Chapitre 4 Rock Love :

Le groupe chante et joue : Time and space d’Alvin Lee, sur leurs micro tracteurs.

Ils suivent cahin-caha, le trot du Blackfoot dans les prairies de l’Openfield. 

Celui-ci se stoppe en haut d’une colline; son cheval hennit en apercevant l’horizon.

-Courage la bande ! Vous y êtes presque, encourage le Blackfoot.

Ils s’accrochent du mieux qu’ils peuvent, et finissent par le rejoindre enfin. 

La bande tire la grimace en voyant ce qui se cache derrière l’Openfield…

Le tableau est crasseux et très bruyant.

Le Blackfoot voit bien la déception sur leurs visages, il décide de leur offrir un sachet de Népenthès.

-Ça  va aller la bande, vous verrez, dit-il en tendant le sachet. 

À présent je m’excuse, mais je dois me retirer. Ma famille m’attend, et puis je n’aime pas trainer ici trop longtemps, dit-il en regagnant les champs de l’Openfield.

Ils s’approchent dans leurs micro tracteurs en mangeant le paquet de népenthès et se regardent, dégoutés.

Un travail machinal résonne sur le métal, s’exclame du haut des grues, des hommes sans état d’âme.

C’est un port de marchandise gris, industriel et très moderne, mais qui semble déjà démodé, qui vient bruler leurs yeux.

-Retournons à l’Openfield et vite ! s’écrie Georges.

-T’en fais donc pas, lui dit Randy, bientôt le népenthès fera son effet et tu ne ressentiras plus rien face à cette horreur.

-Tommy espère que Randy dit vrai, car ça le submerge de peine et sent qu’il va bientôt vomir.

Mo n’apprécie guère ce genre de lieu, mais les affaires peuvent rapporter gros dans ce village industriel, situé au bord de la mer.

– C’est vrai, concentre-toi sur l’océan, dit Mo à Georges.

-Tu parles, c’est sans doute le pire ! Réponds Georges.

Mo doit bien avouer qu’elle aussi ça la désole de voir ces ignobles parcs en filet.

Quelle harmonie désastreuse, constate la bande devant l’usine qui empile des poissons dans du plastique.

Le port est bondé de chalutiers, dans l’immonde tableau se déverse les prisonniers, passant d’un bac à un autre. 

Des hommes vulgaires au regard agressif font comme les fourmis, mais en moins bien.

Des caisses en bois leur tombent sur les pieds, parfois sur la tête, un chef exige qu’ils gardent leurs casques sur leur crâne, et des chaussures adaptées, pour la sécurité.

Des types en blouse blanche commandent aux vendeurs, de jeter les articles pourris. 

La bande constate qu’ils sont brulés derrière une baraque, la fumée noire se dirige vers un volcan situé au loin. Tommy entend les poissons hurler des malédictions destinées aux hommes. 

Mo découvre une allée de magasins. Elle tient à visiter. Les mecs acquiescent et la suivent.

On y vend tous les produits pour une pisciculture intensive. Cages flottantes, enclos bassins, médicaments, alimentation de farine et d’huile de poisson

-C’est un massacre à ciel ouvert, peste Georges.

Mo tombe sur un magasin de musique. Ils entrent. Elle y voit une batterie derrière un grillage,  ça la fait vibrer immédiatement.

-Peut-on en jouer? Demande Mo au vendeur 

-Non, ici, nous n’avons pas le droit de jouer de la musique. La musique ne doit pas déconcentrer les travailleurs, mais vous pouvez l’acheter, si vous le souhaitez.

Mo regarde Tommy avec colère – pourquoi as-tu donné tout notre argent à des inconnus, espèce d’hippie !

Tommy rigole. Ça énerve encore plus Mo !

D’accord ! Je te l’achète, dit Randy en sortant son porte-monnaie – et rajouter une SKB route 66 pour ma guitare.

D’où sors-tu cet argent? Demande Mo grand sourire.

C’est mes gains du Tatterstall. J’avais parié que Tommy réussirait, même si j’ai dû beaucoup l’aider, pas vrai Tommy.

-Ah! Ce titre, c’était parfait ! Affirme Tommy.

-Très bien dit le vendeur, à quelle adresse je livre la batterie?

Sur la plage, répond Randy.

Sur la plage? Le vendeur ne comprend pas.

-Oui c’est l’unique endroit plaisant dans les horizons. Explique Randy. Et je crois qu’il est nécessaire de donner de la musique à ces restes d’hommes pour leur offrir autre chose que des poches, si vous saisissez. Dit-il en rangeant sa guitare dans son étui.

Le vendeur ne saisit rien.

-Tenez, j’ajoute des frais pour cette livraison spéciale, dit Randy.

Le vendeur est un peu déboussolé, mais accepte volontiers, en voyant la somme que lui tend Randy.

Mo est heureuse et saute dans ses bras pour le remercier.

Ça fait très chaud au cœur de Randy, qui la trouve définitivement très belle dans sa veste.

-Alors c’est parti, allons sur la plage. Dit le vendeur en chargeant l’instrument.

Tout le monde saute dans le camion et va à la plage.

-Quel quartier dégueulasse dit Tommy.

-Le népenthès est le seul moyen pour ne pas pleurer. Dit Georges en reprenant une poignée.

-C’est rien, surtout ne nous laissons pas écraser par ces monstres, dit Randy.

Ils arrivent sur la plage, Ils la trouvent délaissée. Sans doute par manque de temps, et d’intérêt, imagine la bande.

-Mo va enfin pouvoir nous faire entendre sa musique, dit Tommy en se réjouissant d’avance de l’entendre.

Le camion décharge sans difficulté le nouveau trésor de Mo et la dépose sur le sable, pendant que la bande contemple l’océan et estime que c’est l’endroit idéal pour jouer de la batterie.

Tommy aperçoit une bouteille à la mer, abandonnée et flottante.

Il la récupère, elle contient un message, il le déroule et lit : Joue et chante, nous verrons ensuite, si nous vous laisserons entrer au Pays des Écumeurs.

Mo admire la grosse caisse, la caisse claire, les cymbales, puis entend comme une mélodie étouffée qui lui rappelle le titre : Only We Are Trying To Be de Scattered Pages. Elle voit un livre dissimulé dans le sable. Ça la percute. Elle s’en approche et prend le livre abandonné.

Elle l’ouvre et découvre une partition musicale.

-Les gars, dit Mo en montrant le livre.

Tommy fait tourner le message caché dans la bouteille.

Ils se regardent et sont bien d’accord. Ils vont jouer et chanter, car ce qu’ils veulent avant tout, c’est d’être invités aux Pays des Écumeurs.

Il décide de jouer la partition du livre, c’est : Streets Of Philadelphia de Bruce Springsteen. 

Mo s’assoit, prend enfin ses baguettes; elle est prête à frapper sur l’instrument ad hoc.

Randy est fier de l’allure de sa guitare, Georges de sa flûte et Tommy de sa voix.

Mo tape en premier. Les premières notes de sa grosse caisse résonnent face au large. 

Une once d’humanité retentit sous la torpeur de l’harmonie artificielle.

Tommy ferme les yeux, il imagine un monde où l’intelligence n’oublierait jamais que le mieux est l’ennemi du bien.

C’est en gardant cela au fond de lui qu’il élève sa voix.

Randy et Georges ont les yeux rivés sur leur partenaire, qui tape avec l’exactitude de la boîte à rythme programmée dans la version originale.

Un rayon de soleil perce la grisaille et tombe sur Mo.

La musique déconnecte les gestes machinaux des travailleurs, perturbés par leur propre coeur.

La flèche d’une grue est pointée sur nos musiciens. Au bout, un boulet de canon descend et se balance au rythme de la chanson.

Nos amis sont interrompus dans leur prestation, le boulet de canon réduit en miettes la batterie de Mo.

Les autorités compétentes les pointent du doigt au loin et se rassemblent pour une arrestation.

Tommy et les autres ignorent le danger et gardent l’oeil sur l’océan, dans l’espoir d’être invités, aux Pays des Ecumeurs. 

Et puis..,ils arrivent. Des kayakistes pagaient dans leur direction.

L’embarcation se fait très rapidement, ne laissant pas le temps aux autorités de traiter la bande comme du poisson…

Nos amis s’en éloignent juste à temps.

-Merci pour votre aide !

 -De rien la bande, apparemment, votre prestation a plu à M.d’Amato. Il souhaite vous voir sur son île.

– Cool, j’espère juste que l’ambiance sera différente de celle du port, dit Tommy.

– Ah ça, croyez-moi, rien à voir, répond un kayakiste.

Mo vient de perdre son instrument, ça l’énerve, c’est la seule qui ne peut pas décharger sa colère quand elle le souhaite.

Randy la console. – Ce n’est pas grave, ça se remplace, lui dit-il.

-Oui c’est vrai, mais je n’ai même pas pu terminer le morceau ! 

Dit-toi qu’au moins il te reste les baguettes lui dit Randy. 

C’est vrai répond-elle d’un sourire en coin.

-Ce qui est grave, c’est ce qui se passe ici, dit Georges.

-Vous avez entièrement raison, dit le kayakiste.

Détruire l’océan ne leur suffit plus, maintenant ils poussent leurs idées de génie sur les terres, en créant des réservoirs terrestres, c’est le sommet, rajoute un kayakiste.

– Pourquoi s’obstiner à tout ranger dans des carrés? Le monde est rond ! proteste Tommy.

– Vous savez, la lettre S lie le ciel et la terre, malheureusement, dans leurs démarches, ils en ont perdu un, créant ainsi un poison puissant. Conclut Georges.

