Voici l’histoire de Tommy,
C’était un enfant a son départ, un enfant de 36 ans avec seulement une Honda concerto de 87 et une guitare.
Laissant derrière lui des collections musicales d’une lourdeur instrumentale.
Ses souvenirs, ses fantasmes, le gamin laisse tout derrière lui et s’en va sur les légendaires routes.
C’est un bel enfant, une bonne âme, trop enfantin pour son âge, c’est son côté grave, mais en reste conscient.
La peur, il la ressent quand il descend de sa bagnole, et qu’ils croisent tous ces gens qui sont des adultes
Quelle humiliation de croisé des jeunes de vingt ans être déjà si grand.
Tommy il n’aime pas apprendre, il aime quand ça vient naturellement, s’user a la comprenette ça ne sert a rien
Sois ça entre soit rien. Du coup, Tommy il sait pas grand-chose, le dialogue c’est une angoisse, une crise aigüe suivant comment
Une bouffée de chaleur ou une crampe d’estomac.
Parfois sa tête tourne si fort et ses oreilles sifflent si aigües, qu’il ne peut que se convaincre d’être exclu des hommes.
La faim le ronge, mais quand l’occasion de manger se profile, il refuse et s’enfonce dans l’ombre.
Il ne veut pas qu’on lui offre. Il veut être grand. Et il veut le faire seul. En silence, caché.
Il a déjà essayé a mainte reprise, dans des trucs incroyables, des trucs déments dans lequel il sait complètement emporté.
Mais ça n’a pas abouti.
Financièrement du moins, car des ressentis d’amour, il en a eu. En abondance.
Mais aucune reconnaissance, car son travail reste moindre et par saison médiocre.
Il finit par craquer il plaque tout, accusant l’enfant qui est en lui de l’empêcher de crée une histoire formidable.
Il veut s’en échapper, sans apprendre, en cherchant à travers le monde. Plus facile, et beaucoup plus authentique.
Ces disques, ses haut parleur ,son ordinateur, sa bagnole , sa bécane, son vélo, son boulot. Tout ça, il le quitte.
Pour une vieille auto à 300.- et une guitare.
Il part, abandonne tout ce poids. Tous ces rêves, et surtout toutes ses attentes
Il roule sous la pluie, dans sa petite auto merdique, si léger qu’il réalise qu’il lui faudra vite trouver un boulot s’il veut se payer de quoi bouffer.
À ce stade de sa vie, il se jette dans les bras du hard rock joue nuit et jour des notes qui sonne faux et cherche un groupe dans lequel il pourrait écrire des textes, les chanter et jouer de sa guitare.
Mais ses textes sont fâcheux il joue très mal et sa voix n’est pas incroyable.
Personne ne veut de lui, encore moins comme chanteur
Il fuit dans la nature, les champs à perte d’horizon lui offriront peut-être du talent.
Il y croit sous les couchers de soleil, il y croit aussi au lever du jour.
Mais quand il retourne en ville, pour prouver son talent, le ridicule le tue, et il lui faut des mois pour qu’on le revoie pointer son nez dans un bar.
Sa bagnole finit par lâcher. Il trouve un parking où il peut la laisser. Et s’en sert uniquement comme piaule quand il va se coucher.
Le reste du temps, il est à pied, et trimbale sa musique dans les quartiers.
Mais personne ne veut l’entendre, il est sale et vraiment pas talentueux.
Un jour il vend sa guitare, pour survivre.
Il décide avec cet argent de prendre une douche à 5.- avec du bon shampoing et de s’offrir un jean et un t-shirt.
Et puis il se présente dans les cuisines du quartier, et se propose comme plongeur.
Un des restos lui donne sa chance, il est efficace c’est déjà ça, mais trop étrange, sauvage et difficilement compréhensible.
Il touchera qu’une seul paie avant qu’on ne le renvoie.
Avec ça il répare sa voiture.
Et s’en va dans un autre bled.
Il se présente à nouveau en cuisine et propose ses services de plongeur.
Il est engagé.
Il travaille dur essaie d’être sociable , c’est limite, mais ça tiens trois mois , avant qu’une crise l’empêche de continuer a travailler.
Avec cet argent il s’offre une guitare.
Et s’en va dans les prairies.
Et il joue, il écrit , il chante , sous tous les couchers de soleil qu’il peut.
Jusqu’au dernier centime.
Puis, avec ce qui lui reste d’essence, il s’en va dans une nouvelle ville.
Il ne parle pas la langue , ça l’arrange, il se présente comme un excellent plongeur.
On l’engage,
Il excelle dans sa tâche, c’est épatant, presque du talent, le petit se fait une réputation.
Il commence à proposer ses services dans tous les restaurants de la ville, et commence à être désiré dans plusieurs de ses établissements.
Avec cet argent, il s’offre un ensemble très sophistiqué pour travailler, l’élégance lui va comme un gant, son langage et plus agréable, et convivial.
Il perfectionne son image en profitant d’une marque très réputée de savon, dans son pays d’origine.
Un pays sublimé à travers le monde, qui lui permet d’être désiré dans des villes voisines.
Ainsi de suite, il voyage en tant que plongeur confirmé, il vend parfois sa guitare, pour être plus léger afin de se déplacer et, quand il se pose, s’offre celle dont il avait rêvé.
Le faite de changer de guitare lui permettait d’améliorer son jeu ou du moins de le colorer.
Sa communication se fait en plusieurs langues à présent, l’enfant devient un homme sans vraiment prendre le temps de l’analyser.
Son physique était devenu impressionnant, pas de muscle, mais de force et de volonté, il était si endurci que l’on pouvait briser des piles d’assiettes sur sa tête sans que cela ne le stoppe dans son travail. C’est même devenu l’une des raisons évidentes, que on la engagé dans le restaurant des rockeurs.
Tout le monde adorait lui péter des assiettes sur la tête, la scène était délirante, pour les cuisiniers et tous les commis de cuisine.
L’équipe des Rockeurs a fini par l’apprécier, Tommy était définitivement un dur à cuire des assiettes.
Il lui offrit une chance de monter sur scène, dans leur restaurent un soir de Noël ,ou pour son anniversaire, je sais plus.
Il est monté , a demandé dans la salle si quelqu’un voulait bien le rejoindre, mais tous le fixait et lui disait va y montre nous ce que tu as dans le ventre d’abord.
-J’ai besoin d’une team pour faire de la musique, seul je ne fais que des entrainements personnels.
-Arrête de causer , chante et joue.
Alors, Tommy, pris cette chance, il s’est mis a joué, et a libéré tout ce qu’il pouvait
C’était pas trop mal, mais quand il a commencé à chanter.
Laisse tomber, ils lui ont tous tirer des assiettes dessus en lui criant – T’es viré !
Tommy est parti très loin de cette ville, et la blessure fut difficile à recoudre.
Mais Tommy s’en est remis, grâce aux arts martiaux.
Le kung fu a changé sa vie radicalement.
Finis la guitare et le chant, finis les routes vers l’infini.
Il est désormais dans un Temple au cœur de la Chine, il prie tout les jours, pour que le prochain type qui lui ressemble
Réussisse. Se découvre, et offre au monde, une musique digne de se nom.
En attendant ce jour, Tommy attend, et attendra encore, comme si ce serait : Sa révélation.
Mais un jour…
Alors qu’il était dans une posture asana , pris dans l’entrainement des perles de bouddha (Gua Fo Zhou)
Un son de guitare électrique frappe le Temple ,
Un trou noir se forme au-dessus de sa tête et l’arrache de ses convictions, en l’aspirant vers un monde absurde et rock n’roll.
Un monde où le temps et l’histoire se confondent.
Une terre aberrante que l’on nomme : Les 24h du Rock…
Chapitre 1. Les Prières Rockiales :
Tommy se réveille sans souvenirs, couché dans la litière d’une étable en compagnie d’alpagas qui le fixent tout en broutant du foin.
Un mal de tête le déboussole complètement, et il ne cesse de se poser la même question. – Qu’ai-je encore fait hier soir?
Il pense être dans un mauvais rêve, il ferme ses yeux, les rouvre, mais même en insistant, rien ne change, les alpagas sont définitivement paisibles a manger du foin a ses côtés.
-Mais où suis-je ..?
Il finit par se lever, pousse la porte de l’étable et découvre un lieu qui lui est complètement étranger.
-Il y découvre un peuple avançant gaiment sur un air de musique parfaitement adapté.
Scherzando ! Crie un homme sûr de la musique anglaise.
Tommy connait le titre c’est : Bobbing Joe des Witches.
Tommy s’approche de l’italien et lui demande :
-Bonjour, excusez-moi, mais où sommes-nous ?
– Bienvenue, jeune homme sur la place du château : Des Prières Rockiale.
Le propylée et sa façade à colonnade en témoigne de sa grandeur.
– J’ai du mal a me situer pourriez-vous m’indiquer la gare la proche si vous plait?
– N’ayez crainte, vous n’êtes pas perdu, vous êtes sur un chemin de traverse parsemé d’aventure, peut-être que votre profil suffira a entreprendre la route
Pour le savoir monté l’escalier, la vérité sur vos capacités seront vite révélés.
Tommy n’a pas vraiment le choix, il accepte l’indication que lui recommande l’italien.
Il traverse la cour du château, des musiciens jouent messire Quentin de Ludwig von 88
L’ambiance est amusante et théâtrale, mais Tommy ne cherche pas à rire, mais à comprendre ce qui lui arrive.
Au bas de l’escalier, il y a un vieil homme qui joue de la guitare, il chante en breton ,Tommy reconnait la chanson.
-C’est E kreiz an noz de Youenn Gwernig pas vrai?
Le vieux s’en étonne.
Tommy le complimente sur son choix musical, il cherche a lui offrir une pièce, mais découvre qu’il n’a rien dans les poches.
-Va y mon fils, dis le vieux Breton, monte l’escalier et découvre ton destin.
Tommy obéit en lui faisant un signe de la main.
