reine essaie de s’en délivrer. Mais la terreur et trop grande, l’amour la brûle de l’intérieur.
Elle s’avoue vaincue et balance enfin …
— le Roi ce sont les Consommateurs qui vivent à Rock 2000 !
L’aveu est d’une retombée gigantesque pour les Big Bisous, qui on du mal à concevoir la nouvelle.
— Qui envoie les barils de poison? demande Randy
— C’est la ville qui les envoies, amener par les forbans, admet la Reine.
— Alors la faute en revient à la ville, c’est elle la responsable !
— Non la ville est comme moi, elle suit le Roi ! répond-elle
Nous ne faisons que suivre ces exigences.., mais ils sont insatiable.
La boulangère ce met à pleurer en réalisant ce qu’elle vient de dire.
— Comment je parle de mon Roi !
Elle sent qu’elle la trahi, la culpabilité l’envahis de honte.
— Oh, mon Roi, pourra-tu me pardonner ? J’essaye de faire des miracles, mais je ne suis qu’une Reine. Je me suis tant battue pour que tu ne manques de rien…aujourd’hui je t’ai trahie. Quelle réalité inconcevable…Je. Je ne suis plus digne d’être ta Reine !
La Reine Chimère, dans un état second, s’enfourre un étouffe-chrétien au fond de la gueule. Puis se lance dans l’office d’une sati, en se jetant dans son fournil. Espérant ainsi être pardonnée de son fabuleux Roi.
Une claymore qui fait office de symbole, s’illumine au dessus du four. La Reine est morte et le silence règne.
Et puis, Lady Killer de Warlord éclate, dans la boulangerie..
Soudain, une voix détone dans tout le volcan.
— Qui ose s’affranchir de mon règne ! dit la voix créant un tremblement de Terre.
Les fées sont horrifiées !!
— C’est Vulcain ! Tout va sauter !! courez vers la vie le plus vite possible !!!
Les fées décampent en hurlant : Running Free de Iron Maiden.
La bande cherche une issue, le temps presse, les choses se gâtent !
La mort de la Reine crée la colère du Dieu Vulcain. Tel un marionnettiste, il utilise la Souveraine Nature, pour faire entrer le volcan en éruption.
— La chambre magmatique à comme projet de s’offrir une extension faut trouvez le moyen de se barrer le plus vite possible !
— Simmons mon petit, n’a-tu pas une solution?
Simmons fait apparaître deux magnifiques side-car, les Big Bisous enfourchent les bécanes et fonce sur Wild Side de Mötley Crüe.
La roche en fusion fait monter la pression ils mettent les gaz à fond et se casse par la cheminée pour allez embrasser la bouche éruptive.
Ils esquivent les fragments de roche et s’approchent méchamment du cratère.
Mais le bras du Dieu Vulcain vient attraper l’Homuncule, il lui arrache ses ailes en le tirant du Side Car, puis le jette au cœur de la cheminée.
— Simmons !
— You Wanted The Best, You Got The Best. The Hottest Band In The World ! s’exprime Simmons pour la première et dernière fois, avant d’exploser dans la lave.
La douleur ont fond du ventre des Big Bisous est aussi violente que l’éruption de se volcan. Mo déborde de larmes.
Ils poursuivent vers la sortie, les voilà enfin résurgents au sommet, sous un ciel bleu poudroyer des cendres du château de Rock Flammes.
Ils découvrent un aérodrome sur toute la surface du cratère. Ce sont les Lutins qui en sont les propriétaires.
— Messieurs ils faut fuir le volcan ! Il va exploser dans un instant !
mais les Lutins n’y croit pas une seconde.
— Si vous voulez des planeurs ils faut payer.
— On vous échanges ses deux side-cars ainsi que nos magnifiques armures contre des planeurs.
Les Lutins acceptent, Ils ont droit aux Pegase 90.
Les lutins s’occupent du treuillage , le câble s’enroule à la vitesse grand V sur le tambour et les planeurs sont propulsé à 600 m de hauteur
Echappant pour l’instant, au Dieu Vulcain.
Dans la magnificence du ciel, la bande pleure Simmons sur Rock n Roll Hell de Kiss et ne prend même pas conscience des commandes.
Après avoir embrasser le ciel ils s’occupent du kiss landing comme des pro sur une piste d’atterrissage guidées par des sémaphores. Ils atterrissent sans incidence, ça tient du miracle, de la providence.
Chapitre 6. Rockin’Air -( Brouillon)
Viennent accueillir les Big Bisous, des hommes aux longs cheveux bouclés, pris dans des foulards rouges. Il porte la moustache ainsi qu’une fustanelle blanche et de belles chemises et gilets traditionnels.
— Bonjour je m’appelle Haïdouks et je vous souhaite la bienvenue sur les Terres des Klephtes !
Mais quand les vélivoles ressortent des pegase 90, ils sont dans un état monstrueux.
Randy sort de l’avion et se met à barrir, en se transformant peu à peu en Rhinocéros. Les Hommes s’éloignent et sortent les armes.
Dès que Mo pose le pied au sol, son sang ne fait qu’un tour.
— Le poison me brûle le sang, aidez-moi ! crie-t-elle en se transformant en Mégacéros.
Georges pose son pied sur l’herbe fraîche, il aura juste le temps de tirer une dernière latte de sa bouffarde, avant de se transformer en Mégathérium.
Où est Rock 2000 ! Hurle Tommy en pleine transformation en Ptéranodon.
— Ils reviennent du Château de Rock Flammes ! s’écrie l’un des hommes.
— Rock Flammes est démoniaque ! Vite, attrapons-les, ordonne Haïdouks, nous devons impérativement les sauvés avant que le poison n’envahisse chaque goutte de leur sang !
Les Kelphtes séquestrent les bois de Mo, qui ne peut pas charger avec ses quatre mètres de ramure. Randy le Rhinocéros est en furie, et charge les hommes.
Mais ils maintiennent un sang froid incroyable face à sa charge, et évitent sa corne. Ils parviennent à s’agripper à lui et le font tomber au sol.