Très joliment dit, je la note, dit un kayakiste. Vous savez résister face aux forbans et une tâche difficile, c’est pour cela que nous devons maintenir une santé de fer et nous entrainer sans relâche, pour préserver le message de la mer ; apprendre à entendre dans le silence des vagues, les secrets de son écosystème harmonique.

La brise Océane lève le voile, la bande explose de joie en découvrant un archipel, formé de trois îles, l’harmonie est d’une beauté époustouflante ! 

On entend Lydia Purple de Cargo en écho, ce qui rassure toute l’équipe. 

Les kayakistes les dirigent à la pointe de la première île.

-Regardez, c’est lui D’Amato, montre le kayakiste.

D’Amato est en plein entraînement avec des hommes et des femmes combattant face à l’océan.

Hé Ho !  Crie Tommy.

À la vue des kayaks, les sportifs accourent souhaiter la bienvenue à nos voyageurs (sur les îles Cordis.)

Mo sent qu’elle va pouvoir se détendre les nerfs dans ce lieu paradisiaque.

Randy frime sur sa guitare, ça épate son nouveau public.

Georges tire sur sa bouffarde , ce zéphyr il commence à l’envisager d’une manière hautement positive. 

Tommy fait signe à d’Amato.

Il s’avance plein d’énergie malgré son âge, et viens serrer la main à nos musiciens.

-Salut les jeunes, vous avez fait bon voyage?

-Très bien merci.

Vous avez dîné ? Oui on a mangé au marché tout à l’heure.

Bon très bien, alors ne perdons pas de temps, si vous le permettez, j’aimerais vous présenter l’aspect de cette île.

C’est une mise en forme, un entraînement sportif et l’initiation de l’enseignement par le silence des vagues.

-L’invitation dans la bouteille, c’était vous pas vrai? Demande Tommy.

-Non pas vrai, répond d’Amato. Je suis l’entraineur officiel de cette île, pas le messager. Mais l’invitation au voyage commence bien ici.

-Alors, les jeunes, vous vous sentez d’attaque? Êtes-vous prêt à vivre votre première expérience sur l’ile?

-Bien sûr répond la bande.

Très bien. M.d’Amato lance le morceau Do It Again de Steely Dan et entraine nos compagnons de route sur la plage.

-Le terrain regorge de culture, de culturiste et même de quelques naturistes, tous sont là est ce remuent sur le sable, bah quoi? Il en faut pour tout le monde,

 l’important est le bien-être de tous.

On y trouve la compétition au décathlon chez les mecs, l’heptathlon chez les femmes, mais la vraie épate et dédicacée à ceux qui s’oignent le corps pour le match du pancrace.

-Nous sommes tous là aujourd’hui prêts à noyer la sottise et faire surfer l’audace, l’amour de vivre ! Gueule M.d’Amato.

Les insulaires attaquent les exercices, nos amis sont enveloppés dans leurs mouvements.

Quand nous observons la mer à tribord, on réalise qu’elle est bercée par ces hommes et ces femmes, prêtes à se surpasser.

Cette immense désirable bleue reste là, bonace et contemplative.

Elle apprécie la rondeur des sauts, des coups et des courses de cette foule qui se donne à elle.

L’océan est tout simplement un maitre, fier de ses athlètes.

Comme ci, c’était lui, le principal enseignant de ce pentathlon, et que les élèves auraient passée tant de temps à l’écouter, qu’eux-mêmes seraient devenus, justement, cet océan.

– Peut-on vraiment apprendre la vie sans jamais méditer face au large? Demande M.d’Amato, sans jamais écouter sa sage parole cachée sous les nuages?

Oserez-vous enfin l’écouter? Vous voyageurs inconnus…

Allez-y, étendez-vous ,respirer le grand air salin profondément et prenez le temps d’écouter l’océan, pour cela je vous demande de couper la musique, demande M. d’Amato.

Tommy se prend au jeu, notre ancien anachorète s’étend, ferme les yeux, prend le temps d’écouter les vagues et ressent son langage.

-Quelle tendresse cet océan bercé par tous ses mecs et toutes ses filles prêtes à se surpasser simplement pour remercier la vie, dit Tommy.

-Étirer sa santé toujours plus loin, franchir la limite, et quand tombera l’éliminatoire, revoir ces jeux comme un souffle avant que n’apparaisse le second. Rétorque Mo, elle-même prise dans l’écoute de l’océan.

Quand le critérium te qualifie , médaillé d’être né , pouvoir se mesurer avec adversité et terminer la partie en se rabibochant sur notre remarquable tentative, 

de tromper le sablier le plus longtemps possible. Alimente Georges.

C’est vrai, dit Randy, la lutte avant tout, c’est battre ce compteur, combiner les activités, caracoler et offrir son concours, et faire du palmarès, un éclat de rire !

C’est bien écouter encore, faites monter la puissance, crie D’Amato. La foule danse les exercices sportifs. 

À l’envi pour voir cette réussite, participe au peloton viens transpirer sur la rythmique, le chiendent de l’existence filera comme l’éteuf qu’on frappe, vol au

 vent. Rajoute Randy.

Notre propulseur sert à envoyer des sagaies pas à propulser nos athlètes sous le feu des projecteurs. Envoie Tommy.

L’amour que portent ses athlètes n’est pas simplement pour ce corps moteur, mais aussi pour l’harmonie naturelle.

L’entrainement devient alors un pouvoir cabale, capable de briser des murs, de saisir l’instant avec force et passion. Ajoute Georges.

-Bravo la bande allez terminer cette écoute à présent ! Dit d’amato enthousiaste 

-Grimpe avec nous vers l’aventure enfile ton cuissard, le sport est un art.

La pugnacité est si belle , ensemble nous forgeons  les efforts au nom du sport.

Prendre sa vie en main et gagner les poches vides, décrocher une timbale pour un sourire, et concourir pour appartenir…. Aux îles Cordis ! Termine Tommy. 

Très bien les jeunes, votre méditation a su cerner l’essence de l’océan. Sentez-vous sa force vous envahir?

Oui ! Répond la bande en se levant avec panache.

Bravo la jeunesse ! C’est ça que j’aime voir :de l’entrain, du courage, et cette flamme d’insouciance.

Tommy tu as fait preuve d’audace, c’est très bien, mais maintenant, il va falloir l’assumer.  

Tu souhaites concourir pour appartenir aux îles Cordis? En voilà une avance dangereuse, car même si la gymnastique s’accorde bien avec de la musique, elle l’est moins devant la face cachée de cette îles. 

-J’ai simplement évoqué ce que l’océan disait, s’explique Tommy.

L’océan t’appelle, Tommy. Et vous? Voulez-vous le rejoindre dans sa quête?

-Nous suivrons Tommy et explorons les îles Cordis ensemble, défend le reste de la bande.

Très bien les jeunes, le danger ne vous effraie pas, j’espère que cela ne vous coûtera pas la vie.

À présent, écoutez- moi. Les malédictions que lancent les poissons sont entendues et validées.. par qui? Aucune idée, mais en quoi je peux vous l’affirmez.

D’Amato se tourne vers ses écumeurs : 

-Faites entrer les accusés au dojo, mes chers Écumeurs! la mer a parlé, la bande doit les affronter.

-Affronter qui? demande Tommy.

-Vous allez le découvrir très vite. Suivez-nous.

Les athlètes entraînent notre équipe devant la porte d’un dojo posé sur pilotis. Un navire noir est à l’amarre, collé contre.

Ils entrent sans poser de question, à l’intérieur on peut admirer une vue imprenable sur l’océan. Les rayons du soleil chauffent le tatami, et font rayonner la lame d’un resplendissant sabre suspendu au mur. 

Deux flambeaux illuminent une porte en fer rouge.

-C’est derrière cette porte qu’attendent vos adversaires, explique M. d’Amato.

Mais avant de l’ouvrir, je me dois de vous expliquer les règles.

La première : Il est interdit de tuer.

La seconde : Il est interdit de fuir le dojo ni de sortir du périmètre ,où vous perdez le combat.

Enfin, si besoin, la seule arme autorisée est ce sabre suspendu au mur.

Êtes-vous prêt à affronter… un Ogre et sa Lamie?

-Non, mais vous rigolez ? demande Georges.   

C’est quoi sa lamie? se demande Mo.

Randy et Tommy, eux, sont déjà prêts.

-Dernier point. Maîtriser vos émotions et n’oubliez pas que l’amour est un art puissant. Allez, courage les jeunes !

Pour ce combat d’Amato choisit le morceau  Rabbits: Sonata (For Singing Pig) The Norman Haines Band.

Ouvrez la porte ! Exige M.d’Amato.

La porte en fer se lève, on entend des grincements de roue :  l’appétit féroce s’approche.

Entre alors, sur un tricycle géant, un Ogre qui tire une Lamie dans une remorque.

L’Ogre est une épouvantable boule de poils bleue. Un mastodonte au crâne chauve et blanc.

Sa blonde barbe hirsute descend jusqu’à sa nuque, laissant ressortir d’énormes dents blanches qui semblent aussi solides que la diamantine.

Il observe la bande en lâchant un filet de bave.

La Lamie est assise, la tête baissée. Ses longs cheveux blonds couvrent son visage, mais pas sa queue de serpent verte tachetée de noir, enroulée dans la remorque.

La bande cherche à canaliser sa peur, mais commence ¨à faire dans leur froc.¨

-Chérie regarde un peu ces petits gugusses, dit l’Ogre.

La Lamie jette sa blonde chevelure en arrière pour les voir, à leur grand désespoir.

-Miam ! Des petits Sugus ! dit-t-elle en les fixant d’un regard blanc.

La stupeur, en la découvrant, leur glace le sang. Ses yeux possèdent un éclat diamantin et sa bouche, ma parole, est similaire à la lamproie, avec une langue fourchue qui leur met les foies.

L’Ogre pattu descend du vélo et hurle 

-PETITS !