L’escalier est très raide et très long, sur les rochers abrupts, les tichodromes suivent ses pas, ce qui l’aide quelque peu moralement.
Le voilà enfin arrivé. La vue est saisissante, c’est un vaste terrain vert à 360 degrés.
Long Time Running de Magna Carta et joué comme laudes au sommet .
Le soleil apparait et la dame de onze heures s’ouvre a ses pieds, les laudateurs l’accueil d’un sourire et lui montre du doigt le Temple où il doit entrer.
Tommy ouvre la porte du Temple, les louanges ont changé de titre pour Seven O’Clock Hyme Midwinter.
Il adore ce titre, ce lieu qui lui est complètement inconnu lui fait croire soudainement qu’il est aux portes du paradis.
Des ex-votos appendent des symphonies, et en dessous, il y a des statues, des costumes de scène, des instruments, de longs cheveux et plein d’autres objets d’art qui font office de reliquaires. Toutes ses choses appartenaient aux Légendes du Rock.
-Ma parole, nous sommes au Temple du Rock n’Roll.
Notre ancien Anachorète (Tommy) contemple en long et en large l’étendue de l’histoire du Temple.
Sa prétendue ascèse lui aurait-elle permis d’accéder au paradis? Il finit par y croire, serait-ce une vision de son propre satori?
Tommy a le cœur qui bat très fort, il refuse d’y croire, mais l’émotion d’amour est si forte. Il est conscient que l’émotion est un danger et que, lorsque tout semble merveilleux, c’est que ça déconne quelque part. Un mélange de réjouissance et de stress post mortem comble son âme.
Tommy se sent obligé il se met à genoux et se lance dans une oraison pour glorifier les Dieux du Rock.
-Oh Dieu du Rock laisse moi entreprendre le pèlerinage de ton univers, je t’en prie, rends ma vie vivante !
Tommy croit dur comme fer au théisme et à sa communication divine, il la nourrit depuis toujours. Va-t-elle enfin porter ses fruits?
La musique Révélation de Santana résonne soudainement dans l’autel.
Une femme entre, elle danse, elle rit, Tommy la regarde, un sourire jusqu’aux oreilles.
Une resplendissante oracle au nimbe pris dans ses cheveux bouclés l’invite à danser
L’inattendu porte à croire que Tommy est bien dans un rêve, car la fille en question n’est autre que : Madonna.
Madonna resplendissante oracle au nimbe pris dans ses cheveux bouclés ornés d’un pavot bleu lumineux et d’un pur parfum de sainteté lui tends la main.
– Que souhaites-tu bel amour? Demande Madonna à Tommy.
– Il lui répond de tout cœur, vivre cette aventure qui est Les 24h du Rock
– Madonna s’arrête de danser, le fixe. Et se mets a hurlé : – tu ne souhaites donc pas vivre avec moi, Madonna !
– Tommy réalise ce dont quoi elle l’accuse. Il est profondément gêné , il l’avait même pas envisagé.
– Madonna exige que l’on éteigne la musique. Elle a du mal a se reprendre, et lui dit : – Tommy, tu as fait ton choix, tu veux voyager alors va y casse toi.
– Tommy fait office de paraclet pour la propitiation.
– Madonna finit par accepter ses excuses et lui réalise le passage, d’un éon à un autre.
Tommy survit à ce passage sans égratignures, Madonna lui dit qu’il a clairement l’accord des Dieux du Rock pour entreprendre sa légende.
Elle exige qu’on mette le titre Never Let Go de Camel pour offrir à Tommy, le courage de ne jamais abandonner.
Tommy s’impatiente. S’il reste dans ce Temple, il sent qu’il va devenir fou.
Mais Madonna veux absolument qu’il fasse son baptême en exigeant un autre morceau : Pete Townshend Can You See The Real Me ce morceau elle lui offre pour que sa santé soie bonne durant ce voyage.
Tommy s’incline et écoute.
Madonna exige Central de John Frusciante, c’est un tourbillon musicale pour souffler tes angoisses ,
Mexico de Firefall pour renforcer tes rêves, puis une reprise des Who par Pete Townshend, Behind blue eyes pour guérir ton coeur.
Tommy finit par l’embrasser.
Elle est heureuse, lui aussi et il lui dit, je tiens plus en place, pardonne-moi, mais où se trouve la sortie?
Madonna lui offre quelques pierres de smaragdites et lui dit : La regarde grand fou , c’est par là, bonne route.
Il obéit, la remercie et pousse la porte, le soleil luit sur d’impressionnants Ginkgo situés aux abords d’un Iwan.
La réjouissance tape comme une batterie en effervescence dans son ventre
Au loin, Tommy entend les premières notes de Baba O’Riley des Who. La musique arrive dans des haut-parleurs posés sur une téléga tirée par trois buffles. Le chauffeur est très maigre ; il porte des lunettes de soleil type aviateur à effet miroir et tire fortement sur sa bouffarde . Ses cheveux sont en pétard et il porte une baccante épaisse et noire. Tommy le voit immédiatement comme l’ami qu’il a toujours rêvé de rencontrer. Son look nonchalant aux accents punk inspire d’emblée la sympathie.
Et tu prêt pour les nycthémères du Rock ? Lui dit le chauffeur avec un sourire malicieux.
Tommy le regarde ébaubi.
Je m’appelle Georges, et c’est moi qui vais te conduire à l’Openfield. Tu me suis?
Tommy monte sur la téléga , les deux hommes disent au revoir aux nonnettes qui font sonner le tocsin à leur départ.
Le charriot s’avance à l’entrée du portail dans un silence sépulcral.
Georges change de chanson, et dans ses haut parleurs on entend la chanson : Pet Sematary des Ramones. Le son fait trembler les tombes.
Les deux se regardent amuser, mais Georges comprend vite que Tommy est un peu spécial et que le dialogue est pour lui un peu compliqué.
Il décide de s’avancer vers les tombales, c’est là que loge une dame originale.
Ce n’est pas tout les jours que l’on rencontre Stevie Nicks dans un monde où elle est une oréade.
Georges la présente à Tommy, il est immobile et stoïque, car la gente dame à comme animal de compagnie ; Un merveilleux panda, mais aussi un puissant tigre, et un énorme Kodiak.
La gêne de voir Stevie Nicks est déjà pour Tommy un défi, mais faire face à ses animaux de compagnie, ça sort tout droit d’une fantaisie flippante.
Il repense à Madonna, et tient fort les pierres de smaragdites.
Georges descend de la téléga passe entre les bêtes et discute avec Stevie Nicks.
Tommy cherche à entendre ce qu’ils disent, mais n’ose pas franchir ce mur de muscle.
George et l’Oréade finissent par se rapprocher de Tommy.
Stevie lui sourit,
Tommy lui fait immédiatement confiance.
Puis elle lui offre une timbale en argent : c’est une dive bouteille.
Elle lui dit ; bois ça te détendra, tu n’as pas a stressé laisse toi aller dans ce voyage et fais-toi plaisir.
Tommy a le ventre noueux, l’émotion est trop forte pour qu’il puisse jouir de la vie en toute plaisance. En même temps c’est sans aucun doute pour lui
un instinct de survie sur lequel il obéit.
Mais il boit une lampée de la dive bouteille, car, comme on le sait déjà, il a confiance et c’est réussi.
Tommy prend le temps de fermer les yeux pour se concentrer sur ce qu’il ressent, et la réponse se fait par le chant.
Tommy chante, et, pour la première fois de son existence , il chante bien, il chante même très bien.
Le chant le libère, sa voix lui fait ressortir les angoisses et délie ses nœuds a son ventre.
Il se sent léger ressent une évanescence qui le libère d’un poids qu’il avait fini par porter, comme une normalité.
Les bêtes sauvages s’approchent de Tommy et commence a lui lécher les joues, Tommy rigole.
Georges et Stevie Nicks s’enlacent en contemplant ce beau travail.
-Alors, Tommy, es-tu prêt pour la suite? Nous avons un peu de route qui nous attend.
Oui je suis prêt. Mais avant, j’aimerai vous remercier pour votre aide, permettez-moi de vous offrir l’une de mes smaragdites.
Georges et Stevie se regardent, puis repoussent la générosité de Tommy. Garde-les tu as encore beaucoup de travail.
Il remonte a bord, la téléga repart, mais cette fois-ci, c’est Tommy qui choisit un titre, il met : Diary Of A Workingman des Blackfoot.
Les buffles trottent Georges les conduits en dehors du cimetière et Tommy jouit de sa nouvelle voix sur un artiste de taille.
Chapitre 2. Rock Guitare :
Le vicinal les conduits à travers une dense jungle, une ondée vient les rincer, Georges conduit prudemment, mais avec la musique à fond, tous les oiseaux s’envolent, Tommy aperçoit : une scène grotesque ou un épimaque en panique se fracasse contre un lophophore.
Il décide de baisser un peu le son, Georges se met à ralentir
-Tu entends? dit-il à Tommy
Quoi? Tommy tend l’oreille, mais ses acouphènes l’empêchent d’obtenir une ouïe assidue.
George recommence, la tu as entendu?
Peut être répond Tommy, mais entendu quoi?
— Des cris d’orfraie retentissent dans la jungle. C’est une femme, il n’y a nul doute .
Serait-elle en danger?
Ouais je le crains fort.
Ah oui, là j’ai entendu ! Allons voir…
-D’accord, laisse-moi parquer mon char.
Ah, mais attends, moi, je ne vais pas pouvoir y aller, car je dois protéger mes buffles, dis George en sortant son tabac.
Tommy finit par y aller seul. Il s’enfonce dans les profondeurs de la jungle.
Il y découvre un bucheron qui tronçonne des parcelles pour sa maison.
Il a un casque audio sur les oreilles, Tommy arrive a entendre depuis la ou il est, et il n’est pas à côté, le morceau qu’il écoute, c’est Mama Kin d’Aerosmith.
Tommy lui fait signe, il l’aperçoit enlève son casque et lui dit, – bonjour.
Monsieur, vous n’entendez pas qu’une femme hurle depuis tout à l’heure?