— Ne vous en faîtes pas, accrochez-vous, vous n’êtes pas les premières personnes à vous être fait empoisonner ! dit l’un des hommes.
Georges utilise ses griffes pour couper les cordes, pendant que Tommy s’occupe de la défense, en attaquant de son long bec.
(( Le poison les dévorent et la panique les rend hostiles et infernaux.))
— Compter sur nous, nous sommes vos alliés ! balance les Klephtes, nous allons vous soigner laisser nous vous faire boire notre bière !
Randy à du poison plein les veines, ces vertus ont disparu, mais pas son vice pour l’alcool. Il charge et avale un maximum de bière. Et direct, il redevient le Randy habituel.
Les hommes ligotent les poignets de Georges et lui coule le remède dans la gorge, il guérit aussitôt.
Mo, parviens à se battre contre le Mégacéros, et volontairement bois la bière. Elle aussi guérie.
Mais les hommes ne parviennent pas à raisonner Tommy, ces coups de bec les empêchent de lui insérer le breuvage dans son long gosier. En fureur due aux douleurs du poison, il s’échappe dans les hauteurs d’un Wellingtonia.
— Tommy ! s’écrie Mo
— Il est pris par le poison, on ne pourra plus le raisonner. Constate Georges.
— Si votre ami reste trop longtemps dans cet état, ce sera définitif. Il doit absolument boire notre bière le plus vite possible.
— Seule la musique peut le sauver, comprend Randy.
— Cela tombe bien, nous sommes d’excellents chanteurs et musiciens, dit Haïdouks, allons joués sous le Séquoia les gars !
— Vite, il n’y a pas une minute à perdre ! dit la bande
Les Klephtes et Haïdouks démarre la chanson au pied de l’arbre sur : I’ve Never Seen de Baku.
La voix des hommes en chœur et une trouvaille rare, sans parler de la guitare électrique qui est superbe, et comment ne pas évoquer cet excellent batteur, les Klephtes font gronder tout le Séquoia Géant.
Tommy le diabolique Ptéranodon s’attaque à d’innocent Douglas.
— Arrête ça tout de suite ! s’écrie Randy.
— L’innocence n’est pas une excuse ! Hurle Tommy en pointant son bec sur de pauvres et innocentes chouettes.
Mais au fil du titre, ça l’attire. Il descend des branches pour mieux entendre, mais il se fait surprendre par Haïdouks qui l’attrape et lui verse une rincée de bière dans le gosier, instantanément le revoilà grand sourire qui dit :
— C’est quoi cette musique j’adore !
— Ah Charogne !
— ça y’es nous sommes guéris, dit Mo en dansant sur le titre
— Youpie ! s’écrire Georges, bouffarde fumante en main
— Hé bien. Pas tout à fait, dit Haïdouks, j’ai une mauvaise nouvelle…
La Bière des Klephtes, c’est de la sève de Wellingtonia, un pur concentré de graines ailées qui offre une telle force, qu’elle stoppe temporairement le poison.
Mais elle ne vous soignera pas pour autant…
La bonne nouvelle, c’est que vous allez devoir monter au Royaume des Cieux pour vous en libéré définitivement. Mais avant, nous vous offrons un bon stock de boisson médicinale pour l’ascension.
À présent, venez avec moi je vous emmène à la montagne sacrée !
Les Big Bisous montent à bord d’un ULM pour une virée à plus de cinq-mille-neuf-cent-cinquante mètre d’altitude. Sur le poste Radio, il passe : It Will Be Still Good de Artland.
— Vous savez Haïdouks ont as pas eux le temps de vous avertir mais Vulcain est à nos trousses.
— Très bien, ce sera aussi l’occasion d’en discuter au Royaume des Cieux.
— Et saviez-vous que le Roi, c’est les consommateurs de Rock 2000 ?
— A votre avis, pourquoi ont vit dans ses montagnes?
Haïdouks déposent la bande devant de gigantesques portes en bois, ils le saluent et le remercient chaleureusement. Haïdouks décolle en maintenant le poing levé.
Un vent zéphyrien fait s’ouvrir et se refermer les portes librement. Ils entrent.
Ils y voient des hommes en obi qui font un entraînement au sabre en chantant : Saying To The Land de Far East Family Band.
L’ambiance et à la méditation, et à la contemplation du coucher de soleil qui commence.
Tous se retournent face à Mo, elle n’en croit pas ses yeux, elle vient d’atterrir au paradis.
Elle s’avance pour rejoindre l’entraînement, en tirant la bande avec elle.
Alors, les Big Bisous se placent face au coucher de soleil en contemplant le ciel en profondeur. Puis ils suivent le chant et les mouvements des sabreurs.
— Après tout, prendre une minute de répit dans ce monde de fou, ce n’est jamais une mauvaise chose, pense Tommy.
Les gouttes de sueur tombent sur les tambours avant d’être frappées par les baguettes, la guitare les faits voler un instant de plus, avant d’être aspirée par la montagne. Tout comme leurs fatigues, qui s’évaporent au fil de ce morceau. Une fois centrée, la bande les remercies et prend congé en poursuivant.
La bande s’avance en silence et respire cet air qui sent les champs de thé, les champs de riz, découvre des champs visuels de bonsaïs à perte de vue..
À la périphérie des champs, il regorge des cours d’eau qui font pousser le sawa-wasabi dans des lits de sable. La bande entend les travailleurs chanter : 아낙네 마음 de 송골매 en cultivant leur labeur.
La bande se dirige vers les cultivateurs, mais derrière traîne le pas, Georges qui boit tranquille de petites gorgées de bière en tirant sur sa bouffarde. Mais son air nonchalant déplait fortement à des Sanzokus, qui s’approchent de lui et le prennent à part.
Le reste de la bande est si émerveillé par l’harmonie agricole, qu’ils en oublient les dangers.
— Salut blanc-bec, dit donc super chouette, ta pipe.
— C’est une bouffarde, répond Georges un poil hautain. Cela ne plaît pas aux Sanzokus et le bouscule.