-Nous ne sommes pas petits ! rétorque Randy.

-C’est vrai nous sommes de taille moyenne, ajoute Tommy.

PETITS! Répète l’Ogre.

-Vous faites chier ! s’écrie Georges en rangeant sa bouffarde. 

Il fonce vers le tricycle géant en ramassant le sabre. Il l’utilise comme troisième jambe pour l’aider à pédaler : il fait avancer le tricycle et, en même temps, tire la remorque où est installée la Lamie. 

 -Touche pas mon vélo, c’est le mien ! Hurle l’Ogre en se lançant à sa poursuite.

Randy en profite pour sauter sur l’une de ses grosses pattes. La manœuvre de Georges empêche la Lamie de s’enfuir de son char.

L’Ogre s’écroule au sol et le choc lui offre une luxation de la rotule.

Il hurle, et éclabousse sa bave sur le visage de Georges.

-Excellent ! Mais n’oubliez pas qu’il ne faut pas sortir du périmètre ! gueule d’Amato.

Georges répond avec adresse : il se dirige devant la porte et s’éjecte du vélo qui file à toute vitesse vers la sortie. 

La Lamie s’affole en hurlant a son Ogre :  – Fait quelque chose, Chéri !

Il se relève et va chercher sa femme. Il revient chancelant, sa duchesse dans les bras.

-Ce n’est pas une façon de faire ! Crie-t-il.

-Ridicule ! Continuez comme ça ! Encourage d’Amato. 

C’est au tour de Tommy de faire ses preuves .D’un bond, il exécute un salto arrière  pour atterrir sur le dos du monstre, et lui frotte le crâne avec son poing expérimenté de kung-fu.

L’Ogre lâche sa femme, cherchant à décoller cette nouvelle perruque qui le démange atrocement.

Randy en profite pour attraper le bout de la queue de la Lamie, il la tire et la soulève, elle décolle, Randy l’invite au bal. Ensemble ils tournent en rond. 

-On ne danse pas avec ma femme ! Hurle l’Ogre qui cherche désespérément à arracher Tommy de son crâne.

Tommy parvient à lui enfoncer ses pouces dans ses yeux.

L’Ogre arrache Tommy et l’envoie dans le décor. 

Mo profite de la situation et saute les pieds en avant, contre le dos de l’Ogre. Ce qui le pousse bancale vers sa femme. Le couple se fracasse, l’un contre l’autre.

 M. d’Amato est ébloui par ces techniques absurdes, il aurait volontiers accordé le Ippon sur cette dernière attaque, mais il n’en dit rien : il veut savourer le combat jusqu’à la fin.

Mo prend le sabre des mains de Georges et lui dit : -ce n’est pas comme ça qu’on utilise un sabre, si jamais.

Je vais te montrer, dit-elle d’un sourire fatal.

Elle profite de l’estourbir pour sabrer sa barbe et ses affreux poils, puis c’est au tour de dame Lamie. Pour elle, une nouvelle coiffe est nécessaire juge Mo.

Lui se retrouve tout blanc et elle, tondue comme un mouton.

À leur réveil ils sont horrifiés mutuellement et s’enfuient d’eux-mêmes du dojo.

La victoire est remportée par notre fine équipe !

-Formidable ! D’Amato est sous le charme. Qu’on leur apporte l’hommage martial et refermez cette porte.

Les écumeurs apportent le bouquet de rotang sous les acclamations. 

La bande fait une révérence et porte glorieusement le trophée. 

D’Amato s’approche de la bande – vous vous en êtes très bien sortis, les jeunes. 

— Merci, disent nos combattants, encore pris par l’adrénaline de l’effroi.

— Mo, ton talent pour le sabre est épatant. Je dois bien l’admettre, les autres confirment.

-J’ai pratiqué le kendo plus jeune, j’ai quelques restes. Répond-elle, mais je dois reconnaître que cette île est surprenante !

-C’est vrai, vous avez un équipage bien étrange sur votre plage, dit Randy. Cette promiscuité dure depuis longtemps? 

-Oui, depuis l’arrivée des forbans . Réponds d’Amato. 

-Bon. Et que pensez-vous de jouer un petit morceau? Histoire de nous détendre et redescendre de nos émotions, propose Tommy.

C’est vrai, les musicos, offrez un hommage musical pour l’océan, demande M.d’Amato.

La bande est partante, reste à savoir quel titre.

Tommy propose d’inclure une dédicace à M.d’Amato en jouant : Rabbits : Skidpatch de The Norman Haines Band.

D’Amato apprécie l’idée, mais Mo se fâche, – et moi alors ? Je fais comment sans batterie !

-Nous avons construit une batterie avec les moyens du bord, ça peut être une solution pour ce titre, propose d’Amato.

Tu entends ça, Mo ! Alors en piste, lance Tommy.

Dès les premières notes, les athlètes profitent de l’occasion pour étirer leur santé au maximum en pratiquant leur art favori, face à l’océan.

D’Amato se colle au groupe, en jouant de l’air guitare. 

Mo frappe sur une caisse en calebasses et en bambou, la peau des tambours est en fibres de palmier très serrées.

Randy allume le feu et la fumée ressort par la flûte de Georges.

Ils fêtent cette victoire en bonne entente, mais Tommy, a une mauvaise intuition en regardant les poils bleus, s’envoler dans l’océan.

Son instinct lui fait ressentir que ce combat ne va pas se finir si facilement…

Après l’hommage le coach propose d’aller sur la seconde île, afin de se requinquer.

Ce n’est pas une mauvaise idée, manger est la meilleure solution pour tenir la cadence, dans ce monde où le jour dure une éternité.

Très bien, que tous ceux qui souhaitent manger nous suivent, balance M.d’Amato. 

Grand sourire, les athlètes embarquent avec la bande sur les kayaks et filent en direction de l’île du Maître Queux.

Les sportifs se donnent à fond, ils glissent à vive allure, en chantant – c’est à bâbord qu’on chante le plus fort !

Les pagaies claquent dans les vagues, en s’approchant de l’île. 

-C’est bien, tenez le rythme et je vous offre le repas ! Encourage d’Amato.

Pendant que les athlètes déchirent le chrono, Tommy, lui, entend une mélodie.

-Vous entendez? demande-t-il.

-Oui cette nature est merveilleuse, répond Mo.

-Non, la musique. Vous entendez?

Ils tendent l’oreille, mais n’entendent rien.

C’est ton ventre qui chante de faim, blague Randy.

-Silence, écoute. On dirait qu’une musique sonne dans l’eau. Insiste Tommy.

Les poissons oseraient-t-ils, faire une fête sans nous ? S’indigne Randy.

-Oui, peut-être, mais nous sommes invités, répond Tommy, c’est un appel. L’océan veut qu’on le rejoigne.

— Je n’entends rien, confirme Georges.

-Ça y’est, je reconnais le titre, dit Tommy. C’est : Sanctuary de Paul Sutin et Steve Howe  

Le berceau des îles Cordis se trouve dans ses profondeurs. C’est ça qu’elle dit.

-Elle? dit M.d’Amato d’un sourire.

Les sportifs font mine de rien, mais Tommy n’est pas dupe,M. d’Amato et les autres, lui cachent quelque chose, il en est certain.

Les kayaks se faufilent dans les mangroves. L’accès au petit port est difficile; D’Amato les guide vers ce restaurant réservé aux connaisseurs.

L’accueil se fait entendre sur : Take The Long Way Home de Supertramp.

Au port de l’île, il est facile de se laisser sustenter.

Le fraîchin leur monte au nez, et leurs ventres commencent à creuser.

Que vont-ils trouver comme trésor dans ce restaurant qui fait aussi office de minque?

L’endroit est remarquablement grand et vivant; c’est un repère où commerçants, restaurateurs et hôteliers se partagent le confort des navigateurs.

Les commerçants vendent les commandes du restaurant, les hommes du large viennent prendre des vacances, et se laissent vivifier docilement, portés par l’extravagance des poissons et crustacés.

Le restaurant est conduit par des dizaines d’enfants;  ils honorent le pompon qu’ils portent sur la tête, comme des grands.

Le régiment d’athlètes se met à table.

De petits choux viennent prendre les commandes.

Elles explosent dans tous les sens. – Attendez, exige M. d’Amato.

  • Salut les petits choux, les Tarzans ne sont pas là ?

– Pas pour l’instant.

– Dommage j’aimerai leur présenter nos nouveaux voyageurs, explique d’Amato.

– Ce que nous pouvons vous proposer en attendant, c’est la fraicheur des produits du marché situé à un mur de nous.

– Oui, vas-y, fais-nous rêver moussaillon c’est ma tournée ! répond d’Amato.

-Au menu, notre Maître Queux propose : un tarama en entrée et des scampis servis avec des frites.

-Ça vous va? Demande M.d’Amato

– Attendez, il y a plusieurs menus reprend l’enfant. Nous avons aussi de la quenelle de pagre en entrée et un mafé de muge.

Ou des tranches de koulibiac avec une escabèche de rascasse, ainsi que des poutargues et une darne de mérou.

– Est-ce possible d’avoir une salade avec des rougets de roche? Demande d’Amato.

-Il n’y en a plus, je peux mettre du vairon à la place?

-Corbleu non! Qu’as-tu d’autre moussaillon ?

-De la sciène?

-Bah voilà, tu vois quand tu veux !

Les p’tits choux foncent en cuisine, crient les commandes, les queux flambent les casseroles et lancent les assiettes aux mômes.

Ils reviennent avec des raviers et des tians dans les mains, plein d’eau spitante pour nos athlètes, et une lichette de cordial. 

– Ce n’est pas un resto, ce sont les JO culinaires! S’écrie Randy.