-Avec mon raffut j’ai rien entendu.
Écouter.
L’homme tend l’oreille à son tour, et, effectivement, il y a bel et bien une inconnue qui hurle dans la nature. Rien de sexuel, c’est clairement un appel a l’aide
-Tu viens avec moi sauver la demoiselle?
-Pourquoi pas, ça me changera de ma routine, dit le bucheron.
Dépêchons-nous la pauvre hurle comme une louve depuis un moment.
Les deux hommes s’avancent dans la jungle armé d’une serpe et d’une tronçonneuse
Ils frayent un chemin semé d’embuche, de troncs et de lianes.
La pesante chaleur due à l’humidité les chauffes pour ce qu’ils vont y trouver.
Des totems de singes tenant des instruments font leurs apparitions au cœur de la jungle.
Une architecture typique aztèque leur saute aux yeux.
Le bucheron est abasourdi, comment pouvait-il ignoré la présence d’un tel voisinage à quelques pas de chez lui?
Ils s’avancent en se camouflant derrière les branches, se faufilent entre les bananiers et s’approchent lentement des hurlements stridents qui résonnent sur les pierres du Royaume.
Des primates jouent une reprise du titre Marathon de Santana, et entament une cérémonie.
L’affligeant écho, mélange de la conga et des appels à l’aide.
Nos aventuriers voient la jeune demoiselle. Elle est ligotée au pied d’un bananier.
– Lâcher moi, sale brute , bah les pattes !
Tommy se frotte les yeux. Dans ce monde, c’est une habitude, constate-t-il.
Des sapajous remplissent une marmite dans les flammes, d’eau et de morceaux de bananes. À côté les sagouins jouent du Tam-Tam.
La demoiselle finit par être attachée à un rondin en petite lingerie arachnéenne. La jeune seulette se débat t’en bien que mal, mais les sakis la mettent tout de même à l’horizontale. La voilà suspendue au-dessus des flammes. La scène les laisse sous le charme.
Tommy décide d’agir urgemment.
J’ai un plan, dit-il, suis moi !
Ils se montrent enfin en jouant le titre de The Lumberjack de Jackyl.
Tommy et sa voix sublime étonnent la colonie de singes qui se stoppent radicalement dans leur démarche.
La fille a des étoiles plein les yeux, et le bucheron prend un plaisir immense d’accompagner Tommy armé de sa tronçonneuse pour cette chanson.
Mais au moment des acclamations les singes se montrent hostiles
Tommy cherche a sympathisé en leur disant Piali kejatsa ti’istok? ( Bonjour comment allez-vous? En Nahuatl )
Mais les singes ne font que plisser des yeux méchamment.
Le bucheron tente à son tour , Maitei Mba’éichapa ? (Bonjour comment allez-vous ? En Tupi Guarani )
Même retour pour lui, les deux hommes se regardent dans un silence devenu très pesant où seul le crépitement des braises se fait entendre.
Les singes s’écartent et laissent apparaitre un primate assis sur un trône.
C’est un Roi Vervet qui les dévisage, son regard évoque une certaine folie.
– Tiens, tiens, tiens, nous avons des invités, dit le singe en finissant son foutou.
– Que puis-je pour vous, messieurs? Vous vous êtes perdu ou êtes vous simplement taré ?
– Comment osez-vous entrer dans mon Royaume.
– Nous sommes là pour elle ! Dis tommy les poings serrés et le regard déterminé.
– La jeune fille contemple la scène en oubliant presque que l’eau bout à un mètre d’elle.
– Il va mettre difficile d’accepter votre requête mes singes et moi-même savourons déjà l’idée de manger cette belle rebelle.
– Nous pourrions l’échanger !
– Contre l’un de vous. Quelle horreur jamais !
Contre ce que vous voulez Roi Vervet.
Le Roi se gratte la barbe avec un air songeur.
Il est vrai que nous rencontrons un problème majeur, en ce moment, il y a un python qui rôde et prend ma colonie de singes comme casse-dalle quotidien.
Si vous me le rapportez et que vous le tuez a mes pieds, je libère la pépée.
– Très bien, nous nous occuperons de cet animal sacré si telle est votre désir
Mais j’ai une requête, une condition sine qua non : éloignez-la des flammes pour l’instant. Dis Tommy vaillant.
Le Roi plisse méchamment des paupières sont regard tourne à la folie, et dit en grinçant des dents. : C’est d’accord.
Les singes éloignent la jeune fille des flammes.
-Maintenant, dépêchez-vous et apportez-moi ce serpent !!
— Reste ici et surveille-les, je n’ai aucune confiance en ce Roi Vervet. Je vais ramener ce serpent vivant et on le finira ensemble, ça marche ?
— Ça joue, mon gars ! Vas-y, fonce !
Tommy rôde dans le royaume, il y découvre d’autres statues de singes, mais, cette fois-ci, elles tiennent de véritables guitares légendaires.
C’est un rêve dans un cauchemar, pense-t-il en cherchant à ne pas perdre pied dans cette histoire.
Des Jacuzzis de pierres au bain moussant, des panneaux VIP stipulants ; quartier réservé aux musiciens comble les pièces du Royaume
Des affiches datant des années 50 sont représentées par des singes en plein riff , c’est les origines de ce monde, l’Afrique noire musicale.
Tommy s’avance en confiance, il repense a Georges, qui doit toujours l’attendre en protégeant ses buffles, Tommy stress, mais Tommy ne dois pas flancher,
Il garde la tête froide mal grés les évènements et découvre enfin une queue de serpent qui tombe d’une branche de l’arbre Néré.
Tommy tranche la liane qui lui parait la plus solide à l’aide de sa serpe et grimpe a l’arbre.
C’est un animal magnifique que Tommy aperçoit, son volume est titanesque, je dirais 10 mètres et au moins 100 kilos.
La chance, c’est que le serpent dort paisiblement.
Tommy utilise la liane pour en faire un lasso, d’après lui, son nœud de serrage devrait étouffer le python.
Il lance la liane, le rate de peu, le serpent gêné par le choc , se retourne instinctivement sans se réveiller.
Tommy a une meilleure occasion, son menton est disponible, mais attention, il n’a pas le droit a l’erreur.
Il lance le lasso sans peur et atteint son but : offrir un collier, a ce majestueux serpent profondément endormi.
Tommy comprend qu’il est en pleine digestion et qu’il va être difficile de soulever le serpent.
Il décide donc de mettre son poids en balance sur une grosse branche de l’arbre.
Il saute, le choc fait glisser le serpent et le pend.
Les yeux du python sont soudainement écarquillés il est désormais bien réveillé, mais aussi étouffer.
Tommy suspendu dans le vide le fatigue le plus possible, ses yeux commencent à tourner quand il coupe la liane grâce à sa serpe.
Le serpent tombe et finit dans les vapes. Quant à Tommy il retombe sur ses pieds. Ça va ce n’est pas très haut.
Il profite de tirer sur la queue du serpent, pour l apporter aux pieds du Roi Vervet. Mais rien n’y fait. Sa force face à son poids n’a aucune chance de le faire avancer.
Mais le serpent reprend ses esprits et, quand il voit Tommy, bondit de colère !
Tommy se met à sprinter dans le royaume , le python fonce à sa poursuite.
Les deux arrivent en trombe à la cérémonie ,c’est là que notre bucheron intervient en attrapant la liane afin de freiner la course de l’animal.
C’est une heureuse nature notre bucheron et sa force est bien supérieure à celle de Tommy.
Le tir à la corde permet de fatiguer suffisamment longtemps le python pour que l’épuisement finisse par triompher.
Tommy reprend la liane et serre de toutes ses forces, la gorge du python et prisonnière, tous les singes admirent la scène et répètent à Tommy, va y serre , serre ,serre, mais les forces de Tommy ont une limite, le serpent dans un dernier acte de survie bondi, mais c’est trop tard, car son coéquipier est à présent armé de sa tronçonneuse et parvient a trancher le cou du Python.
Le Roi Vervet applaudit nonchalamment la réussite de nos deux compères.
Désappointé, il ajoute ; vos prodigieux efforts ne suffisent pas à calmer ma faim.
Remettez la dame au-dessus de notre soupe à la banane.
Non! Cri Tommy où est votre parole !
Ne reprochez pas à un singe de payer en monnaie de singe ! Monsieur le sauveur.
Tommy est outragé, cette offense va trop loin, quant au bucheron, il n’aime pas du tout le comportement de ce maudit Vervet.
La tronçonneuse en main, il est prêt pour l’assaut.
Tommy lui fait signe de retenir sa colère, pendant que la jeune dame retourne près des flammes.
Sauvez-moi de ces malades poilus à l’haleine de banane ! crie-t-elle
Tommy conspire le pire, il se retient. Il cherche la voie, et finit par dire : battons-nous dans l’honneur, mettons nos talents à l’épreuve, Roi Vervet.
-Tu parles musique?
C’est bien ça ! Affronte-nous si tu l’oses.
Le Roi Vervet vise du regard Tommy de ses yeux perçants.
Ils se mettent à couler des larmes, des étincelles font remonter ses poils, puis il cligne des yeux et éclate de rire.
Prétentieux humain, comment oses-tu une seule seconde pouvoir me défier musicalement.
Très bien, tu sais quoi, dit-il en arrachant une banane sortie d’un vase.
Je vais te faire écouter de la vraie musique avant de te plonger dans ma soupe !
— Si on gagne, tu seras forcé de libérer la femme.
— Ah! Bien sûr, avec des si on en fait des choses, allez-tais toi et entre en scène maintenant ! Mais n’oublie jamais que pour un singe, la musique est sa sève.
Apporter les instruments du Royaume mes singes et mettez-vous-en scelle !
En file indienne la colonie de singes récupère le matos et le dépose pour la bataille.
Les singes prennent position, nous avons :
Les Saïmiris qui tapent le Tam-Tam et à la Conga
Les Sakis qui sont à la batterie
Les Sagouins à la basse et pour couronner le tout, nous avons droit à une chorégraphie des Semnopithèques sur le rythme saccadé du jerk.