— Donne-nous cette pipe si tu ne veux pas te frotter à nous.
Georges s’énerve — foutez-moi la paix, bande de cornichon !
La réplique est cruelle, un sanzoku sort son tantōs et tranche le ventre de Georges. Il tombe aussitôt au sol, en poussant un cri terrible.
Tommy entend son cri, il se retourne et voit la scène, il hurle à son tour, et toute la bande court à son secours, les agresseurs en profitent et prennent la fuite
Georges ! Mon Dieu !
Georges rajoute du rouge à ce soleil couchant, étendu, il crache du sang et se voit mourir, devant sa bouffarde.
Les Big Bisous ne peuvent rien faire d’autre que de hurler de l’aide.
Un cultivateur accourt vers eux, quand il voit Georges il se met à gueuler ; — Sukunahikona ! On a besoin de toi.
Des centaines de lycènes remontent à eux. Dans ce kaléidoscope, on y découvre un minuscule petit bonhomme naviguant sur leurs ailes, à bord d’un tout petit esquif de fortune. Il est vêtu d’une peau d’oie et joue 印4de Trembling Strain avec un ocarina.
La douceur de sa flûte emporte Georges loin de la douleur, son cœur transcende cette musique avec une puissance qui lui offre des papillons dans le ventre. Il se met à rire comme un enfant qui joue à la marelle avec celle qu’il aime. Oh oui il rit, rit encore, et de bon cœur. La magie opère et sa plaie se referme.
Georges est l’auteur d’un miracle.
Sukunahikona, lui recommande de boire du saké. D’après lui, le remède sacré est une médecine de longue vie, puis il se volatilise noyé dans la nuée des lycènes.
Georges ramasse sa bouffarde, l’allume et balance,
— Ils ont bien failli me fumer ces brigands. Bon, où peut-on boire du saké dans le coin, j’ai besoin d’un verre.
Le cultivateur les invites dans une bicoque en bois près des sawa-wasabi. En entrant, ils voient des cultivateurs se reposer en écoutant : Borne on to the Solar Wind de Jade Warrior.
Sur le tablar il y a une bouteille sans étiquette. Le cultivateur la prend ainsi qu’un verre à shot.
Tenez buvez, dit-il
C’est du saké? demande Georges
C’est encore mieux, lui répond le cultivateur. Par ici on l’appelle : La Gorgée d’Oxygène. C’est un parfait mélange d’eau cristalline avec du sawa-wasabi et une goûte de saké.
La Gorgée d’Oxygène vous permettra de délivrer le mal de l’animal totem, sans le tuer. Vous n’en serez pas guéri, mais vous aurez les capacités d’en faire votre allié personnel.
Les Big Bisous avalent le shot. Leurs voies respiratoires obtiennent de puissantes et nouvelles capacités de souffle.
— À présent vous pouvez vous amuser avec votre poison, en l’utilisant à votre avantage.
La bande les remercie infiniment pour leur aide, ils échangent leurs réserves : de la Bière des Klephtes, et repartent avec des outres de saké.
— Dit Tommy, le livre ne dit rien sur le Royaume des Cieux? demande Mo.
Tommy ouvre le livre a la page 6.
— Si, il y relate une mission au sommet de la montagne. C’est un art, qui ouvre les portes aux nuages.
Les Big Bisous entreprennent la montée, parée à toute éventualité.
Dans la montagne, ils croisent les sanzokus qui écoutent : 切狂言(芝居小屋の名役者) de クニ河内とかれのともだち. Ils voient Georges en buvant du saké en tirant sur sa bouffarde.
— Notre leçon ne t’a pas suffi,? Je vois que tu n’as pas changé d’un iota ! dit son agresseur en l’attaquant avec son tantōs.
Georges lui fait un sourire narquois et se transforme en Mégathérium. Il utilise ses griffes pour stopper la lame, puis vient lui mordre le bout de l’oreille, le sanzokus hurle comme une petite fille.
La bande décide de participer à sa revanche et se transforme elle aussi.
Mo la Mégacéros, d’un élan envoie ses ramures sur les brigands et balaie les agresseurs.
Tommy leur picore le crâne et Randy les éjecte à grands coups de corne au cul.
Les animaux se marrent en montant la montagne, en les voyant la dévaler .
Puis enfin, la bande arrive au sommet, c’est un lieu paisible bercé par le son des shamisens. Les musiciens sont posés sur des rochers face au coucher de soleil.
// Un homme danse avec un sabre en chantant sur l’une des roches qui donne sur le vide de la falaise. //
À côté il y a un cabanon dans lequel un homme et allongé en écoutant : More Rain de Samurai
— Bonjour, enchanté, je suis Sanjō Munechika, je peux vous aider?
— Oui je l’espère, dit Tommy, nous cherchons le moyen d’ouvrir les portes aux nuages.
— Pour un vœu, c’est bien ça?
— Euh?
— Ici on a deux pratiques ;
Soit vous offrez des danses et des musiques pour divertir les Dieux. C’est ce que font ces danseurs et musiciens.
Soit ,vous vous lancez dans la réalisation de l’art des vœux.
— C’est quoi ça ?
— Cette pratique est complètement différente, car elle cherche à attirer l’attention des Sylphes.
Si l’art est bien pratiqué, l’une d’elles vous portera son oreille, et écoutera votre vœu. C’est elle qui, ensuite, décide si votre vœu mérite d’être entendu de vive voix à la Cité des Anges.
— Comment ça marche?
— Avec un sabre. Sanjo sort un Mikaczuki Munechika.
Mo n’en croit pas ses yeux.
— Je. Je veux essayer (oui) ! dit-elle.
— Attention, mademoiselle, je vous conseille de beaucoup vous entraîner avant, car l’art des vœux n’est pas une simple distraction. C’est prendre le risque de déranger l’une des Sylphes, pour qu’elle entende votre souhait. Si le vœu n’est pas suffisent, vous l’aurez dérangé pour rien. Cela à un prix. Explique Sanjō.