– C’est vrai, nourrir des sportifs, c’est une rude épreuve ! répond le coach.

-Avec ça on va avoir une monstre pêche, dit Tommy.

– Merci pour cette franche nippée, dit Georges en attaquant les plats.

Un Silence de fond marin se glisse entre les mâchées de la tablée.

-Vous parliez des Tarzans tout à l’heure, qui sont-ils exactement? demande Mo.

-Ce sont les plus grands écumeurs de cet Océan, dit d’Amato, ils défendent les îles Cordis des forbans.

La discussion de d’Amato est coupée, par l’entrée magistrale du Maître Queux dans la salle.

Il mesure au moins deux mètres vingt, avec la toque peut être deux mètres septante. Il porte une longue moustache blanche, il s’avance vers la bande et l’on entend résonner ses longs couteaux rangés à sa ceinture. Il s’arrête et les observe avec de profonds yeux bleus.

-Alors, on s’est régalés les enfants ?

-Ce fut incroyable, chapeau Maître. Dit M. D’Amato.

-Ça change de la nourriture des forbans, ça, c’est sûr ! 

Saviez-vous que l’alimentation des poissons avec des rations à base d’huile de plante réduit considérablement la quantité d’oméga-3 dans leur chair?

La vie sait punir ceux qui la hantent ! Sans parler de l’élevage d’espèces carnivores qui engendre une perte nette de protéines, mais rassurez-vous, car ici, les poissons, on leur roule des galoches, tellement qu’on les aimes ! Ahahaha ! 

Le rire du Maître Queux résonne jusqu’au-dehors. 

-Ça recommence, dit Tommy. 

Qu’est-ce qui recommence? Demande Mo.

Les Échos de l’Océan nous appellent, écoutez !

M.d’Amato fait un grand sourire. – Tommy, tu me prouves que tu as acquis l’enseignement par le silence des vagues.

Je peux l’admettre, maintenant que vous avez pris des forces. Allez-y, vous n’avez pas le temps de vous dorer la pilule, je m’occupe de la note. Pour vous, il est l’heure de plonger !  

Le Maître Queux s’écarte et laisse passer les voyageurs. Revenez nous voir quand vous aurez découvert la vraie nature des îles Cordis ! 

-Merci ! La bande court sur le sable et plonge dans la calanque en suivant Tommy.

Ils s’aventurent dans les profondeurs de l’eau cristalline, les rayons de soleil traversent les myriades de petites bulles. 

Tommy fait signe aux autres et semble suivre une tortue qui les entraîne dans une galerie immergée.

-La digestion n’a pas commencé, mais ce plongeon, ne doit pas durer trop longtemps, pense Georges, la bouffarde aux lèvres.

-Randy se fait la même réflexion; en songeant à sa guitare.

Dans la galerie, ils entendent alors : Going My Way de Aqua. Cette fois, toute la bande l’entend. Ils nagent précipitamment, en espérant y trouver une lumière.

Ils en ressortent à l’intérieur d’une grotte. Il y a du corail rouge qui s’étend au plafond et sur les parois, il y a des gravures.

-C’est de l’art pariétal constate Georges en essuyant sa bouffarde.

Vous ne trouvez pas que cette image ressemble à la pochette du disque de Pluto? Analyse Tommy.

Si en effet, c’est exactement ça, répond Randy après avoir contrôlé l’étanchéité de son étui. 

— Vous avez déjà écouté leur titre : Mister Westwood ? Demande Tommy

— Ouais bien sûr, c’est vieux, dit Georges.

— Oui mais c’était bien, affirme Tommy.

— Les gars venez voir celui-ci, demande Mo.

C’est un vieux couple, rayonnant d’un amour éternel. 

— L’interprétation de ce dessin laisse croire, que l’homme et la femme réunis sont à l’image même de Dieu. Vivre un amour, c’est se rapprocher de Dieu, chaque année un peu plus, conclut Tommy. 

— C’est exactement l’idée, murmure Mo.

— Ouah, c’est fascinant, admet la bande.

—  Nous sommes dans un sanctuaire, comprend Tommy, en contemplant tout autour de lui. Vous avez vu celui-ci?

— C’est la déesse Diane, on la reconnaît grâce à son arc et ses flèches rangées dans son carquois, explique Mo.

— Elle pointe sa flèche en direction de cette porte…

Randy cherche à l’ouvrir.

— Elle est verrouillée Randy, ça ne sert à rien de tirer dessus comme ça, dit Mo.

— Je veux savoir ce qui se cache derrière, répond Randy.

— Un message se cache dans ces fresques, reste à comprendre ce qui les lie, dit Georges analytique. 

— L’océan nous a guidés jusqu’ici, c’est à lui de nous expliquer comment faire pour entrer, répond Tommy.

Georges cherche un indice sur les murs pendant que Tommy ouvre grand ses oreilles. Le raisonnement de Georges ne le conduit à rien; il n’en a aucune idée.

La méditation de Tommy le conduit à une mélodie; il connait la chanson, mais a du mal à la situer. Il fait le vide autour de lui et se concentre uniquement sur le langage de l’océan.

— Ça y’est, je la tiens!  je l’entends parfaitement, c’est:  I’ve No Idea de Beggars Opera. 

Randy sort sa guitare, Georges sa flûte, Mo improvise le rythme sur les coraux et ils balancent tous ensemble leur interprétation.

La porte s’ébranle et s’ouvre en coulissant vers le haut.

Ils se regardent, heureux, terminent le titre et entrent. 

A l’entrée une fontaine jaillit de l’eau cristalline, aux abords sont planté des oliviers et des genêts a balais, ils entendent : For Someone Special The Doobie Brothers, derrière les applaudissements qui retentissent dans la grotte thermale.

La bande s’avance dans ce lieu de détente et y rencontre des femmes, des filles, ainsi qu’une ribambelle d’enfants. 

Georges en perd sa bouffarde.

Randy jette un œil sur la réaction de Mo, elle semble très surprise par ce qu’elle voit.

— Non, mais je rêve, nous sommes entrés dans une nymphée, admire Mo. Les nymphes s’approche d’elle et l’invitent à les suivre. Mo les suit.

Quant à Tommy, il est déjà pris d’assaut par les enfants qui veulent jouer avec lui. Il se laisse embarquer et devient très vite; Tonton Tommy.

— Tu viens voir notre piscine? Lui demandent les enfants.

Tommy les suit dans une autre salle, ils entrent à la pataugeoire des puttos. 

Les mignonnets au pied menu si doux, l’accueillent d’un sourire. Leurs minois innocents aux quenottes absentes sont tout à fait adorables, pense Tommy en zigzagant entre les berceaux, tirés par les enfants, qui le mènent vers la piscine.               

Là il y retrouve les rejetons, les chiards et les indociles. Ceux qui font la moue aux prêtresses de Diane et aux vioques, comme ils disent. 

Mais quand s’avancent les surveillantes, bon Dieu qu’ils deviennent sages.

— Les lèvres corallines, ça les rend dociles à tous les âges, pense Tommy.

Trousse et bouée de secours en cas de pépin. Sifflet autour du cou, jumelle en main. Le regard vif, elles sont prêtes à porter secours aux petits athlètes. 

Dans leur maillot de bain, elles surveillent les jeux que mènent les gamins.

Dans la piscine ça joue aux pirates, sur leur barque ce sont de vrais petits rameurs, qui s’en vont sauver la petite sirène en pleures, car ligotée par de méchants chasseurs.

Les sauveurs les affrontent en manchon, armés de frites piscine. La bataille contre la marine, c’est courageux et difficile.

Un plongeoir pour les plus téméraires, et ceux qui préfèrent la terre à la mer, rivalisent dans des lancées de cartes, et leurs joyaux sont des Jojo’s rangés dans le sac.

Tommy ne peut pas résister, et se lance avec eux dans ces jeux. (de cartes .)

En attendant, Randy relate les exploits du Ranch, aux filles qui viennent l’entendre.

Il prétend avoir sauvé Tommy de la jungle et de lui avoir permis de gagner la course au Ranch.

Georges tire sur sa bouffarde excessivement, et devient rouge comme une tomate, lorsqu’une nymphe, qui ressemble comme deux gouttes d’eau a une Levantine, lui fait un grand sourire.

-Quelle beauté sublime, pense Georges en rongeant le bec de sa pipe. Puis il se décide, et s’avance, en y mettant tout son courage.

Mo, en attendant, se baigne paisible avec les filles dans un bain de jouvence – peux-tu me passer la saponaire stp? Ah, les filles, je vous adore, la nymphée est une prouesse féminine parfaitement divine.

Des cris raisonnent dans la nymphée, c’est une jeune nymphe de seize ans qui commence à avoir des contractions régulières.

— Le vrai travail a commencé, disent les balles rondes flottantes en chœur.

— A-t-elle perdu les eaux? Demande Carla 

— Sans doute qu’on nage dedans, répondent-elles sans peur.

—  Et bien sortez !

—  C’est notre amie y a aucun souci.

—  Et bien sortez la quand même des thermes, et aider l’a marcher en salle d’accouchement !

— Appelle les pinces a linge pour ça ,répondent-elles, nous, on doit éviter les bousculement. 

— Mais par contre, on vient assister à l’accouchement. 

Tommy et le reste de la bande se rassemble. Ont les invites à voir la scène, ils s’avancent discrètement.

— Les filles remplissez et chauffer a 36 degrés la baignoire, et n’oublier pas c’est une primipare, donnez lui une bonne dose de spartéine.

— Okay, Marine, ça va? Demande Carla la sage femme.

— Oui ça va. Dis la jeune nymphe.

— Très bien, les filles donner moi les roses trémières.

– Tu vas sentir ce bouquet à fond pour te détendre. 

–  – Okay !