Tommy reçoit un micro et son musicien une guitare.
Le Roi prend le soin d’ajouter : – Au juste, ce tournoi, ce n’est pas un duel de chant, mais de guitare.
Tommy n’est pas pâle, il est blanc comme une feuille sans encre. Son talent de guitariste a-t-il lui aussi franchi le seuil de la réussite?
C’est ce que nous allons voir préparez-vous, car nous entrons dans le tournoi de : Rock Guitare dit le Roi Vervet en se lançant sur : Papa Ré de Santana pour se chauffé et, une fois la piste terminée, il s’écrire !
-Que le combat commence !
Les premières notes viennent frapper les murs de pierres avec : Hot Nite In Dallas de Moon Martin
Le bucheron maitrise aussi bien la guitare que la tronçonneuse, Tommy est épaté, son jeu le porte et lui offre une puissante voix.
Il en ressort un vent si violent qu’il parvient à éteindre le feu grâce à son souffle.
Les musiciens contemplatifs poursuivent le rythme. La fille les remercies.
Le Roi Vervet n’apprécie pas du tout cela, et compte bien leur montrer à son tour, de quoi ils sont capables.
Il décide d’attaquer sur : Omatsuri (Ishoku Sokuhatsu)de Yonin-Bayashi.
Il sort un plectre poli en silex, et se perd dans un rythme effréné qui fait secouer les bananiers.
Le son est brillant et percussif, Tommy est impressionné.
Le Roi sort ensuite un bottleneck et le fait glisser à une telle vitesse, que lorsqu’il heurte le silex, ça crée directement des étincelles qui enflamment sa guitare.
Le Roi s’avance fièrement et jette son instrument sous la marmite.
Ce qui rallume le feu.
La technique du Singe fait perdre à Tommy sa confiance et surtout son souffle.
Le bucheron témoin du flippe de Tommy intervient – donne-moi le micro et prends une guitare.
Mais il se bloque, le Roi le regarde et savoure l’état de Tommy, qui perd la face dans ce jeu de gratte où il n’a aucune chance.
Tommy se force, retrouve son courage et s’avance pour prendre une guitare, Une stratocaster de 63
Avec laquelle ils attaquent sur : A House is not a Motel de Love.
Tommy découvre que son jeu est mieux que d’habitude, mais sa crise d’angoisse ne lui permet pas d’atteindre la magie qu’il veut.
Le bucheron profite du solo pour uriner sous la marmite, et réussit à éteindre le feu.
– Tommy fait toi confiance non de dieu ,lui dit-il, arrête de faire l’enfant !
Le singe se lève de son trône, confiant et satisfait de la tournure des évènements, il entame le titre de : Found my home de Nosferatu.
Il prend une Gibson ES 350 T et lance à Tommy un sourire écrasant, puis il se lance dans une danse en lui faisant des simagrées et se moque clairement du choix de sa chanson, tout en jouant des vibratos déments et des bends expressifs , il pique des poses à la DK et frappe d’une énergie renversante.
Une source électrique se forme au fil du morceau.
Il lui suffit de poser sa nouvelle guitare sous la marmite pour qu’un jet électrique vienne rallumer le feu, en un éclair .
La jeune demoiselle encourage Tommy, et lui dit tout ce qu’elle peut pour rassurer ce sauveur .
Tommy se reprend et porte le micro à sa bouche, il démarre le titre : Bring It On Home de Led Zeppelin
Sa voix si sensible, tremblante, se renforce au fil de la musique , mais une voix si belle et si fragile amène une douce pluie qui finit par éteindre le feu.
Les musiciens restent placides sous la rincée et continuent de jouer.
Le singe vert devient rouge de colère, il ramasse une Télécaster de 65 et se lance comme une foudre sur le titre : Chocolate Piano de Orang-Utan.
L’ambiance ce chauffe, surtout pour la jeune fille, toujours suspendue, face à l’eau chaude.
Il attache un feu d’artifice au manche de sa nouvelle guitare, les étincelles du manche feront-elles prendre la mèche de la fusée pour rallumer le feu?
C’est bien possible, car le silex du singe est cette fois-ci très affuté.
Il enchaine des slides avec sa queue, il ajoute des hammer-on ultra fluide, ses vibratos sont si puissants qu’ils peuvent déplacer une montagne.
Le Roi soulève une pierre, grâce aux vibrations de sa Télécaster de 65, il la ramène sous la marmite et parvient à la faire péter comme une TNT, grâce à sa fusée, qui a finit par décoller de sa guitare.
Les flammes ondoient sous la marmite …
Foutus pour foutus, nos deux compères parviennent ensemble à se lâcher complètement sur un titre qu’ils ont en commun.
La voix de Tommy fait souffler un vent frais , accompagné de flocons de neige.
La neige tombe dans les riffs du guitariste, ce qui gèle sa guitare.
La marche se fait sur le titre de : Phoenix des Whishbone Ash
Cela fait monter le jeu du bucheron dans un tourbillon glacé.
Tommy a bien retrouvé sa puissante voix, son partenaire le voit quand il soulève la pierre en feu en l’utilisant.
Alors le bucheron, décide de lancer la guitare glacée, sur cette roche volante ; Elle se gèle instantanément.
C’est à ce moment que Tommy pousse sa dernière vocalise pour que la pierre puisse tomber dans la soupe à la banane.
L’évaporation offre un voile sur la demoiselle, nos deux sauveurs en profitent pour libérer la jeune femme.
Le silence retentit tandis qu’un quetzal survole la scène
Le calme laisse aux primates le temps d’admirer les trois silhouettes réunies qui brillent, dorénavant sous un soleil éclatant.
- Chiez ça fait des heures qu’ont fait chauffé cette soupe ! Dit un singe
- On a gagné c’est terminé ! Dit l’ombre de Tommy dissimulée dans les rayons du soleil.
Le Roi Vervet ne supporte pas cette défaite et commande aux singes d’attaquer.
Mais surgit une panthère noire qui rugit férocement, face aux intentions des singes.
-C’est le Roi de la Jungle !
Tous les primates s’arrachent leurs instruments et prennent leurs jambes à leur cou.
La panthère fixe un instant la nouvelle bande, puis retourne tranquillement à son habitat.
Tommy et le bûcheron découvrent enfin la prisonnière; elle a le style dans l’oeil et la main parfaite.
-Merci à vous deux, vous avez été magistraux ! Dit la jeune femme.
Tout le plaisir était pour nous pas vrai ? Lance le bûcheron.
Ouais, clairement, répond Tommy, soulagé.
Que faites-vous seule dans la jungle?
J’ai fui le Temple, les soeurs ont refusé mon accès à l’aventure, mais je n’en pouvais plus d’être une nonnette. C’est là que je suis tombée sur ce royaume. Quand j’ai découvert la batterie, je n’ai pas pu m’empêcher d’en jouer. C’est à ce moment qu’ils me sont tombés dessus. Je me suis débattue comme j’ai pu, mais j’ai juste réussis a déchirer mon habit de nonne.
Le Roi Vervet est devenu fou de joie quand les singes m’ont déposée ligotée à ses pieds.
C’est là qu’il a eu l’idée d’organiser cette cérémonie, et faire de moi l’office du sacrifice.
Le bucheron lui file son blouson rouge et noir.
– T’es musicienne? Lui demande-t-il
– Batteuse, ouais.
– Dites les gars, vous allez où comme ça en faite? (Demande la fille)
-Bah moi, je vis pas loin, dit le bucheron. Mais après ce qu’on vient de vivre, je pense déménager illico.
As-tu un véhicule? Dit la fille – Non. Dit le bucheron.
– Moi j’en ai un. Dit Tommy.
-Comment tu t’appelles en faite? Demande la fille.
-Tommy et toi?
-Mo. Et toi?
-Randy.
-Tu fais partie d’un groupe Mo ? demande Tommy.
– Non je viens de rompre avec le temple pour une carrière solo.
– Moi, j’ai toujours voulu faire partie d’un groupe, avoue Tommy.
– Ouais moi aussi dit Randy.
– Tu vas où, Tommy à présent? Demande Randy.
– – À l’Openfield.
– Carrément au chapitre 3 ! Quelle allure dis donc ! Dit la jeune femme, et tu y vas comment ? À pied ?
– Non il y a Georges qui devrait toujours m’attendre sur le vicinal.
– Après ce qu’on a vécu, j’ai plus envie de vivre dans la jungle, dit Randy.
– Il reste de la place pour nous? demande Mo
– Oui, je pense qu’à quatre, on a la place.
– Et Georges c’est qui ?
– Notre chauffeur.
– – Sera-t-il d’accord de nous prendre? Demande Mo
– Vous en faites pas Georges il est extra. Réponds Tommy.
Georges est vautré dans la téléga une flûte à la main, sa bouffarde dans l’autre.
Des volutes sortent des trous de sa flûte
Il s’amuse à créer des sonnettes un peu psychédéliques tout en tirant sur sa pipe aromatique.
-Georges nous voilà !
-Comment ça nous? Hé ! Eux, c’est qui? Dit George en jetant un coup d’oeil par-dessus ses lunettes de pilote.
-Nos nouveaux amis, Georges je te présente Mo et Randy.
– Ok ok, -Deux buffles de perdus, deux amis de trouver. Monter. Dit George d’un signe de la main.
– Où sont tes deux autres buffles Georges?
– Ils ont déguerpi je crois qu’ils en avaient marre de ma flûte.
– George allume les hauts-parleurs et repartent tous ensemble sur : White Wedding, Pt de Billy Idol.
Ça ne va pas trop le fatiguer, de tous nous tirer à ton buffle? Dit Randy.
Ce buffle fait plus d’une tonne et nous sommes sur de grandes roues, ça va aller.
C’est ainsi que se termine ce deuxième chapitre.
Nos amis font connaissance. S’éloignent à l’allure des unaux de la luxuriante jungle et s’offre une vue imprenable sur l’Openfield.