— Lequel? En fait, non, je veux pas savoir. Si dites-moi, demande finalement Mo.
— En cas d’échec, il vous en coûtera de partir dans l’honneur du Seppuku, dit Sanjō.
Tommy la regarde et lui dit, — te sent pas obligée.
— Non c’est ok, dit Mo en regardant la bande, mettons-nous juste d’accord sur le choix du vœu.
Tommy lui sourit et lui dit —tu trouveras la réponse dans l’action, en attendant, repense à toutes nos aventures, et puis nous allons t’accompagner, et te porter si il faut.
— Très bien, M.Sanjō Munechika, je suis prête, dit Mo.
— Bon, je vois que tu n’as pas froid aux yeux, ma petite. Je vais te donner un conseil. Trouve un titre qui soit aussi léger qu’une sylphide et aussi puissant que les vents.
Sur une pierre, Georges se pose et savoure son rétablissement en admirant la vue, tout en profitant de joué : Das Fest Der Völker de Thirsty Moon. Il imagine la pochette de l’album qui se dessine dans cet intense coucher de soleil.
Mo prend le sabre et se pose sur la roche qui donne sur la falaise.
Son expérience dans le kendo parviendra-il à obtenir un vœu?
Elle prend le temps de réfléchir à un titre, et finit par dire :
— Okay les Big Bisous on attaque sur : Empire Of The Clouds de Iron Maiden.
L’annonce du titre est entendue par les musiciens qui voient Mo sur la roche de l’art des vœux. Cela les rend très curieux et donne un clavier à Georges, pour voir cette interprétation.
Les Big Bisous se mettent en place, et se lancent sur le titre.
Tommy fixe l’horizon, écoute les premières notes jouées par Georges.
Mo lève son sabre au ciel, tend sa main, la colle à ses lèvres et l’embrasse !
Délicatement elle entre dans la danse.
Tommy se mets à réciter, la fabuleuse histoire de Maiden. Et le trio offre de jolies luisances colorées sur le sabre de Mo.
Vient ensuite, Randy qui balance ses accords sur sa guitare, il fait le show auprès de la foule, pendant que Mo se sert du mouvement de la danse pour tenter de faire résonner sa lame sur la roche.
En moins de deux secondes, elle parvient à sublimer l’art des vœux ; dans son paroxysme elle se sert du sabre comme d’une baguette et sa danse n’est autre que celle d’une batteuse resplendissante.
Le sabre scintille et crée des irisations.
Le public est ébloui, et à son tour se met à danser pour soutenir Mo.
Randy passe entre les danseurs, dans un second solo éclatant. Il accélère son jeu, ce qui donne à Mo des élans renversants, elle s’accroche au rythme, en frappant sur sa lame, et s’acharne dans sa danse.
L’aigrette lumineuse de Saint-Elme s’abat alors, sur la pointe de son sabre. Des lueurs bleuâtres illuminent la montagne.
Le public outré vient compléter le titre avec leurs shamisens. Et rend l’évènement encore plus marquant.
Mo est en syntone, elle cogne et décolle, elle frappe et danse, dans ses mesures incandescentes.
Randy dans une foudre énorme, enchaîne le solo et déchire le ciel.
Une décharge électrique violette fait s’écarter les nuages, des cheveux dans le ciel viennent trancher le coucher de soleil, c’est une Sylphe qui fait du Headbang.
La guitare de Randy est un éclair musical qui fait gronder sa virtuosité, sur ce troisième solo. Tommy s’arrache la gorge et hurle son nouveau souffle face à l’horizon ,
Mo garde la pêche, sa danse et si naturel, la batteuse invétérée part dans une transe céleste qui intéresse la Sylphe qui à présent, l’observe.
L’énorme femme nuage est une génie. Sa grande bouche rouge sourit et finit par demander.
— Quel est ton vœu, ma tendre ?
Georges crée le suspense sur son clavier.
Mo est calme, elle ferme les yeux. Puis, dans ses tourbillons elle lance,
— Je souhaite que ce monde puisse abonnir !
Cela met une tendresse dans le cœur des témoins.
Des éclaires arc-en-ciel se forment à l’intérieur des mains de la Sylphe.
Éblouie par ce miracle, la foule danse et joue en restant bien sage. Admirant l’art des vœux prendre forme.
Les Big Bisous terminent le titre et puis, dans un calme absolu, ils entendent 印2de Trembling Strain.
La lumière de la Sylphe se jette comme un coup de foudre et traverse Mo, avant de venir se loger dans la Tsuba.
Se dessinent alors sur sa peau des feuilles et des fougères, c’est un véritable bouquet de fleurs donné, pour celle qui vient d’obtenir le droit de passage vers la Cité des Anges.
M.Sanjō Munechika et les autres sont scotchés.
— C’est le résultat du Raika dit Sanjo.
— La fleur de foudre lui donne un côté bien Rock’n’Roll, dit Tommy.
— Quoi? Vous voulez ma photo? demande la nouvelle Mo tatouée.
— Mo, je tiens à te remercier pour ce très joli spectacle, et j’espère que tu parviendra à libéré ton voeu de la tsuba, dit M.Sanjō Munechika, faisant grâce, en lui offrant le sabre Mikaczuki Munechika, comme cadeau pour sa réussite.
Les larmes aux yeux, Mo s’incline et le remercie pour cet honneur.
— Apportez cette tsuba aux messagers divin. Tel est la prochaine étape de votre ascension.
Les Big Bisous quittent la montagne sacrée, en saluant tout ce beau monde, à bord d’un zeppelin.
A cet instant, il tombe un rideau de pluie irisé, qui colore le ciel fatigué.
Ils décollent sur : Atmosphère de Joy Divison. Et s’abandonnent face à la beauté phénoménale, de la clarté vespérale qui s’offre a eux.
Le Zeppelin les monte à sept-mille-six-cents mètres d’altitude, et les dépose à la Cité des Anges.
La bande descend et prend part à la découverte de ce nouveau lieu, qui sonne sur : Tirami una rete de Banco Del Mutuo Soccorso.