– On va te mettre Sweet O’Child des Guns n’ Roses pour t’aider, ça va aller, ma jolie, tu verras.

– La nymphette s’étend dans l’eau chaude, ces contractions diminuent, les nymphes augmentent le volume de la stéréo.

Les femmes enceintes se rassemblent dans la salle, dans leur maillot de bain une pièce, afin d’offrir à leur jeune copine : La chorégraphie de la Vie.

Avant-bras gauche plié, poing serré.Le bras droit tendu. Légèrement inclinés vers leurs ***, poings serrés. 

Des coups de hanches de gauche à droite pour l’épate, avec un roulement d’épaule, puis quand la mécanique est chaude, défont leurs chignons en jetant leurs crinières qui suivent l’élan. 

Nos fortes danseuses chaloupe en s’avançant. Joueuse, elles caressent avec leurs cheveux, le ventre de la future maman. Qui se met finalement à rigoler en les voyants.

 La parturiente se détend le nez dans les fleurs, le nombril au chaud. 

Sur ses lèvres, on lit comme un bonheur, mais cela n’aura pas duré. 

Cette fois le travail va l’exténuer. 

Les contractions s’empilent l’une derrière elle, elle s’accroche aux poignées, pousse à fond.

Ces lèvres bougent comme celles d’un poisson.

— Okay les filles, mettez : Victory Or Die de Motorhead à donf ! Dit Carla.

La musique résonne dans toute la grotte. Carla s’avance et procède à la protection périnéale, l’obstétricienne s’écrie :

— Je vois la tête, allez ma belle, sortez ce bébé ! Poussez, poussez !

La jeune nymphe à des yeux globuleux, et le visage cramoisi en hurlant à mort.

 Elle hurle, elle hurle encore en poussant.                                                                                        

Son visage, ainsi que son corps devient noir et blanc, elle s’avance en tirant sur les poignées, c’est alors qu’elle se transforme en Orque, le temps d’un instant, et plock ! Le nouveau-né apparait recouvert de vernix caseosa. Il se met à vagir. 

— C’est un garçon ! Dit Carla. 

 Mo témoin de tout ça, reste estomaquée. — Nullipare à jamais ! réagit-elle.

 Carla coupe le cordon ombilical ,et célèbre l’enfant.

Tous félicitent la nouvelle maman qui redescend de cette transformation.

Carla dépose le nouveau-né sur le pèse-bébé.  — 3,33 kilos. Bravo, c’est un beau filet !

— Comment vas-tu l’appeler ? 

— Merlin, ce petit sera l’enchanteur de l’Océan, dit la mère avant de bercer son fils en chantant : Blue Museum de Arthur.

Ils sont tous très touchés par ce moment émouvant, particulièrement Tommy, qui décide d’offrir un cadeau pour la naissance de Merlin.

Il s’approche de la mère, et lui tend son avant-dernière smaragdite. 

— Si c’est un enchanteur, j’aimerais lui offrir cette pierre.

—C’est très gentil, répond la jeune fille.

Débarque dans la nymphée, par un couloir jusque-là inconnu, une naïade armée de sabres, vêtue d’un manteau et d’un chapeau de pirate.

— Que font ces hommes dans la nymphée? demande-t-elle 

— Rassure-toi, ils sont de notre côté. Nous pensons qu’ils sont les Big Bisous, répond une nymphe.

La naïade s’approche de la bande. Elle visionne cette possibilité, mais s’y attarde qu’une seconde, avant de réfuter cette idée. 

— Messieurs, vous devez quitter la nymphée, c’est un lieu réservé à la gent féminine et aux enfants. Mademoiselle, si vous souhaitez rester, vous le pouvez.

 Mo hésite longuement, mais finalement décide de suivre Tommy, Randy et Georges vers la sortie.

— Attendez ! Ce n’est pas un hasard si vous êtes ici. Nous vous avons appelé, signale une nymphe.

— C’est vous la bouteille à la mer? demande Tommy 

— Cette bouteille a navigué aussi longtemps que les Tarzans. Mais vous. Vous l’avez prise !

En fait, toutes les épreuves ont été passées.., la preuve. Vous êtes ici avec nous !

Vous êtes la bande qu’on attend depuis longtemps…Vous êtes les Big Bisous !

Ça fait rire Tommy, Randy pas vraiment, Georges on sait pas, et Mo trouve ce nom de groupe si ridicule que dans le fond, elle l’apprécie. 

— Soit, dit la naïade. Qu’ils le prouvent.

Elle se tourne en direction de la bande. — Prouvez-moi que vous n’êtes pas des imposteurs !

Au vu de la naissance, la bande propose de marquer le coup sur : Alien de Atlanta Ryhthm Section.

Mais la naïade veut quelque chose de plus mystique, elle veut que la bande se donne sur : Electric Blue de The Cranberries. 

— Si vous parvenez à me convaincre, je vous livrerai aux pays des écumeurs. Vous avez quatre minutes 51, à vous !

La bande ferme les yeux et se concentre.

L’ambiance se pose dès les premières notes.

Tommy se met à chanter.

Les enfants s’arrêtent de jouer, les balles rondes stoppent la danse. Les filles s’arrêtent de rire. Tous écoutent.

La naïade pensait les piéger avec cette chanson, mais c’est elle qui se fait prendre, d’un coup de frisson.

Ça s’électrise et au moment du refrain, ça explose ! Toute la nymphée se met à sauter dans tous les sens, certains sautent du plongeoir, font des bombes, des cassés, ils s’éclaboussent dans la flotte, balancent l’éclat humide sur le devant de la scène.

La naïade enlève son chapeau, ses yeux se mettent à couler des larmes, — l’espoir serait-il vrai?

Les Big Bisous auraient-ils enfin trouvé leur formation? Seraient-ils bientôt, ces guerriers du soleil tant recherchés?

La musique redescend lentement, tout comme les émotions des nymphes et de la naïade.

Elle a envie d’y croire, elle est prête à dire oui. Mais quelque chose la retient, sa peur l’en empêche, mais elle ne peut dire non. Après cette interprétation.

Elle est d’accord, elle va les entraîner aux pays des écumeurs.

— Alors !? sourient les nymphes.

— Je reconnais qu’ils sont doués, répond la Naïade. Bon. Eh bien suivez-moi, je vous y emmène.

La bande salue la nymphée avec élégance, et suit la naïade dans ce passage mystérieux.

De petites étincelles brillent dans les yeux de Georges en croisant une dernière fois, le regard étoilé de sa Levantine.

Les autres sont vus, comme des Rockstars.    

Nos amis ressortent de la nymphée sous un ciel bleu qui leur semble immense. Éclate : Die For Metal de Manowar, sur l’étendues océanes.

Sous le vélum, des hommes offrent un concert à ceux qui réparent les moteurs, aiguisent les sabres, ramendent les filets, s’occupent de l’alimentation du feu.

Certains se reposent, fument posés devant les radieux haut-parleurs.

Ils portent de grands panamas et sous leurs chapeaux, on y voit des muscles cordés. Leurs torses abondent de tatouages violets, sous les gilets et pantalons de cuir.

— C’est eux les Tarzans, affirme la naïade. La bande admire la puissance qui se reflète chez ses athlètes. 

Ce sont des guerriers du soleil confirmés par les aventures en mer. La résistance est au top de sa forme, sans parler de leurs bolides de haute vitesse.

Certains accostent, une bachotte dans le dos. Et déposent les poissons sur le feu.

Randy explose de joie, le pays des Écumeurs est tout simplement un paradis terrestre.

Georges et Tommy se sentent un peu petits là au milieu, Mo à deux grands soleils dans les yeux.

C’est l’île du hard mécanique, la troisième, celle qui défend l’archipel.

Ces Guerriers du Soleil sont : Les Tarzans & Les Naïades, amoureusement liés aux combats qui les entourent.

Les Forbans sont une puissance riche et efficace. La menace est-elle, qu’elle emploie, radicalement l’exploitation de la plage cherchant à tout obtenir. Mais les Offshores des Tarzans et l’ingénu des Naïades, sont une force que nulle puissance ne peut battre.

Le pouvoir du Hard Rock tient les chocs et les fait grandir.

— S’agrandir après l’arrivée des Ogres et des Lamies a été un combat de taille. Mais les vrais monstres sont ceux qui nous ont délogés de notre plage.

À présent, ils veulent aussi les îles Cordis. Mais nous ne cèderons pas. Pas maintenant que nous rayonnons de bonheur. Nous ne laisserons pas la grisaille salir notre sable, nous dit la Naïade.

— Mais… Que pouvons-nous faire … ? demande Tommy.

— Vous pouvez aller à Rock 2000, si vraiment vous voulez nous aider. Nous on ne peux pas quitter les îles, entre les forbans, les ogres et les lamies ont n’est bien occupés. 

Mais vous, les Big Bisous. Si vous poursuivez le chemin jusqu’au chapitre de Rock 2000… Nous aurions une once d’espoir, dans l’avenir de cet océan.

— Rock 2000 vous dites..? dit Tommy en imaginant pleins de choses.

— C’est loin d’ici? demande Georges.

— C’est très loin d’ici. Je ne dis pas cela pour vous chasser, mais le noyau du problème se situe dans la ville de Rock 2000.

— Nous n’avions pas l’intention de terminer si vite ce voyage, pas vrai la bande? demande Tommy.

— Oui le voyage ça maintient la forme, reconnait Mo.

— Randy t’es ok — Ouais Ok — Georges? — Oui, oui.

— Bon c’est d’accord alors, les Big Bisous feront le nécessaire pour vous aider à protéger la biodiversité de cet océan, du mieux que l’on pourra.

La naïade accompagne la bande sous le vélum. Elle annonce leurs arrivées en les proclamant comme l’un des leurs. 