Chapitre 3. Rock Cowboy :
Les voilà au pied du viaduc qui sépare les deux chapitres par un fleuve.
C’est l’heure, ils s’avancent en silence. Et contemple l’immense plateau.
Le soleil s’étale sur les champs d’orge et de farouch. La reine, par ici ,s’appelle Marguerite ; Elle partage le trône avec les reines-des-prés.
Ils se meuvent à val , vont par monts et par veaux( plutôt par buffle) jusqu’au layon.
La sylvestre est peuplée d’ormes et de peupliers.
L’orée est ornée de téraspic Ibéris, de luzerne , de véronique et des tricholomes.
La sittelle grimpe avec agilité sur les troncs, le pétauriste donne le ton dans les rameaux, tandis que les troupiales assurent la chorale.
Le loriot lui profite du concerto.
Dans les pâturages, on peut voir des mérinos, fiers de leur fine laine, et des vassiveaux qui aiment qu’on les prennent en photos.
Ils se donnent des allures de bouc, pendant que l’homme méticuleux remplit son flock-book.
Une transhumance de montbéliardes a lieu dans le pacage; les amouillantes trainent le pas, tandis que les autres l’accélèrent pour paitre les premières.
La mésange mitraille le ciel moutonneux sous le labeur des faneurs alors que les chasseurs tirent sur le proyer et prient de viser la râle.
Une manade de taureaux séjourne près d’un mas.
Notre bête de somme tire le fardeau des hommes et les entraine vers le village du Ranch.
Nos amis profitent du calme pour piquer une sieste, leur seul problème, c’est ce soleil qui frappe sur les plaines.
-Faudra ce payer un chapeau, qu’en dites-vous? Dit Randy
Une téléga s’approche, conduite par un hard Rockeur qui les colle de près.
-Que faites-vous sur ce territoire? Vous vous êtes égarés?
-Que nous veux-tu, demande Georges en le fixant de ces lunettes.
-Vous n’avez rien à faire par ici, regardez-vous on dirait des citadins. Par ici on n’accueille pas ce genre de personne, comprenez?
– C’est une terre d’accueil, rappelle-toi, et c’est moi le transporteur. Alors, explique-moi ton problème?
Le Hard Rockeur sort une arme et pointe le dernier buffle de Georges.
– Arrête tes conneries ! À quoi tu joues ??
– Je me débarrasse de la vermine qui vient piétiner nos platebandes ! Voilà à quoi je joue, bonne journée, dit-il en tirant plusieurs coups de révolver, proche du buffle.
La bête panique et se lance dans un sprint.
Le Hard Rockeur continue de tirer en prenant la fuite.
Georges balance le titre : Slow Ride de Foghat pour rester concentré.
– Accrochez-vous ! Dit Georges.
– On va faire du mieux ! disent les passagers.
– L’hystérie les entraine dans les labiées, piétinée par la bête, labourée par le charriot . Ils arrivent en grande pompe à l’intérieur du patio du Ranch.
– Georges maintient son calme malgré les secousses, et tente de ne blesser personne, il s’en sort, presque à merveille, mais quand la téléga se détèle de l’animal, elle fonce directement, beau droit sur des gars , des héliciculteurs.
– Poussez-vous, poussez-vous! Dit Georges en retenant ses haut parleurs.
– Ils passent entre deux tracteurs et terminent cette terrible course, en fracassant l’escargotière.
– Rien de cassé ?
– C’est le chienlit dans la cour, le jeune pinscher n’en finit plus de japper.
– Les bovidés mugissent comme pas deux , les dindonneaux et les hourdants sont dans une panique générale, le Sky terrrier est éjecté dans la fontaine de manière radicale, par le buffle devenu ingérable.
– Arrivent alors en nombre, lasso en main, des gauchos qui le capturent et le ligotent.
Le chien s’ébroue et aboie face à cette tentative de noyade.
Georges l’entend au loin renâcler de désespoir. – Mon buffle ! s’écrie-t-il
-Vous là-bas ! Dit un escogriffe en hurlant comme un putois :
C’est quoi ce foutoir, mon escargotière, ma riche affaire, mes escargots, mon boulot !
-Je suis vraiment navré, répond Georges tout penaud. On s’est fait agressés par — ça m’est complètement égal ce qu’il vous arrive, c’est mon problème qu’il va falloir résoudre en priorité, vous comprenez?
Vous allez me remettre en état cette baraque , car ce n’est pas dans un bivouac que je pourrai élever mes gastéropodes, vous comprenez?
– C’est un accident, Monsieur? … Pensez bien qu’il nous est indispensable de formaliser ce problème au plus vite, mais comprenez aussi que nous sommes sous le choc, regardez notre chauffeur, vous voyez? On vient de lui démolir sa petite maison et il ne hurle pas comme un putois. Dit Tommy.
-Je, cela n’est, pas, je suis formel, il en résulte des frais de construction conséquente ainsi qu’un dédommagement pour l’inactivité de la production
J’espère que vous avez du pognon la bande, et débarrassez impérativement votre téléga de mon bureau !
-Nous ne sommes pas des limaces nous allons remettre cette escargotière sur pied, dit Tommy
-Ne me faites pas courir sur le haricot, vous comprenez ?
-Pourtant, ça vous change des salades, dit Mo
-Je me recommande ,dit le pète sec , pas de blagues, mais du travail, marner et payer !
-Il va faire la meule pendant une éternité cette soupe au lait, dit Randy
C’est le merdier dans la litée, constate Georges en tirant sur sa bouffarde.
Mo s’enlève un escargot pris dans ses cheveux
Randy soulève la ruine, il fait un tas du reste de la téléga
Tommy remercie le ciel, car nous sommes sains et saufs
Un homme aux cheveux longs passe sur son tracteur, c’est Gaston, une connaissance à Georges.
-Adieu ! On m’a raconté que ta téléga a fait un accident? Ce sera plus facile de tirer ses débris avec mon tracteur.
Georges saute sur son tracteur – tu me sauves, Gaston !
Notre chauffeur est d’un coup, au taquet. Il s’occupe du labeur dans une efficacité tenace et nerveuse.
En moins de deux, les deux hommes tirent la téléga hors du bureau, pendant que le reste de l’équipe balaient les dégâts.
Gaston sort un coup de blanc à la fin des travaux de nettoyage.
-Bon travail à tous, merci pour votre aide.
-C’est normal tu nous as permis de sortir de la jungle, et tu n’as rien demandé en retour.
— Dit, George, as-tu l’argent pour le chantier?
— J’ai plus un kopeck… Je viens de m’offrir trois buffles.
Ce Monsieur Untel ne rigole pas, il a le bras long et sera sur tes talons.
-Dans une pareille occurrence, tu as tout intérêt à trouver une solution.
-De toute façon je ne peux même pas m’enfuir ! Crois-tu que je sois en danger?
-Au vu du personnage, en effet, oui. Mais je connais le pinardier; il cherche actuellement quelqu’un pour l’épaulée.
Pour l’épaulée? Répète Georges.
Oui, des stocks de vins. Dit Gaston.
Ipso Facto, dit Georges en acquiesçant contristé.
-C’est hors de question qu’il aille se saigner à la tâche pour cet accident, dit Tommy, – trouve une autre solution.
-C’est vrai, vos stocks de vin, c’est le tonneau des Danaïdes, dit Mo
-Bonjour le Philanthrope, dit Randy sur un ton imposant.
Bon ça va, arrêtez de me dévisager, dit Gaston.
-J’ai une solution idoine, allons à la campagne à la conquête de l’or.
-Très bien, je suis partant ! Mais, avant tout, je dois m’occuper de mon buffle.
-T’en fais pas, ils l’ont emmené dans un cabanon en bois style Isba. Il a de quoi brouter pour toute la journée, lui répond Gaston.
-Je n’en ai pas pour long ! Lance Georges qui se dépêche de le retrouver.
Les autres l’observent filer, puis aident Gaston à préparer le matériel nécessaire pour cette ruée vers l’or.
-Tiens il se met à roiller.
Gaston bâche la remorque et l’attèle au tracteur.
– Hardi, les gars, en route !
Gaston ramasse Georges au passage. Ils quittent le ranch sous la pluie; les péons se mettent à gueuler contre la météo dans leurs ramasseuses-presses.
Les voilà partis pour ce nouveau voyage. Le décor change et le temps s’améliore, sur ces terres semi-arides qui ressemblent au sertão.
Dans ce paysage de monts et merveilles, le tracteur croise des tarpans galopant avec des mustangs.
Ils vivent là, libres au vent.
L’orfraie vole au-dessus des montagnes et les accompagne.
Nos chercheurs d’or ressentent l’aventure. Cet esprit mestango qui règne en ce lieu, impose le respect.
- C’est le 1er Continent, dit Gaston en battant l’estrade.
- Ici, la Terre est mère et la Liberté est père.
Gaston s’arrête faire le plein dans la seule station d’essence du coin.
Dans le petit haut parleur de la station, on peut entendre : Listen To The Wind d’Atlanta Rhythm Section.
Puis, enfin, les voilà arrivés. Des rochers moussus camouflent l’entrée de la rivière qui ruisselle entre les falaises vers de petites cascades.
Le sable semble jaune et le ciel tient un bleu, d’un jour d’été merveilleux.
Gaston sort du tracteur une vieille chaîne hifi, et balance: Sweet Louisiana de Charlie Daniels Band.
-Messieurs, dame, prospecteurs, prospectrice, je vous présente la Goldline, proclame Gaston.
Le chemin de l’or court dans cette zone de la rivière; de nombreuses affaires ont pris vie ici. Aujourd’hui, c’est à vous de chercher.
L’orpaillage nécessite un pan, une rampe de lavage et des bottes étanches.
-Des questions?
– C’est quoi un pan? demande Georges.
Ils vont te montrer, répond Gaston. Tiens Tommy, peux-tu m’apporter le rets s’il te plaît ? Pendant que vous cherchez, moi je vais chasser pour le dîner.
-Très bien à tout à l’heure, disent les chercheurs d’or.