Ici les anges tournoient dans l’épreuve du purgatoire. C’est la cité de la deuxième chance.
La bande reconnaît le Saint Patron qu’ils identifient à son caducée. Ils vont se présenter.
— Bonjour Monsieur, disent les Big Bisous.
— Souriant, l’archange Raphaël salue la bande.
Il leur explique qu’il est prêt à offrir une seconde chance aux voyageurs, qui ont vécu une vie non aboutie.
Pour cela, les anges doivent faire leurs preuves. Ils sont mis à l’épreuve, afin de trouver leur propre guérison.
Cela inclut, les anges qui ont souffert d’un manque d’amour, de solitude, de dépendances et de folie.
Ces anges là, doivent apprendre à ouvrir leur cœur, et croire au Royaume des Cieux.
Et puis, il y a la deuxième catégorie d’anges.
Ceux qui doivent apprendre à travailler ou simplement apprendre à apprendre.
C’est les anges déchus par passions perdues, qui ont sombré dans la fainéantise, ou sont restées dans l’ignorance.
Ceux – là, sont envoyés au métier de postier et travaillent pour le Royaume des Cieux.
Toutes les lettres de Noël, les lettres d’amour, et toutes les lettres manuscrites doivent être lues et triées correctement, par les hôtes du purgatoire, afin de gagner leur place au sein du Royaume.
Georges en ramasse une, c’est une lettre de Noël, il lit juste le titre : God Rest Ye Merry Gentlemen de Marcel, avant que Raphaël ne la reprenne.
— En cas d’échec, je ne pourrai plus rien faire pour eux, et ils descendront aux enfers. En revanche, s’ils arrivent à valider leur guérison, alors je les inviterai à entrer à la boutique et ils s’y envoleront en Talonnière, signées Hermès.
A présent expliquer moi la raison de votre visite?
— Nous sommes poussés par le Rock’n’Roll, dit Tommy mais nous avons surtout un vœu à délivrer au plus vite, au Royaume des Cieux.
— Je vois, cependant, malgré l’urgence, votre purgatoire reste le même qu’a tous les autres.
Prouvez-moi que vous savez travailler, apprendre et ouvrir votre cœur.
— Aucun souci ! répond Tommy. Nous travaillons pour le rock on apprend le rock et on s’ouvre qu’au rock !
— C’est top, c’est même la plus belle réponse que j’ai entendue dans ma carrière. Cela mérite une preuve en musique vous croyez pas? En plus c’est parfait, car aujourd’hui c’est la fête de la Rosière, elle se déroule au parc : Fleuri d’Oaristys. Écoute, si tu trouves un titre pour sauver ces nouvelles recrues, qui cherchent désespérément à ouvrir leur cœur, si la prestation est bonne et que vous parvenez à leur faire gagner la couronne de rose, je vous laisse monter, ça joue?
— Oui ça joue ! répondent les Big Bisous.
— Parfait, alors allons-y !
Naissance : les 24h du rock 1er Ta’pe !
À l’entrée du parc, il y a une fresque sur laquelle il est peint ; des trompettes sur une lettre portée par des chérubins, plus loin, les Colombophiles élèvent les messagères et dans les woofers, on entend : Doing The Unstuck de The Cure.
Les anges apprennent à ouvrir leur cœur, mais, pour certains, c’est sûr que l’enfer n’est pas loin.
« La rébellion arrache les plumes des pigeons. Les pauvres décollent en vrille en roucoulant leur nostalgie.
La bande contemple la scène, mais reste confiante, fière et déterminée. Elle s’avance au centre du Parc, avec comme unique objectif, de libérer le poids, qui les empêche de s’envoler.
Pour cette mission, Les Big Bisous attaquent sur : Angel de Gotthard.
Mo sort sa graine Sonor. Le visage de Simmons, souriant sur le charriot des enfers, lui revient. Elle sert sa graine et fait tomber une larme sur son tambour.
— Nous dédions ce titre à notre ami Simmons, mort dans l’honneur du Rock n’Roll ! dit Tommy d’une voix timbrée.
La guitare démarre suivie de la batterie de Mo qui met de bonnes petites claques dans les oreilles des rebelles. Mais les petits diablotins tiennent bon et refusent de décoller au Royaume des Cieux.
Au refrain, la douleur et la rage de la bande offrent une libération à quelques-uns d’entre eux. Raphaël les invite à entrer dans le magasin de chaussures.
Une fois équipés, la bande les voit s’envoler dans un trou de virga, qui se forme au-dessus de leur auréole.
Durant l’interprétation, les Big Bisous ressentent une violente prise de conscience qui leur brûle le ventre. Ils réalisent que le problème n’est pas Rock 2000, mais bien Vulcain, et comprennent qu’une revanche est nécessaire, pour honorer leur petit Simmons. Ils vont devoir l’affronter.
La Tsuba de Mo se met à rayonner parmi les ailes blanches qui décollent, son vœu pourra-t-il les aider à vaincre Vulcain. Elle l’espère.
Pour cela, la bande doit impérativement faire voler ses diablotins rebelles arracheurs d’ailes de colombes.
Les Big Bisous changent de tactique, le Hard Rock n’est malheureusement pas fait pour tout le monde. Ils enchaînent sur (Here Comes The) Rain de The Cult.
Les anges chaussés de talonnières redescendent juste pour le concert, les autres font face au vent de la résistance, les colombes sont emportées par le souffle du son.
— Maintenant, écoutez le concert putain, sinon je vous casse la gueule ! dit Raphaël, un peu pris par la sève du rock. Georges lui tend sa bouffarde.
Mais c’est le coup de boost qu’il leur fallait, après bien du mal, d’indiscipline presque bovine, les anges sont finalement parvenus à s’envoler vers le Royaume des Cieux couronné de roses. Même s’il aura fallu pas mal d’autorité, la manche est gagnée pour tout le monde !
Une salve d’applaudissements éclate à la Cité des Anges,
Vulcain tire peut-être les ficelles du Roi, mais la bande tient l’aide des anges, et de l’archange Raphaël. Le règne de torture et de destruction n’a qu’à bien se tenir.