Les Guerriers du Soleil viennent les empoigner, les naïades les accueillent en jouant Hard 16 (Rev It Up) de Vixen.

 Les mecs les encouragent et sifflent l’excellente performance des naïades avant de s’éloigner, appâtés par l’odeur des moteurs. Ils s’avancent vers le coin mécanique de la plage.

Mo, en profite pour monter sur scène. Elle s’installe ,sort ses baguettes, elle est prête à tout fracasser sur sa batterie. 

Elles jouent : kiss Of Death de Warlock, avec les filles.   

Les autres font la connaissance de M.André Larue.

C’est le mécanicien des offshores, mais surtout un ancien champion de distance. Son record est de 3182km en 24 heures.

son endurance est une perle pour la résistance.

Il présente ces bijoux : les 50 Marauder GTS jaune et noires, les Mercedes Cigarette Racing 515 Project One, et enfin, ces Ducati Cigarette Racing Team 42X Rouge et blanc  

— C’est un truc de fou !! Gueule Randy en s’arrachant les cheveux.

— Je comprends votre réaction, ces bolides sont de vrais Marauder Transocéanique.                 

— À combien file ces engins ? demande Randy.

— Les moteurs du Mercedes, montent à 121 nœuds.

— Ça fait 225 km/h ! compte Randy. Nous pourrions filer en vitesse vers Rock 2000 avec cet engin ! 

— C’est vrai sans doute, répond M.Larue, mais la défense est notre seule priorité. Nous ne pouvons pas nous permettre d’abandonner l’une de nos meilleures armes.

— Oui, évidemment, comprend Randy.

— Bref, venez-je vais vous montrer mon travail. Tous ces beaux bolides, je les démonte pour en faire des hybrides.

Le Ducati 42X s’offre le moteur du Project One. Ainsi, je combine confort musical et puissance. En prime nous ajoutons une guibre avec l’aide des Tarzans.

— Une guibre? demande Tommy.

— Oui on l’utilise pour perçez la coque des bateaux. Nous installons des rostres de Marlin, que l’on fait couler dans l’acier damas et le platine.

 En fait, on fait un angle de dépouille sur la pointe et on ajoute des fils de platine affleurant avant de couler l’acier damas pour êtres plus clair.

La bande contemple sans poser d’autres questions.

— Alors, comme ça, vous prétendez être les Big Bisous? demande un Tarzan fraîchement débarqué.

Il fait un grand sourire avec des yeux curieux. Scrutant leurs réactions.

Randy se cache de honte derrière un offshore, Georges a comme seule réaction; tirer sur sa bouffarde. Et Tommy répond —  Ouais c’est bien nous !

—Ah voilà. Alors, venez nous faire écouter, avant de fouiner près de nos bateaux.

Tommy, Randy, et Georges retrouvent Mo vers la scène.

Les Tarzan prennent leurs instruments, invites leurs musiciennes sur scène et le chanteur dit : 

— On vous montre d’abord allez débarassez le plancher.

Les Tarzans et les Naïades se mettent en place,  est démarre: Technical Difficulties de Racer X .

L’océan s’agite, le vent se lève. Ils enchainent le morceau sur une virtuosité exceptionnelle. Éblouit par la performance, la bande rejoint le public pour faire du «  headbang. « 

 C’est un Océan de chevelure qui s’unit sous le vélum et fait vibrer le feu, devenu instantanément bleu.

Un tonnerre d’applaudissements retentit à la fin du titre !

— Alors! Les Big Bisous, qu’avez-vous à nous donner en retour?

— Un piano ! Gueule Georges.

— Quoi? dit le Tarzan.

 — Tu joues du piano?  demande Tommy, tu ne nous as rien dit durant tout ce temps !

— Jamais eu l’occasion… dis Georges en se craquant les doigts 

— Que veux-tu jouer, Georges? Un petit Boogie? demande Tommy.

Georges se lance, — c’est parti !  Le piano commence : Boogie With Stu de Led Zeppelin, Tommy l’accompagne, Randy s’occupe du show, et la belle Mo suit le tempo.

Les naïades se regardent, les Tarzans trouvent cela marrant, et c’est bon, la danse continue et le feu redeviens jaune et rouge.

— Très bien, je reconnais qu’il y a un certain style. Venez avec nous en mer, on va se faire une partie de pêche.

— Quoi vous allez conduire ces engins? demande Mo à la bande.

— Non c’est hors de question, les Big Bisous ne toucherons pas aux commandes de nos navires de guerre. 

— Et vous les Naïades? les Tarzans vous laissent-t-ils le droit? demande toujours Mo.

En tant que Naïades nous ne pouvons pas allez dans l’océan. Nous sommes des cueilleuses et nous aimons l’eau douce, d’ailleurs Mo, voudrais-tu venir avec nous? En attendant que les hommes partent à la pêche, ont pourrait te faire visiter le coin.

— On fait comme ça les gars? demande Mo. Les gars? LES GARS ! — Oui répondent-ils depuis le coin mécanique.

Une naïade s’approche d’un Tarzan, — n’oublie pas ton Oreille de mer, on ne sait jamais.

Le Tarzan l’écoute, lui fait un bec et lui dit : — A tout de suite.

Les Rémora viennent embrassez les bateaux posé au dessus des sabelles qui dansent dans le sable.

Les hommes font vrombir les moteurs, en faisant des signes aux Naïades et à Mo, avant de partir face aux vents.

Les Labres colorent vivement les côtes rocheuse, des notes flûtées viennent agrémenté le bruit des moteurs. c’est le chant des pygargues qui survole les offshores.

Le Départ se fait sur : March Of The Crabs de Anvil. 

La vélocité déchire l’océan, et laisse derrière elle, une houache qui cicatrise rapidement, les Tarzans montent le son, la sono est renversante ! 

ls partent a tribord, les Exocets volent à coté d’eux sur aux moins 200 mètres puis l’un des Tarzans fait signent et ils s’arrêtent.         

Un Tarzan sort d’une malle des panamas pour nos trois moussaillon de l’océan.

 — évitons les insolations, dit le Tarzan.

— L’océan c’est la plaisance c’est le pied ! s’exclame un brave homme, en remontant sur son bateau après avoir entendu le chant des sirères. Tommy aperçois sur son bras, le petit prince tatoué en violet.

— Je vous conseille de vivre cette expérience ! Dit le brave homme.

Les Tarzans leurs proposent de sauter à l’eau.

Ils sautent.

Des Daurades au reflet doré et argenté nagent dans le chant des sirènes, ils ne les aperçoivent pas, mais leurs voix sont délicieuse. Elles chante une musique étrange c’est : Velvet Rain de Crabs.

Les rhizostomes viennent orchestré ce spectacle. En profondeur il y rayonne dans le sable, des zircons gardée par les vives.

Ils remontent à bord des Offshores, les poches vide.

Puis les Tarzans remettent les gaz a fond ! Le nez du rostre fend les vagues jusqu’au large. 

— Que c’est immense. Dit Tommy.

— Oui c’est vrai, ont dirait que ce monde n’a pas de limite, répond Georges. 

Il y a pourtant belle et bien des limites, des frontières entre chaque chapitre. Et elles sont difficile à franchir. Vouloir atteindre Rock 2000 c’est pas donner à tout le monde.

— Emmener-nous avec ces engins, ce sera plus facile, tente Randy.

— L’idée serait bonne, si il y’avait des stations. Mais pour le coup, vous n’aurez plus de carburant très rapidement, et puis surtout il ne faut pas se perdre.

Le mieux c’est d y aller par la route, croyez-moi, mais pour cela vous allez devoir trouver une carte, qui détaille toute la map des 24h du Rock.

— Où se cache une telle carte!? demande Tommy.

— Quelques part, dans ses vents, où peut être…Planquée dans un tiroir à l’affût de la bonne occasion, va savoir! Moi je suis un Tarzan pas un voyageur. 

Les Tarzans s’arrêtent.

—  ça  y’es nous y sommes.Passons aux chose sérieuse. Vous êtes des durs à cuire les gars?

Pour affronter ce monde va falloir vous forger un mental en Rock. Vous êtes avertis. 

Etes-vous prêt pour une partie de pêche avec des Tarzans? Réfléchissez bien..

— Ouais nous le sommes, disent la bande emballée.

Vous avez qu’une parole? — Ouais ont a qu’une parole répète la bande.

Que pensez-vous d’une pêche sportive hauturière contre un Marlin? dit-il, un fil de cire dans la main, un appât dans l’autre.

— Pour eux c’est complètement nouveau, mais ils sont prêts. En se soutenant.

Le Tarzan monte en bridage un hameçon qui brille librement sous le soleil. C’est un : Gamakatsu Nautilus, fixé à un mètre de son demi-Thon.   

Le ferrage du Marlin ne va pas tarder, dit-il en lançant le fil du long bas de ligne.

La mise à l’eau se fait progressivement, à la traine pendant que les écumeurs passent Coast To Coast de Scorpions.

—  Je ne connais rien aux voyages mais je sais une chose, c’est pratiquer la pêche sportive hauturière, dit-il.

Ce salir les mains, c’est se rendre compte. C’est reconnaitre la valeur de la vie et admettre que la mort n’est pas anodine.

Vos mains en sang seront votre enseignement.

Un Marlin bleu ne tarde pas à mordre à l’hameçon.

 Une fois piquer, le Tarzan laisse la bobine libre. Le marlin retourne son appât dans sa gueule d’un geste sec.

Le Tarzan évite de donné de grand coup de canne à l’arrière, il attend le bon moment, puis il enclenche progressivement le frein et mouline à fond pour récupérer le mou, la tension du fil est parfaite, l’hameçon se glisse au fond de sa gorge jusqu’au coin de sa mâchoire, il se plante tout seul, l’auto-ferrage se fait bien dans la commissure des lèvres . Le Marlin est maintenant guidé latéralement, ce qui permet aux Tarzan de mieux diriger le Offshore Cigarette pendant le combat. 