Georges se pose près des cascades et sort sa flûte.
Mo profite de la rivière pour faire un bain de toilette, l’odeur de la banane ça colle aux cheveux.
Randy et Tommy sortent le matos et se mettent à marner laborieusement, ils se mettent à compter les paillettes dans le sable aurifère. Mais ils constatent vite qu’il faudrait une année entière pour accumuler de quoi payer l’escargotière.
Bien maigre rivière il faut reconnaître dit Tommy.
Courage, faut y croire ! Dit Randy
Georges joue à présent sur un seul pied et prend des postures très étranges. Sa mystique musique a du plaire à la rivière, car un langage s’est formé entre l’eau et Georges, d’un seul coup il saute !!
Ses deux pieds plantés dans la rivière, ses yeux rivés sur un rocher, Georges écarte la caillasse et aperçoit, des planorbes formant un orbe,
ses globes sortent de ses orbites: car juste en dessous dort une pépite.
-Hiii Haaa ! s’écrie Georges, en sautant de pierre en pierre, sa pépite en or dans la main.
Il retourne vers les autres dans une danse que seules ses lunettes arrivent à suivre, et montre son trésor.
– Elle est suffisamment grosse pour permettre à Georges de payer sa dette !
Le travail accomplis, il s’allonge sous un arbre, en la contemplant avec ferveur.
Tommy se demande, sera-t-il capable de l’offrir en échange de sa dette? .
Mo termine sort de l’eau et part s’étendre dans la valériane, pour un bain de soleil.
Randy est à présent convaincu que la richesse est sous nos pieds et qu’il suffit d’un peu d’entrain pour récupérer le pactole.
Il va chercher une pioche dans le tracteur, et se mets à frapper contre la paroi de la falaise, des han retentissent et font écho dans la vallée.
Tommy s’assoit et réfléchit.
Randy continue de piocher il fouine dans les éclats de pierre, la couleur jaune tant attendue.
– Il n’y a rien ! Que dalle s’écrire Randy.
Georges s’endort en enlaçant sa trouvaille.
– Les gars. Et si cette rivière était musicale? Finit par dire Tommy.
Personne ne l’écoute.
Il observe la rivière et voit bien qu’elle scintille, pourtant sa passoire est vide.
Tommy se lance et chante quelques notes, la rivière brille intensément.
Tommy poursuit, ça réveille Georges, du coin de l’œil, il observe Tommy et se motive, il l’accompagne de sa flûte, posé contre son arbre.
Ça calme Randy, ses han deviennent moins bruyants, laissant place au chant de Tommy et l’improvisation de Georges ; il remplace l’officielle guitare contre
sa flûte pour ce morceau calme : Fool’s Gold de Hemlock.
Mo apprécie en silence la musique, elle ronronne et profite de s’étirer allongée dans l’herbe. Son nez plongé dans la valériane, elle savoure sa liberté et sa belle santé. Elle se roule de droite à gauche et tombe nez à nez sur un pochon en velours.
Sa bouche tombe quand elle découvre ce qu’il y a dedans. Une belle pierre jaune et verte !
Gaston réapparait avec un mauvis dans une main et une outarde dans l’autre.
– Comment ça va l’équipe? Vous avez trouvé quelque chose?
– Oui, regarde ! Montre Mo.
– C’est un chrysobéryl …. Et quand il s’avance, il confirme : c’est un œil-de-chat de treize carats ! Dit Gaston épaté.
Tommy et Georges cessent de jouer et vont féliciter Mo, la voilà devenue riche !
Randy fixe la scène un peu contrarié, l’argent ne revient jamais à ceux qui bossent pense-t-il fâcher.
Alors il se remet à piocher en hurlant des Hans et fracasse la paroi de la falaise.
– Gaston félicitations qu’elle chasse tu nous ramènes ! Dit Tommy – en effet, c’est un jour de veine, nous allons nous régaler en fêtant cette journée.
– Bonne idée ! dit Mo, et si nous jouions un morceau tous ensemble?
Oui, jouez-nous quelque chose pendant que j’allume le feu.
Ils improvisent: Ohio de Crosby ,Still, Nash and Young.
– C’est pas mal votre interprétation, mais avec une guitare, ça sonnerait vachement mieux, dit Gaston, je veux dire c’est bien votre truc, mais ça reste un grand morceau basé sur la guitare, allez dans la remorque il doit y en avoir une.
Randy jette sa pioche et fonce dans la remorque. Il prend la guitare avec plaisance.
La bande se lance toute ensemble sur Down Down Down de Buffalo Springfield
Gaston allume le feu et s’assoit pour écouter la musique.
Regardez, c’est bien une rivière musicale ! Dit Tommy en fixant l’eau entre deux tempos.
La musique donne des couleurs à la rivière comme si nous étions à Caño Cristales ( en Colombie. )
Roule une pierre, qui dévale la falaise et vient heurter le pic de la pioche à Randy.
La pierre explose aux abords de la rivière , à l’intérieur, c’est un chrysobéryl de 120 carats qui se montre à eux.
Le feu crépite aussi fort que leurs yeux.
– C’est prodigieux, dit Tommy
– C’est la folie, dit Randy
– L’exploit d’une vie, répond Mo
– Ah ! Quelle escapade, conclut Georges
— Ne restons pas ici, dit Tommy. Allons régler cette dette et faisons la fête au village. Qu’en pensez-vous ?
L’équipe charge le pactole sur le tracteur, ainsi que les outils, et se met en route.
– Attendez, j’arrive, dit Tommy, petite commission.
Tommy part librement, et balance des hanches en arrosant la richesse de ce lieu, content comme jamais les yeux au ciel.
Mais au sol s’avance un serpent en colère. L’arrosée n’a pas dû lui plaire, a du lui toucher ses écailles, car ce ramène contre lui : Le Trigonocéphale.
Tommy fait un pas en arrière en s’excusant, lui tend ses mouchoirs, mais le serpent ne veut rien savoir, compte régler l’histoire à sa manière.
Surgit alors par les airs, un serpentaire qui l’attrape et l’avale.
L’impact de la scène fait reculer Tommy de deux pas en latéral,
Il marche alors sur une vipère, et se fait finalement mordre quand même.
– Bon sang ! Quelle scoumoune !
Tommy ?
Au secours.
Tommy !
Tommy relate sa mésaventure en montrant sa cheville gonflée
-Toujours porter des Santiag’s fait remarquer Gaston en le transbahutant dans la remorque.
– Allons chez des amis avant que l’envenimation se propage d’avantage, dit Gaston.
– N’y a pas à chiquer on le laissera pas crever, dit Georges
– En route, Gaston balance à coin le titre : Tex de Litfiba.
Il choisit ce morceau pour donner à Tommy une certaine force pour se battre.
La steppe est grande difficile de tomber sur le peuple pastoral, mais vint un homme à cheval.
– Gaston, un problème? -Morsure de serpent on a besoin de votre aide.
– Je vous précède, suivez-moi.
Ils suivent le cavalier jusqu’au village d’Iyotake. À leurs arrivées le cavalier leur fait signe de baisser le volume de l’autoradio.
Ils entrent entre les tipis, le tracteur est au ralenti, dans le village on peut entendre : Ride Across The River de Dire Straits.
Gaston parque son véhicule devant la maison de l’esculape.
Ils portent Tommy et l’entrent dans le tipi, puis le déposent dans un lit.
Il n’est pas évanoui il lutte. Mais il ne devrait peut-être pas accélérer son coeur comme ça.
L’esculape a une solution très efficace pour le calmer : un extrait de suc de laitue qu’ont appelle Thridace.
Puis il prépare la thériaque, et la lui sert avec du miel, Tommy est complètement dans la lune à présent.
Il demande au reste du groupe de le laisser se reposer. Son état devrait s’améliorer sous peu.
Georges,Randy et Mo découvrent la communauté des Blackfoot, c’est un peuple aux visages sereins et aux sourires généreux.
Iyotake arrive sur un cheval blanc, il porte une coiffe avec une plume d’aigle royal.
Son regard est doux et sauvage. Il salue d’une poignée de main Gaston, et du regard les autres.
Gaston va dans son tracteur et sort le mauvis et son outarde
-Je vais faire boucaner ce mauvis et cette outarde en attendant que Tommy se réveille, je tiens à vous offrir ce don au potlatch, M.Iyotake.
-Le ohanpi rectifie Iyotake d’un sourire.
-Très bien, nous allons préparer le thé du labrador dans ce cas, disent de jeune Indienne.
Iyotake et Georges filent avant que Gaston se lancent dans la cuisine.
Mo et Randy, rencontrent un indien qui les invites, à découvrir le courant artistique de l’indigénisme, dans le Tipi des Us et coutume.
Ils acceptent l’invitation et suivent le guide.
Au centre il contemple un Bison sculpté dans du péridot puis Randy admire une Tomahawk qui est suspendue en vitrine.
Mais le plus fascinant, pour tous les deux, c’est cette pure merveille de l’art des steppes ;
Une plaque de bouclier en forme de panthère en or avec incrustation d’émail et d’ambre.
– C’est un cadeau des scythes, dit le Blackfoot.
– Comment ! Les scythes vous ont offert ce bouclier, dit Randy estomaqué.
Oui les scythes sont de véritable Chef, chez nous on dit qu’un chef n’est pas respecté pour ce qu’il possède, mais pour ce qu’il donne.
Gaston s’occupe de la cuisson quand Randy et Mo le rejoignent près du feu, les Indiennes leur offrent le thé. Ils observent un peu plus loins,
Georges qui fume le calumet de la paix avec Iyotake en écoutant Rockin’In The Free World de Neil Young.
— Qui surveille les pierres? demande Mo anxieuse.
— J’ai tout verrouillé dans le coffre du tracteur, répond Gaston.
— Je ne pense pas que le vol soit très fréquent par ici, dit Randy.
— On parle de million Randy ! insiste Mo.
L’esculape fait son entrée près du feu, derrière lui il y a Tommy.
Il est encore fragile, mais il leur décoche un sourire.