L’archange Raphaël amène les Big Bisous à la boutique de Talonnière, quand ils entrent, ils entendent : Southern Comfort de Asoka.
Ils en ressortent, bottes ailées au pied.
— C’est bon, Va là-haut, dit Raphaël.
Ils s’envolent dans un halo, et quittent la Cité des Anges en faisant un signe de la main à l’archange Raphaël, puis se dirigent vers la Montagne du Paradis. De l’eau cristalline déborde sur le versant adret qui tombe du sommet, à sept-mille-huit-cent mètres d’altitude, ils profitent de leurs nouvelles chaussure sur : Take a Picture de Filter.
Durant le vol, Tommy sort le livre et cherche la direction à suivre, il lit à haute voix : — Dans cet alpage insolite, se cache, Le Dieu des Vaches.
C’est une Red Holstein du nom d’Irène. C’est l’une des dernières juges. Vous devrez obtenir d’elle : La Validation au Royaume par l’animal.
Les Big Bisous s’envolent à la recherche de cette incroyable vache.
Au sommet ils découvrent de vastes pâturages d’herbes tendres, de trèfles et des sentiers de chicorées
Mille rosalbins roses font les clowns dans le ciel pendant que les Limousines sont massées et nourries par des Anges sur : Hard Ride To Heaven de Thunder.
Après avoir survolé l’alpage, ils y découvrent enfin une magnifique vache en lévitation à l’entrée d’un Ranch Céleste.
— C’est elle, c’est sûr ! Bonjour !
Irène ouvre les yeux et demande à la bande :
— Vous cherchez le pardon Bovin?
— Nous sommes en mission pour combattre Vulcain, nous devons aller au Royaume sur le champ.
— C’est moi qui décide de votre sort, dit Le Dieu des Vaches, je juge les rapports vécus avec les animaux et vous, je vois quelques coquilles avec des singes, et des chauves-souris.
La maltraitance des insectes et des animaux et même des plantes et des arbres est une faute impardonnable, qui offre un ticket gratuit chez le diable.
Le Dieu des Vaches pointe du sabot les damnés, qui montent sur le chemin des Cieux.
Ils sont emmenés à la frontière du Royaume, ils peuvent le contempler presque le toucher, peuvent sentir l’odeur du paradis, mais les gardiens leur tranchent leurs ailes devant les portes et ils tombent directement dans l’un des pires quartiers des enfers.
Celui où les insectes les dévoreront chaque jour, pendant que les animaux, les fouetteront à grands coups de branche de ronce, et cela durant l’éternité.
— C’est horrible, dit Mo
— Et encore… cette punition n’est pas la pire, ils ne sont pas à plaindre, ils ne rencontreront pas le diable. Tant mieux pour eux, il a mieux à faire.
Mais moi, en tant que Dieu des Vaches, je suis généreuse, et j’accorde facilement mon pardon. Si le damné accepte de rester à la Montagne du Paradis pour servir tous les animaux qui y vivent.
Et pour ce faire, on leur enseigne l’ornithomancie. Ca les reconnecte à la nature et la vie. Ainsi, ils peuvent entendre nos ordres, et nous servir convenablement. Les damnés doivent se tenir à carreau, ou nous les envoyons directement rejoindre leurs confrères aux enfers. Et ce n’est vraiment pas les meilleur quartier à visiter. Mais pour vous, je vois le coup du Marlin, cela vous sauve et vous rend presque digne du Royaume.
Mais je vous ordonne de me montrer votre amour, pour nous autres « êtres inférieurs « pour valider votre entrée !
Irène s’installe dans un rocking-chair prend un bouquet de trèfle, en mange une bouchée, puis exige un spectacle de dressage, sur le dos d’un hippogriffe.
L’animal s’impose devant le Ranch Céleste.
Georges plisse ses yeux en tirant sur sa bouffarde, il se sent d’attaque. Mais il ne s’incline pas. Il se roule carrément devant la bête en poussant de petits cris de poussin.
L’animal s’interroge, le voit comme un oisillon qui vient de sortir du nid, encore fumant.
De son long bec, il le prend et le pose à son dos.
Georges lui joue aussitôt : Long Cool Woman de The Hollies.
Le Dieu des Vaches se met à danser, l’hippogriffe s’envole avec Georges, et partent dans un délire de rodéo majestueux.
Il sort son outre, et boit une gorgée de Saké avant de s’écrier : — Hii Haa !!
Georges obtient sans problème le Pardon Bovin. Les Big Bisous l’applaudissent.
Il salue la décision du Dieu des Vaches, en redescendant de l’animal, puis s’installe dans un hamac transformé en Mégathérium.
— Très bien, dit Irène en sirotant un verre de lait. Vous m’êtes divertissant, mais le serez-vous pour mon amie?
Une harpie fait son entrée. Elle a le visage d’une jeune fille au teint pâle, affamée, elle camoufle sa maigreur derrière des foulards de dentelle noire.
— Ma vie a été si fade, impressionnez-moi, offrez-moi un souvenir féérique, demande la Harpie.
Tommy s’avance,
— Bien sûr. Avec toute la volonté du monde, je m’appliquerai à vous offrir le plus beau des souvenirs. Il se transforme en Ptératodon
et file dans le ciel, il revient accompagné de mille Rosalbins et des pigeons rouleurs au plumage bleu turquoise, de saphir et de violet. leurs plumes sont contrastées par des tons rosés qui resplendissent durant leurs acrobaties aériennes, qu’ils interprètent sur : Bird Of Paradise 1 (Digitally Remastered) de Snowy White.
C’est spectaculaire ! Les loopings et les vrilles des pétauristes terminent rasibus et repartent de plus belle, dans ce long coucher de soleil. Les roulades épatent la Harpie, ça lui met « du baume à son teint. » Mo décide de se transformer en Mégacéros et accueille sur ses bois les acrobates qui s’y balancent et voltigent en sifflant le refrain.