Il se débat dans des sauts spectaculaires, mais contre cet Offshore et la solidité de son matériel, il n’avait aucune chance.

Le Marlin bleu se fait sécuriser le long du bord. Des gaffes volantes sont placées par-dessus son dos, à sa nuque exactement, avant d’être tiré d’un coup sec et puissant vers les Tarzans. Ils le hissent à bord.

Le Tarzan lui parle en prenant son rostre à l’aide d’un gant, un autre Tarzan ligote sa queue solidement et exige à Tommy d’agir avec précision.

Tommy prend le pic à Ike Jime il vise et plante d’un coup sec dans la tempe du poisson, qui pénètre jusqu’au cervelet. Ses nageoires se tendent, sa peau change de couleur brièvement, puis tout se relâche immédiatement. 

Tommy garde le pic dans sa tempe en chialant, le Tarzan sort un câble à mémoire de forme, puis ensemble, il remplace le pic, enfilent le câble en inox par le même trou, dans le canal rachidien en l’orientant vers l’arrière, dans l’axe de la colonne.

Le Marlin a des spasmes successifs qui se stoppent dès que la tige est passée.

Les nerfs sont neutralisés, dit le Tarzan avant de soulever son opercule. Il sort un couteau bien aiguisé et le donne a Georges, il sectionne les membranes qui relie les branchies aux corps. il coupe aussi l’isthme. Le sang se met à jaillir sous la pression du cœur qui bat encore, ce qui est idéal pour vider les muscles profonds.

Puis Georges incise en dessous des nageoires caudales, il l’entaille profondément jusqu’à atteindre sa colonne vertébrale.

Le sang s’écoule librement. 

Les Tarzans donnent des seaux d’eau à la bande, ils s’exécutent au lavage de la saignée.

Mais les Tarzans constatent qu’ils peuvent le pendre par la queue à l’arrière du bateau, sans risque apparent, ils tournent dix minutes dans l’océan.

Il en ressort parfaitement nettoyé.

— Tout cela peut paraitre cru, dit le Tarzan mais c’est nécessaire, car le sang transporte une chaleur qui peut littéralement cuire la chair à l’intérieur si on le l’évacue pas.

Regarder comme la chair est translucide, rosée, parfaite pour être gardée longtemps.

Ils sortent des kill bags et placent le Marlin à l’intérieur sur le ventre. Il y verse un mélange de glace et d’eau de mer jusqu’à l’immergé.

Le Tarzan tend une scie a Randy.

Randy scie le rostre du Marlin Bleu, puis ferme le sac.

En face, ils aperçoivent les Forbans sur leur chalutier.

Les trois potes se regardent, fatigués.

Les Forbans sont sur le pont ils fument des havanes en faisant bronzez leurs gros bourrelets sur des chaises longues pendant que quelques Ogres bleus naviguent le chalutier.  

— Chalut ça va, tu funes? Balance un Tarzan

— Vos mesures sanitaires sont trop limitées pour la pêche du Marlin, dit un Forban derrière ses lunettes de soleil. Pour des raisons d’hygiène et de sécurité, nous devons saisir l’article en question.

—  C’est l’église qui se moque du clergé ! Vous qui ne respectez aucunement l’Océan !

— Pas du tout ! On utilise des mailles très spécifiques qui laissent s’échapper les juvéniles c’est bien la preuve que nous respectons l’environnement.

— Ne venez pas nous parler de l’environnement ! Vous avez les portugaises ensablées, derrière vos soixante mètres d’acier. Vous ne connaissez pas un traître mot du langage de l’Océan.

— Mais nous avons un système de congélation et de traitement règlementaire, pas comme vous bande sauvage !

— Avec vos 1500 chevaux, vous pouvez trainer des filets de plus en plus lourds, et votre matériel vous permet des campagnes de plusieurs semaines, vous raflez tout sur votre passage et c’est nous les sauvages ! Bande de Baleines XXL 

— Écoutez, on s’en tamponne le coquillard de vos histoires, nous, notre art, c’est faire suivre les commandes pour notre Roi consommateur.

Maintenant, livrez-nous ce Marlin ou nous serons dans l’obligation d’envoyer votre équipage dans les fonds marins.

M.Larue met: Fever de Judas Priest en criant — C’est hors de question !

Il fonce avec son bolide contre la coque du chalutier. Le nez du rostre en acier damas poinçonne la coque du bateau, le platine aide à lubrifier la glisse, l’énergie est transférée aux longerons fixés sur toute la longueur du Cigarette. La pénétration lisse la décélération de 80 à 0 nœud. Le rostre finit par s’enfoncer dans son fourreau en titane. L’offshore subit l’impact avec force dans le nid d’abeille d’aluminium, M.Larue s’en sort indemne.

— La technologie est fascinante encore faut-il ne pas se planter autrement qu’à l’horizontale, où les dommages seraient fatals. Rappel M.Larue

Les autres Tarzans foncent à leur tour poinçonner la coque en acier.

Les Forbans ordonnent aux Ogres de planter des pinoches dans les césures avant que le chalutier coule. 

En attendant, il prépare la contre-attaque. Des boulets de verre en quartz , dans lequel est inséré de l’orichalque liquide.

Tarzan prend son oreille de mer et appelle sa Naïade.

— Allo chérie, oui écoute, on va avoir besoin de vous. Très bien. Vous êtes merveilleuse.

Sur la plage, les Naïades se rassemblent, légère aux cheveux détachés, elles s’arment chacune d’un rhombe, qu’elles envoient au ciel dans un geste circulaire, en chantant : All We Are de Warlock. Mo se cache parmi elles , c’est à presque la confondre, mais c’est la seule qui a de si grands soleils dans les yeux.

M.Larue, patron à son compte balance : Turbo Lover de Judas Priest, en évitant les boulets de quartz.

Les explosions sont si violentes, que les offshores ont toutes leurs chances de flamber à la moindre touchées.

Les Tarzans zigzaguent entre les boulets et s’éloignent du crime, afin d’abouter leurs filets. 

L’idée serait de les unir tendue au cul du chalutier afin de le pousser dans le décor, mais pas pour l’instant, ils doivent d’abord :  tisser des élingues en dyneema, et crée une toile d’araignée. 

M.Larue reste proche du navire, le chant de Tommy leur offre une armure. Sa voix lui permet de dévier les boulets de quartz.

Le Cigarette vient se mettre à couple du chalutier. L’occasion est bonne, les Ogres sont encore dans la coque, Randy aborde par l’échelle de secours, grimpe sur le pont et envoi un grand coup de pied dans l’un des canons. Georges en profite, et plonge armé d’un couteau pour délivrer les poissons, prisonnier dans le filet du bateau.

Les Tarzans sont prêts, ils démarrent parfaitement synchronisés, trainant leur nappe porteuse qu’ils viennent coller contre la coque du chalutier.

 Malheureusement la tentative échoue. C’est à cause du phénomène de cavitation, les hélices brassent de l’air et de l’eau, sans avancer.

Heureusement Randy ne laisse pas le temps aux Forbans de tirer sur les Tarzans, ils les affrontent héroïquement. Laissant le temps aux Tarzans de filer pour reprendre leur élan. Mais les Ogres remontent sur le pont, Randy est en difficulté, il est forcé de fuir le navire et retrouve M.Larue et Tommy à bord de l’offshore. 

Entre-temps Georges parvient a ouvrir complètement le filet, les bancs de poissons s’échappent et délivre une sacrée masse.

Les Forbans et les Ogres font une chaîne et se passe de nouveaux boulets de quartz, l’attaque va être flamboyante, les tarzans n’ont pas le temps de réfléchir plus longtemps, ils foncent. 

Mr.Larue navigue au plus près d’eux, pour que Tommy puisse les couvrir de sa voix le plus longtemps possible.

Mais au moment de se séparer, chacun d’un côté du chalutier, ils ne leurs restent, qu’à espérer que la tirée va très vite fonctionner.

Ils foncent et lancent parfaitement la toile d’araignée contre la coque du chalutier, les offshores évitent l’enfournement en se plaçant deux à l’avant et deux légèrement sur les flancs, ils tirent à pleine puissance. 

Les élingues sont stabilisées et enveloppent littéralement le chalutier. Les 12000 chevaux parviennent à transférer cette puissance à l’eau, et fait filer le bateau, les Forbans perdent l’équilibre dans les bras des Ogres, ce qui fait tomber tout le monde. 

Les Tarzans tirent les bolides vers les côtes de pillow lavas situé près du volcan, mais la vitesse extrême, finit par faire envoler le chalutier.

Les Tarzans plantent sur les freins et le voient voler en dessus de leurs têtes, mais ils ne s’attardent pas dans la contemplation de cette scène fascinante, non l’urgence est de décrocher les élingues, qui sont reliées à leurs Cigarettes. Ils doivent absolument éviter le choc de la retombée.

Les Tarzans sont les meilleurs écumeurs de cet Océan, ils décrochent à temps leur toile d’araignée.

Le navire retombe à l’eau dans un fracas époustouflant. Mais le chalutier s’en sort sans problème majeur, et se remet à naviguer au milieu de l’océan.

Les Ogres et les Forbans sont extrêmement mécontents, et ressortent leurs boulets de Quartz !

— Écoutés!  s’écrie Tommy. Une musique résonne dans les profondeurs de l’Océan. 

Les Tarzans et les autres confirment.

Ils voient des ombres de femmes poissons qui passent sous leurs coques. Le son monte de plus en plus, puis la musique sort de l’eau et fait clairement entendre son écho : The Siren And The Marine (Waterline) de Alex Carpani retentis par plus de 3000 Océane qui sortent des vagues, en surfant sur les crêtes en nous dévoilant leurs queues céladon. 