Tommy ! Ses amis se pressent d’aller le saluer.
Tu es sur pied !
Les Indiennes lui offrent une soupe de pouliot pour le requinquer.
Vous m’avez sauvé Les Blackfoot, dit Tommy, un grand merci à vous.
Les amis, j’aimerai offrir ma part du butin à ce peuple, mais aussi à toi, Gaston.
Je vous dois la vie, alors prenez mon caillou.
Ton caillou ! Ton butin? Tommy ! Houlala, la morsure t’aurait-elle fait halluciner?? Demande Mo.
Tommy se tourne face à M.Iyotake et lui avoue qu’ils ont trouvés un chrysobéryl de 120 carats.
L’équipe surveille de manière très tendue la réaction du peuple indigène. Ces médicaments l’auraient-ils rendu fou ? Se demande Mo
Gaston semble détendu, Randy et Georges se lèvent en direction du tracteur.
Iyotake analyse Tommy, il s’en étonne. Mais finalement il accuse aussi les médicaments. Le blanc ne donne qu’en état d’euphorie, pense-t-il.
— Notre richesse, c’est le Wakan Tanka, dit sagement Iyotake.
Tout le reste ne nous intéresse que peu. L’or et les pierres précieuses n’ont de valeur que dans les rituels spirituels ou dans une forme d’art, souvent offerte pour commémorer un pacte.
Mais à l’état brut, nous refusons l’offrande.
Tommy est confus. Il sort une pierre de smaragdite et la tend à M.Iyotake. Vous m’avez sauvé la vie, je vous prie de recevoir cette pierre, venue des Prières Rockiales.
M.Iyotake prend la pierre et la contemple. Intéressant, venez avec moi, ils entrent dans le Tipi des Us et coutume et placent la smaragdite dans l’œil du buffle. Elle s’intègre parfaitement.
— Voilà, Tommy, tu as trouvé la solution, félicitations.
Nos amis repartent en saluant le peuple des Blackfoot. Gaston balance : Apache des Shadows et redémarre son tracteur.
Dans la poussière qui gronde, nos amis s’en vont en direction du Ranch en se disant que c’est rassurant de voir, que primitivement l’homme peut être excellent.
Cette fois ça y est, ils repartent, quittent la steppe et ses habitants. Gaston conduits à travers champs.
Randy pique un somme, Georges souffle du Neil Young en songeant à sa prochaine téléga, Mo inspecte le pactole et Tommy contemple les mustangs et les tarpans, et apprend.
La radio balance : Midnight Rider des Allman Brothers Band et la magie opère.
Ils arrivent à la prairie et admirent la physiocratie.
Les lavandières nettoient l’ombre, des tanches et ses sandres, vident ceux qui sentent le poisson.
Le résinier heureux au sommet de son arbre s’occupe du gemmage, profite dans ce remue-ménage les pouliots qui maraude les framboises, qu’ils donneront à la petite poulette, la jolie Françoise.
Il y a les adeptes de la serinette, instruire les oiseaux. Les seriner pour leur apprendre à chanter .
Témoins de tout ça, on ne peut s’empêcher de constater que l’ouvriérisme n’est pas juste une idée, mais bien un fait prouvé.
La morale est sa culture est supérieure aux autres classes.
Gaston que représente cette cariatide? Demande Mo
C’est la statue de Déméter.
Il arrête le tracteur devant elle.
La statue de Déméter est représentée comme vous pouvez le voir par une jolie plante nue sous sa chemise en jeans légèrement déboutonnée et nue sous son jean éraflé. Santiag’s aux pieds, des cheveux de blés et des yeux d’or.
Une feuille dans une main , une plume dans l’autre
Elle est à la fois, selon notre légende : la musique et la danse.
Couronnée de roses et de ronces, les seins libres comme nos collines , les fesses rebondies comme le cheval dans sa course.
Elle écrit de sa plume les sons de l’environnement et de sa feuille les poussent ( et les distribuent à tous. )
C’est la chef d’orchestre des sons et du mouvement, de toute cette nature qui nous entoure.
Nous célébrons la Thesmophorie lorsque nous avons terminé les moissons
Sont-elles finies en ce moment?
Pas du tout ,répond Gaston en rallumant son tracteur.
C’est même le début des moissons. D’ailleurs, je dois vous laisser, j’ai beaucoup de travail qui m’attend.
Je vous dépose sur la place du marché?, il y a un marchand d’or et de pierres.
-Très bien est où je peux te retrouver pour t’offrir ta part, demande Tommy.
-T’en fais pas pour ça, l’essentiel c’est que tu vas bien et que vous avez les moyens de réparer les dégâts.
-Ça d’accord, mais quand même, Gaston, je tiens à t’offrir quelque chose..
-Si tu me cherches, jette un œil sur cette colline, je travaille au Ranch pour Mr.Springsteen, c’est le propriétaire du village.
-L’équipe descend et remercie Gaston puis ils prennent congé.
Attention, gardez vos portes monnaies en sécurité, car les villageois ont la vibrante manie de faire de belles affaires, dit Gaston filant avec son tracteur.
Ils descendent et s’avancent sur la Place du Marché.
Les stands ont tous les même sonorités : les ventes et la musique
Easy Money (The Net) de Little River Band, vient rythmer les affaires.
et ils entendent gueuler :
-Vente de Scaferlati, du Maryland, du bon Tabac de qualité, au stand du pipier.
Puis aperçoivent les Magyars qui hongroient le cuir au sel et alun
-Du Nubuck poncé avec entrain, c’est plus du cuir on dirait du daim.
-Cordage de pite, fait par la seule et unique, Agave du Mexique.
Vente de ramure, offrez à votre cheminée une fière allure
Avis aux sportifs, venez participer a notre tir au skeet, récompense à la clé : La chair estimée du faisan, la chair délicate de l’ortolan, et, pour le tireur de haut niveau, on lui offre le perdreau !
Un milkbar s’illumine. – Ne faites pas les timides ! Honorez nos génisses, nos milkshakes, ce n’est pas de la pisse !
Messieurs, dames fourniture haut de gamme pour la torée adorée,
Je fais un prix spécialement pour vous faire plaise, sur les saucisses de charolaise.
Mangez nos patates Vitelottes, profitez-en, non d’une botte !
-C’est le comptoir ici, dit Randy.
Mo trouve la pancarte où il est inscrit ; achat d’or, suspendue au dessus de la porte de la petite boutique, ils entrent, entendent Money de Badfinger et font sonner la cloche. Un petit homme se présente au comptoir.
-C’est moi qui tient la boutique que puis-je pour vous ?
Georges sort sa pépite, le changeur la pèse 543 grammes., il en offre 38’000.- cash.
Georges tire sur sa bouffarde. – Le prix de l’or est à 120 de nos jours pas à 70.- !
- L’or est fréquent dans la région et son prix a baissé, si vous n’êtes pas satisfait aller voir ailleurs.
- Ça peut valoir 80’000.- cette pépite faites un effort sur le prix.
- Pas dans cet établissement , c’est 38’000.- et pas un centime de plus, c’est à prendre ou à laissez jeune homme.
- Bon, dit contrarié Georges et cette gemme combien en voulez-vous?
- Il montre la gemme de 120 carats. Il l’analyse, et il prêt a en donner 300.- le carat, soit 36’000.- cash.
- C’est au tour de Mo de monter dans les tours, – vous vous fichez de moi, c’est une chrysobéryl qui mérite sa place dans un musée
- Peut-être sur terre, répond le petit monsieur.
- Mademoiselle, ici c’est juste un oeil de chat sauvage des prairies du 1 continent, je reconnais qu’il faut du courage pour aller dans ces terres inconnues mais au Ranch c’est l’ alexandrite qui plait aux dames, l’oeil de chat c’est pour les adolescentes.
- 36’000.- cash ou vous repartez avec vos pierres pour en discuter aux cowboys du quartier.
- Tommy tu dis rien !
- Mais j’ai rien moi je te rappel, mais l’offre est parfaite non?
- Avec 47’000.-tu règles cette histoire crois moi.
Combien vaut une escargotière dans ce village? Demande Georges
-Je ne sais pas moi, je suis marchand.
-Vous autres ça fait 9000.- chacun c’est pas mal pour une demi heure de travail, non? Demande Tommy.
Vendre plus loin serait la solution car ces pierres sont trop fréquentes dans la région, pense Mo, elle décide de garder sa pierre dans son pochon en velours.
Comprenant bien que l’argent est pour Tommy, ce qu’est du whisky pour une vache.
-Monsieur on vous remercie pour votre offre, mais nous allons trouver un acheteur plus arrangeant, finit par dire Mo.
Le vieux regarde Mo, puis appelle sa femme.
Une petite dame entre équipée d’une loupe de gemmologue. Elle observe de plus près les pierres.
-C’est bon dit-elle, vous avez eu raison de ne pas céder.
Ces pierres ont une résonance particulière. Je dirai même qu’elles sont sacrées.
Je vous en donnes 200’000.-
Le vieux n’ajoute rien, finalement c’est elle qui tient la boutique, et c’est tant mieux pour nos amis.
Les sourires apparaissent sur leurs visages en acceptant l’offre. Ils concluent et signent.
— Félicitations, ces trouvailles ont plus de sens que je ne me l’imaginais, dit le vieux marchand.
Nos amis ressortent les poches pleine et le coeur léger, sauf Tommy, qui craint fort que cette sommes d’argent risque de mettre en péril ses nouvelles amitiés.
Allons manger, s’écrie Randy !
Georges a la gorge sèche . Bonne idée !
La tablée fait signe au serveur,
Bonjour à tous, dit le serveur en distribuant les cartes.
Puis-je vous proposer le menu du jour? :
Une rognonnade sauce poulette avec des tétragones accompagnés d’oronges.
-Pour commencer, on va prendre un kil de rouge, volontiers, dit Randy
-Avec le menu du jour?
-Non je vais prendre la venaison, svp. -Cerf ou sanglier? -Sanglier.
Et pour vous, le menu?