Pendant ce temps, Randy s’avance fièrement et se transforme en Rhinocéros. Irène en est toute bouleversée, la masse musculaire de cet apollon rend l’excitation ingérable, Randy est invité à l’intérieur du Ranch. Le Dieu des Vaches exige de voir tout cela de plus près.
Au-dehors, la scène offre à la Harpie une perception du son qui lui donne des visions colorées, elle est à présent marquée par cette synopsie, devant les immelmann des rouleurs. Touchée en plein cœur, elle s’incline et les remercie pour toutes ces couleurs.
Le Dieu des Vaches réapparaît ravie est applaudit le spectacle. Elle accepte que les Big Bisous accèdent au Royaume des Cieux. Mais avant, elle leur propose un détour, vers un lieu secret, qui pourrait éventuellement les aider à vaincre Vulcain.
Les Big Bisous acceptent, cherchant à mettre toutes les chances de leurs côtés.
— Très bien, alors suivez l’Hippogriffe, il vous emmènera chez les soeurs, dit Irène en saluant la bande.
Les Big’s s’envolent sur : If de July.
L’hippogriffe les emmène à huit-mille mètres d’altitude, plusieurs gorgées d’oxygène sont nécessaire pour tenir ce manque d’air, mais ils parviennent à suivre le guide grâce à leur solide talonnières, jusqu’à la cabane indiquée. À l’intérieur sont cachée : Les soeurs Filandières.
La bande découvre la première, elle chante I’ll Be Right Here (Album Version) de Zephyr. C’est une blonde platine aussi ronde que ses bobines de fil, c’est elle qui crée les coïncidences, le hasard, la chance. Elle rassemble les bonnes circonstances, en se servant de ses pincettes en argent et lie entre eux, tous les fils de vie. Les Big Bisous admirent son travail, et évitent de marcher sur les destinées qui brillent au sol.
Ils ne peuvent l’interrompre dans cette magnifique chanson. Chez elle c’est inné, les lectures sont son sang, c’est un art que seule elle détient.
Elle nous sourit sans interrompre son adage. La bande s’assoit et profite de ce moment.
— Que puis-je pour vous? finit par dire la première filandière.
— Pouvez-vous nous aider à Vaincre Vulcain?
La sœur prend le fil de Vulcain et le lit. Il se délie facilement de la bobine, sa couleur ambre s’illumine, elle accepte de le remettre dans les mains de sa sœur.
Contrairement à elle, dame filandière met tout en œuvre, pour l’enseignement de la poisse.
C’est elle qui offre des épreuves aux vivants, mais c’est aussi elle qui coupe le fil de ceux qui, malheureusement, n’ont pas su « s’enrouler dans une autre bobine. » Pour eux, c’est la fin du film.
Elle porte une châtelaine où sont suspendus ses ciseaux en argent, prêts à trancher le cours de la vie des individus, qui ne savent plus se frayer une survie.
Elle-même chanteuse, elle pratique son art unique sur : To Take Him Away de Sandrose.
Ses ciseaux sont si tranchants que même le fil de Vulcain se ferait couper, comme un simple morceau de papier.
Derrière son ombrelle, ils l’aperçoivent. C’est une brune au visage habillé de taches de rousseur, elle a un joli nez en trompette, et son sourire, quand elle chante, révèle une libération absolument époustouflante.
Légère et précise, cette sœur filandière est une perle de l’univers.
Ces brillants ciseaux paraissent si légers, quand elle les envoie en bourrée, piquer les fils de vie, (avec une simplicité folle.) Et pourtant, elle maîtrise l’équilibre des bobines à la perfection.
À la fin de sa chanson, elle prend le temps de lire celui de Vulcain.
— C’est regrettable, mais ce n’est pas son heure, je ne peux pas couper son fil, dit-elle.
— La bande comprend.
La sœur le met tout de même dans la bobine des rudes épreuves, afin de les aider.
— Il est l’heure de monter au Royaume, nous allons vous héler un taxi, disent les sœurs Filandières. Elles créent une parhélie et demandent aux Big Bisous de s’y avancer.
— La vie a une durée, la mort est éternelle, dit l’une des sœurs. Imagine un peu toute la structure de la vie, maintenant imagine un peu celle de l’éternel mort.
Sur ses mots, ils se volatilisent du lieu secret et arrivent aux pieds des marches du Royaume des Cieux.
Elles sont faites de feuilles d’or et d’ardoise. Sur ce fragile chemin, ils entendent résonner : One Step Home de Harlequin Mass.
Des plateaux de loess suspendu offrent d’immenses cascades de sables qui longent l’escalier. De nobles chevaliers courent en son long de manière merveilleuse. Ce sont les gardiens du Royaume, ils pratiquent l’art de la marche, la technique du saut, l’art du corps léger sur ce sablier volant.
La bande monte sans un mot, en admirant ses pratiques Shaolins qui dansent sans laisser de traces.
Et puis, sur la dernière centaine de marches à monter, la défense s’use sur une technique différente, les merveilleux gardiens sont en posture du cavalier et frappent la vache par-dessus la montagne. Le poing dans le vide, ils envoient le coup, qui prend de la distance et parvient à éjecter des marches ceux qui ne sont pas validés par ses maîtres du Gong Fu.
Les Big Bisous parviennent à monter tranquilles, dans leurs cœurs résonnent : Lost For Words de Pink Floyd.
Ce qui ouvre les portes du Royaume des Cieux. Les voilà arrivés dans ce Royaume fait de feuilles d’or et d’ardoise, situé à huit-mille-sept-cent-septante-sept mètres d’altitude.
À l’entrée, ils y découvrent un monastère avec un Griffon en symbole, Tommy reconnait Bodhidharma, il entraîne les moines aux septante-deux arts des Shaolins sur: 男兒當自強 de 林子祥.
Il s’avance vers la bande et les invite à rejoindre son école, il leur promet, de les guérir de leur poison, et de délivrer le plein potentiel de leur âme et de leur corps à un niveau sans limite, au prix de patience et d’entraînement.