— Le rituel joué sur la plage a fonctionné ! dit bien-heureux le Tarzan qui a lancé l’appel. Elles sont parvenues à regrouper Les Océanides pour nous aider.

Les Océanides prennent avec élan, le chalutier dans une force fluide et pleine de grâce et le dirige pas, vers les pillow lavas, mais bien à l’entrée du Port de marchandise.

Les 3000 Océane poussent le navire, l’entraînant se fracasser sur les côtes du Port, ce qui fait tout exploser ! 

Les Tarzans, M.Larue, Tommy, Randy et Georges contemplent ce tableau de feu.

Les Océane repartent satisfaites de cet acte révolutionnaire, puis s’en vont retourner dans les profondeurs de leur Océan.

— C’est pas l’homme qui prend la mer, mais la mer qui prend l’homme, dit le brave homme au tatouage violet du petit prince, en se marrant avec les dauphins.

Nos navigateurs de Offshore Cigarette Racing décident de rentrer à la plage des Iles Cordis, pour y retrouver les filles.

Elles sont encore sur le sable à faire tourner leurs rhombes, quand passe les Tarzans en tirant : Randy, Georges et Tommy sur des skis nautiques.

La joie est immense, et le retour est triomphant. La victoire se fait en déposant le Marlin sur le feu et en embrassant les mérites de chacun.

Un Tarzan met le titre : Metal Never Dies de  U.D.O

L’assiette en main, ils savourent le Marlin sous le vélum puis font un somme.

Mais Randy à du mal a s’endormir et finit par dire :  — L’eau de mer ça donne une de ces soifs ! 

— Si la soif est là ! dit M.Larue en se réveillant,  je ne connais qu’un endroit pour l’épancher. Levez-vous, nous allons marcher au Bar Tiki de Jerry.

Les Naïades se lèvent aussi et les accompagnent.

À leurs arrivées, il y passe: Bluesy Blue Sea de Ian Gillan sur la terrasse du Don’s Beachcomber situé en face de la mer.

Jerry est sur sa terrasse derrière son bar. En les voyant arrivés, il prend une louche qu’il plonge dans un fût en bois de chêne blanc. Il en ressort un rhum d’une couleur or, puis il jette une pincée de poudre à canon et l’enflamme, instantanément la louche de Jerry explose.  

C’est la preuve que les Tarzans et les Naïades attendaient, avant de prendre commandes.

Tout le monde s’installe sur la terrasse et profite de cet air de vacance.

— Pourquoi il fait exploser du rhum? demande Georges.

— C’est une vieille tradition, dit M.Larue, Jerry doit nous prouver que la teneur en alcool n’a pas été diluée.

— Il ne la pas diluée? demande Randy avec un sourire immense.

— Une teneur en alcool élevée est idéale pour conserver le caractère vif du rhum et la richesse de ses épices, raconte Jerry en servant ses verres Tiki sur le comptoir.

— Je vous ai fait mon cocktail Maï Taï. À votre santé !

— Vous êtes remarquable ! Vos Maï Taï sont somptueux, pleure Randy.

— Merci, c’est mon travail, mais aussi ma passion. 

— C’est vrai que le goût des épices est inégalé. Fais constater Georges.

— On conserve spécialement nos épices dans la cambuse de ce bateau pour l’assemblage, dit Jerry en pointant un navire amarré en face de sa terrasse.

Randy descend son Tiki en une seconde, et en recommande .

— Attendez, dit Jerry, je vais vous faire goûter ma fameuse recette. Jerry shake un Fog Cutter qu’il sert dans un rhyton. 

C’est un vase à boire avec la figure de l’emblématique poisson perroquet. Ses couleurs sont éclatantes !

En déco il y sort des feuilles et des tranches d’ananas, et une cerise posée sur de la glace pilée.

— On peut dire que nous sommes gâtés, dit Mo qui a finalement retrouvé sa bande.

Georges contemple un tridacne sculpté qui est installé dans une vitrine derrière le bar. Il y voit aussi, une ancre et un rouleau de papier torsadé, sur lequel il est noté : Rock Love.

Je peux mettre ce trophée dans votre bar? demande Mo en présentant La couronne de Rotang.

— Bien sûr ça nous fera un souvenir de vous, et de cette aventure.

—Ah. Pendant que j y pense. J’ai moi-même un cadeau pour vous.

Jerry sort d’une armoire, une vieille bouteille dans laquelle il y a une carte. Il la déroule sur le comptoir.

— C’est une carte des 24h du Rock s’écrie Tommy !

— Oui c’est la seule solution pour se promener dans ce monde. Répond Jerry.

Tommy sort sa dernière smaragdite et lui propose un échange.

Jerry regarde la pierre et comprend :

 — C’est toi qui à offert une pierre à Merlin lors de sa naissance. Pas vrai?

— Oui, en effet, répond Tommy.

—  Eh bien en fait. Je suis son père, lui annonce Jerry.

— C’est vrai ! incroyable, s’écrie Tommy. Alors tu es d’accord, la pierre contre la carte?? S’exalte Tommy. 

— Écoute, garde ta pierre au chaud dans ta poche. En revanche, moi, j’aimerai bien t’offrir un tattoo. 

Vous êtes tatoueur? demande Tommy.

— C’est non seulement notre meilleur Maître assembleur des îles, mais il maîtrise aussi l’art des tatouages old school, dit M.Larue.

Jerry sort d’un tiroir derrière le bar, une longue et fine pipe qu’il prend le temps de tasser, en observant Tommy.

Toi, je vais te faire un Alycon sur le torse, avec mon encre violette, pour te remercier de ta gentillesse, auprès de mon fils.

Tommy est surpris par ce retour, mais accepte.

— J’en serai honoré, Jerry, dit Tommy. Et pour la carte? 

— Gardez-la précieusement. Vous avez un long voyage qui vous attend, et vous n’avez pas le temps de vous perdre. Car la bataille a été gagnée, mais la guerre ne fait que commencer.

— Putin, ça urge en fait, dit Mo.

— Vous ne pouvez pas aller plus vite que la musique, mais rassurez-vous. Si nous devons mobiliser les Hard Rockeur, nous le ferons. Pour préserver nos Îles Cordis.

Jerry invite Tommy à entrer à l’intérieur du Bar. Il y passe : Blood, Fire & Love de The Almighty.

À l’intérieur l’odeur du chêne et du rhum se mélange à celle de l’encre.

Jerry placide tatoue Tommy, derrière ses petites lunettes et sa pipe en bois.

— Tu sais Tommy, je suis un ami des anges.

— Ah bon s’étonne Tommy.

Quand tu remplis un fût de Rhum, tu les attires, ils adorent le rhum les anges.

Alors moi j’ai fait un pacte avec eux. Je remplis des fûts de Rhum et j’offre : la part des anges, en échange de leur protection.

Je leur parlerais des Big Bisous, à la prochaine occasion. Ah. Tiens, pendant que j’y pense. Prends ce livre. Ta mission est de le livrer à Rock 2000.

Pendant que Tommy se fait tatouer , les autres continuent de boire des cocktails sur la terrasse en chantant : Rose Tattoo des Dropkick Murphys.

S’approche un diamant de la plus belle eau, c’est la Levantine de Georges, elle lui souffle dans l’oreille.

 — Me ferais-tu un enfant avant ton départ?

Georges tombe dans les vapes, elle le rattrape, est l’embarque dans la chambre. Elle lance le titre : Patience des Guns n’Roses pour couvrir ses désirs.

Georges en ressort avec un collier de perles de pintadine, serait-ce un trophée? Georges en garde le secret, mais trinque l’évènement.

Mo a beaucoup de mal à se séparer des filles, mais elles comptent sur elle, ce qui lui donne une nouvelle force : celle des nymphes et des Naïades.

L’une des filles lui offre un zicron hyacinthe vert en souvenir. Mo la range discrètement dans sa poche,  — faudrait pas que Tommy voie ça, pense-t-elle.

Un bateau à ailes flottantes arrive sur l’océan. Il est mi-oiseau, mi-poisson. Seul en son genre, le navigateur fait signe à nos voyageurs.

Ils embarquent dans l’Albatros et saluent Les Îles Cordis. Ils se reposent en buvant un bol de waterzoi en admirant les paysages sur : Ride Like The Wind de Christopher Cross.

M.d’Amato les attend à la pointe de l’île.

— Alors les jeunes, ont a survécu aux îles Cordis ? C’est bien, j’aime les jeunes comme vous ! Par contre j’ai une mauvaise nouvelle : l’entrée du prochain chapitre se trouve au dojo, par la porte en fer rouge.

Mo se permet de prendre un sabre, au cas où. M.d’Amato a du mal à dire oui, mais elle est si jolie.

— Ok. Dit-il.

C’est regrettable de  partir si vite, mais notre devoir nous attend, dit Tommy.

Qu’elle devoir au juste? demande Randy

Tommy sort le fameux livre. Les pages lèvent le voile sur les agissements des Forbans, mais surtout sur les transformations étranges que subissent les travailleurs devenu des Ogres et des Lamies. Rock 2000 devra agir.

D’Amato ouvre la porte en fer. Derrière ils y voient un couloir souterrain.

M.d’Amato leur offre à tous une petite reine pour ne pas perdre de temps dans ce tunnel, remplis d’Ogres et de Lamies.

 ils saluent M.d’Amato et pédalent à fond sur leurs nouveaux vélos.Les Ogres et les Lamies semblent apeurés par la présence de nos héros.

— T’en mieux, ce dit la bande, en pédalant à vive allure, dans la résonance de : Turn The Pages Over de Steel Mill.