— Une fois suffisamment entraînés vous appartiendrez au Royaume des Cieux et votre rôle sera de le protéger.
— Nous avons malheureusement déjà une mission, Tommy présente le livre des 24h du Rock à Bodhidharma.
Il lit, puis il y note son empreinte du Bouddhisme Chan et le rend à Tommy.
— Très bien les Big Bisous, poursuivez votre route, et que le Rock puisse guérir votre prochain.
La bande s’incline face aux Maîtres Shaolins et entrent dans les vignes du Seigneur, sur Poor Lady de Arcadium.
Ici c’est la guinguette éternelle, le vin éventé est meilleur que n’importe quel pinard connu par la bande. Celui-ci brille de vert émeraude puis de blanc sauvignon et enfin de rouge. Un séraphin fait saigner la grappe, son sang rosé transpire sucré, avant de venir pleurer en petite quantité, comme le dosage d’un sirop. Il s’écoule le long du verre, pétillant. Ce vin se chante, il se célèbre comme un bon champagne, et c’est sous les étoiles qui commencent à apparaître, que nos voyageurs savourent ce vin divin.
— Ce verre va vous aider à trouver : Ouriel le Merle blanc, dit l’un des séraphins.
— Santé
Puis ils se dirigent enfin, à l’intérieur, et franchissent le hall.
Un Noir se tient devant les deux grandes portes, c’est Ouriel, il porte des chaînes en or, un bandeau, la moustache et a un piercing au nez.
— Ce n’est même pas des air Jordan vos talonnières c’est nul ! Je plaisante, va-y donne-moi ton vœu en flow, si tu veux que je t’ouvre les portes, demande Ouriel.
Mo présente sa tsuba, mais ce n’est pas suffisant.
Tommy prend les devants et lui balance :
— Ouriel toi que l’on nomme le Merle Blanc.
Contre un poème je te somme d’être franc.
Puisses-tu offrir à mon ardent désir,
l’espoir de croire au vœu d’abonnir ?
Que cette nuit puisse resplendir sur chacun.
Et que la blancheur du feu de demain,
Offre les couleurs d’une brèche au matin.
Qu’il illumine ce jour, et donne aux vautours,
la bonté et l’amour, comme punition pour toujours…
— Sérieux c’est pas dingue, mais pour un blanc c’est normal. Allez-y, et que les Dieux vous accordent ce vœu. Peace !
Ouriel ouvre les portes qui donnent sur la terrasse du Royaume. Ils entrent sur : Searching For Food de St.ELMO’S FIRE.
Une longue table est posée sous le toit du ciel, Les étoiles semblent si proches vues d’ici, sont assis des loups qui hurlent, la tête en direction de la lune. Ces hurlements racontent la vérité sur le visage de l’homme.
Le Loup est l’animal sacré de Zeus & Athéna. Ils écoutent les plaintes et prennent les mesures en conséquence, puis abattent leur vengeance sur la tête des hommes sous les constellations qui illuminent l’immense table.
Athéna et Zeus invitent les Big Bisous à s’assoir, et leur demande de présenter la raison de leur venue.
Tommy explique les soucis qu’engendre le poison, prédit un avenir catastrophique à Rock 2000 et cherche a libéré le Roi du sort tragique de Vulcain.
Zeus et Athéna ne semblent pas ébranlés par la nouvelle. Ils l’ont déjà puni dans le passé, en lui faisant construire ce Royaume.
— Apparemment, la leçon a été oubliée, Zeus demande à Mo de lui donner son sabre, il contemple la tsuba scintiller. Il la pose sur la table, puis il se met un peu en colère en sortant un éclair de sa paume. Heaven And Hell de Black Sabbath éclate sur la terrasse.
Les cheveux de Zeus partent en arrière, le ciel se couvre, la pluie se met à tomber, et les yeux d’Athéna deviennent deux lunes rouge sanglante et captivantes, Zeus abat des ondes électriques dans le sabre, pendant que les séraphins et les loups participent au titre.
Zeus lance ces avant bras d’acier décoré de bracelet de métal, et cognes contre la tsuba, la bande ne bouge pas d’une oreille.
Les yeux d’Athéna viennent éblouir la lame, les séraphins crachent des notes de leurs guitares, la batterie tombe au son de la pluie,
Zeus est hors de lui, il se déchire et se transforme en un éclair géant qui descend d’un cirrus.
Les séraphins sont concentrés sur leurs guitares durant le dernier passage. S’estompe la colère et les fumées, laissant survoler la création d’un disque.
— C’est un disque Légendaire, conçu pour faire fuir Vulcain de Rock 2000. dit Zeus encore bouillant. Apportez-le sur le haut parleur du Building et ça devrait changer la donne, dit-il.
Votre courage et vos talents ainsi que ce puissant désir, mérite un repas avec nous. Qu’en pense-tu Athéna?
— Tout a fait, en plus nous avons d’onctueuse pets-de-nonne.
— Et de l’ambroisie, rajoute Zeus.
Si vous en buvez vous guérirez de votre poison, et vous deviendrez immortel.
C’est un cadeau car nous comptons sur vous, nous devons rester ici pour gouverner sur le Royaume, nous ne pouvons pas partir en voyage à Rock 2000.
Les Big Bisous acceptent le repas, et ce régal, ils ressortent de la terrasse sur Libertation I de Jasper.
Leur santé se porte à merveille, ils détiennent le disque Légendaire, et sortent par les grandes portes.
Vous trouverez Pégase dans les bois du Royaume, dit Athéna, il vous redescendra sur la Terre des 24h du Rock.
Ou sauter en bas ! Balance Zeus.
— Merci !
— Rock n Roll !
La bande s’avance dans les bois, les yeux des renards luisent dans le noir sur : The Way I Feel de Robert Plant.
Derrière les plantations ce trouve Pégase. C’est un cheval blanc ailé.
La bande s’approche, le caresse, montent sur son dos, et s’envole sur : Unglued de Stone Temple Pilots.
— Direction la Terre des 24h du Rock !