-Non, un thymus du veau, svp. Dit Tommy.
Un ris de veau, c’est noté et vous?
.Je vois que vous faites le Tartare? Demande Georges.
Oui il est excellent, la viande hachée vient de la ferme, ainsi que les jaunes d’œufs, il y a juste les câpres qu’on fait importer. Par contre je vous préviens, il est fortement assaisonné.
-Bah toi, ne prend pas ça tu vas choper un ténia, dit Randy
-La maison offre le ténifuge ou un ténicide à votre guise.
-Non, finalement, je vais prendre un papet Vaudois.
Très bien et pour vous, mademoiselle?
Oui, excusez-moi j’ai pas bien saisi le menu du jour, c’est quoi exactement?
C’est une longe de veau cuite avec le rognon légèrement dégraissé accompagné d’une sauce au beurre, d’un jaune d’œuf et un filet de vinaigre, avec des épinards et des champignons très recherchés.
Si c’est des vrais, je vais gouter ça, dit Mo
Autres choses?
Oui, mettez des assiettes de mou pour les chiens, assaisonnés du doux paprika hongrois
De mou?
Oui vous savez les poumons de certains animaux de boucherie dont raffolent les animaux domestiques. Ajoute Mo
Avec ça ,on pourrait avoir un autre litron? Demande Randy.
Nos amis mangent et boivent en savourant leur victoire, et les chiens près des tables et quelques chats courageux, dévorent les assiettes que le serveur dispose séparément pour éviter les débordements. — Svp! Pousse Randy.
— Je remplis la channe d’étain? Demande le garçon.
— Non, ramenez une futaille, ce rancio est une vraie trouvaille. Dit Randy.
-Et alors, après le diner, on va chez M.Untel régler ce petit problème?
-J’aimerai bien voir mon buffle avant. Répond Georges en somnolant.
-A quoi rêve-tu Georges? Demande Tommy
Georges rêve de remonter aux Prières Rockiales avec une téléga flambant neuve tirée par trois beaux buffles, pour épater cette jolie fille qu’il garde en souvenir.
— Messieurs, dame, nous passons aux desserts ? Demande le garçon?
-Oui, volontiers, un café noir avec une rincette d’eau-de-vie commande Tommy, pas mal je vais te suivre, dit Georges
-Une tire d’érable et du tokay pour moi, svp dit Randy
-Et pour moi une téquila. Demande Mo
Nos camardes se laissent aller dans cette victoire, et ne s’aperçoivent pas des dangers qui les entourent.
Pourtant, l’accueil ne s’est pas fait en toute tranquillité, mais ils n’ont en rien à faire, à présent ils sont riches, sont ensemble, et ont la panse bien remplie.
En attendant, il semble qu’un secret s’évente au pays du Ranch,
Ne seraient-ils pas les seuls à aimer les histoires sur les conquêtes de l’or?
Sur la place du marché, ça bouge, il est l’heure d’accueillir les ménétriers, dit un homme au micro
Des salves d’applaudissements éclatent sur les tables des restaurants, et tous se lèvent et se mettent à danser sur : Cosmic Cowboy des Nitty Gritty Dirt Band.
Les gauchos dansent avec les droitières,
Les Magyars popularisent la csardas
les péons mettent en vogue le fox-trott,
nos amis s’invitent à la danse, dans des allures avinées,
Les bergers offrent le ranz des vaches et le fauconnier fait voler son émerillon, pour accompagner cet air.
Mais dans cette simple fête populaire, débarquent les télégas des hard Rockeurs et dans leurs hauts parleurs ont entends : Caballo Diablo de Charlie Daniels Band.
– L’avenir du prolétariat envahit nos terres libres ! Nous ne nous laisserons pas faire et répondons par
la puissance de nos bêtes ! Dit l’un des Hard Rockeur. Vous avez joué le ranz des vaches, les voici.
Le sol se met à trembler sur la place du marché, taures et taureaux déboulent sur la place.
C’est un choc, mais quand ils voient ensuite débarquer des aurochs …
-Palsambleu la taille de ces urus sont monstrueux ! Dit Randy
-Que la course landaise commence ! Dit un Hard Rockeur en tirant en l’air !
L’évènement inattendu force l’équipe à quitté les lieux en trombe, l’ivresse et l’adrénaline les fait filer comme des flèches, ils plongent dans le raccard et atterrissent dans les céréales.
Dehors, les leghorns se prennent des rosées avant d’être envoyées sur les roses.
Quelqu’un à payer l’addition? demande Mo
-Non. Disent les autres.
Par contre, a-t-on toujours le pactole? Demande Georges
-Oui, certifie Mo.
J’ai la tête qui tourne, quelqu’un a de l’eau? Demande Tommy.
-Non. Dire que je n’ai pas pu finir mon tonneau, dit Randy déçu.
Georges s’endort dans les grains.
Le silence retombe enfin, ils sortent et marchent en direction de l’escargotière.
Sur la route Georges cherche son buffle, mais la course à semer une telle zizanie qu’il a dû, à son tour, s’enfuir.
Ça déboussole Georges en silence.
Ils poursuivent leurs routes à pied, ça leur permet de décuver.
Il passe le portail de la demeure de M.Untel, il est au jardin et arrose ses plantes.
Son schnauzer accourt dans la cour et les aboie.
– Enfin ! J’espère que vous avez de bonnes nouvelles à m’annoncer. Dit M.Untel
Oui, j’ai de quoi vous rembourser. Affirme Georges.
Entrez, je vous prie, installez- vous au salon.
L’équipe se pose dans le canapé.
Laissez-moi comptabiliser, en fait si je retiens mes heures, l’engagement des mastards, les matériaux, patati patata
J’arrive exactement à 88’321.-
Un crédit peut-être?
Georges sort de son état vaseux.
Vous pouvez toujours baver!
On ne parle pas d’escargot en platine, Monsieur, cette somme n’est pas raisonnable. Dit Georges.
Ce sont mes heures qui coutent le plus cher vous comprenez? Et puis j’ai entendu dire que vous avez touché un pactole conséquent dernièrement. Je crains fort qu’il faille payer le prix, cela inclut aussi votre sécurité, bien entendu.
À moins que vous préfériez vous faire canarder? C’est vous qui voyez les voyageurs, mais je vous souhaite que l’aventure continue.
- Très bien, puisque c’est comme ça !
Georges pose 30’000.- sur la table. J’ai déduit votre malhonnêteté, je ne vous dois plus rien.
M.Untel sourit. -Vous n’avez aucune relation dans le coin je vous conseil de faire très attention.
-C’est pas vrai, nous connaissons Gaston. Répond Georges.
-Gaston? Le tractoriste de M.Springsteen ? Demande M.Untel
-Exactement. Et je me demande bien ce que va penser M.Springsteen de votre ruse cher M.Untel, dit Georges
J’espère que vous aurez le droit de renouveler votre contrat d’exploitation ! Envoie Mo dans la face de M.Untel.
M.Untel boit une gorgée de cognac.
-M.Springsteen est mon ami , je suis sûr qu’il sera de mon avis, cette clause n’est pas une arnaque.
-Alors, allons le visiter. Dit Georges.
-Très bien, laissez moi le temps de m’habiller.
Mr.Springsteen travaille sous son chapeau sur le toit de son ranch. Il répare la charpente.
Il nous fait un signe de la main, et descend par l’échelle.
Son Irish-Terrier vient les renifler, se pose un loriquet à l’épaule de M.Springsteen.
C’est un très beau cowboy qui est planté devant ces enfantillages, il observe attentivement et finit par dire : -je vous écoute.
M.Untel aboie comme un putois, il s’enfonce au fil de ses mots vers une aberrante plainte exagérée.
Tommy lit sur le visage de M.Springsteen, puis s’éloigne en respirant l’air de l’Openfield.
-Et si nous réglions toute cette histoire par une course de chevaux? Conclut Tommy.
Je vois que vous possédez un hippodrome, ce serait la manière la plus drôle de mettre un terme à ce problème.
M.Untel, je vous défie. Dit Tommy.
L’escogriffe sourit, oh tu aimes les défis gringo? Si tu tiens à ton pactole, écoute et donne moi 80’000.- Pars avant que tu ne réalises le plus grand de tes échecs.
-Je te donne les 200’000.- si je perds, en revanche, si je gagne, tu nous fourniras la carte qui mène au chapitre quatre, et bien sûr, tu nous donneras des véhicules.
-Entendu. En fait, c’est juste parfait, et quand vais-je récolter votre pactole et faire de vous mes employés dit M.Untel en se frottant les mains.
Le temps que je trouve un cheval, répond Tommy.
Mr.Springsteen décide d’organiser une vraie course à pari, il invite Tommy à rejoindre son lad afin de déterminer quel sera son cheval.
En attendant, M.Untel part dans sa demeure, afin de récupérer et préparer le sien.
Tommy! Hé Tommy, dit-moi que tu sais au moins monter à cheval ? Pas vrai! Tu n’es pas juste dans un élan rock’n’roll, rassure moi, demande Mo.
-On verra Mo ! Je vais déjà aller voir les chevaux.
-Ameutez le village pour les paris et prenez place au tattersall demande M.Springsteen.
Aux stalles, on y passe Wanted Dead Or Alive de Bon Jovi.
Tommy aperçoit une jeune fille pommelée qui se démarque des autres, crack certainement au vu de son profil, Tommy s’approche.
Il l’enfourche et volte avec, dans les galops, il lui ronronne le refrain, mais la Maiden d’un soubresaut le désarçonne.
Tommy fait un vol plané et atterrit dans les crottins du pur sang.
Peut-on réessayer sur un autre titre? Demande Tommy.
Le lad envoie Algiers de Afghan Whigs.
Il remonte et tente de dresser l’animal, mais la Maiden d’un soubresaut le désarçonne encore.
Tommy n’y comprend rien.
Le lad tilt, – sa patte arrière droite lui fait mal, dit-il en la voyant boiter.
Le lad est aussi saboteur, il doit ferrer ce cheval si Tommy ne veut plus se faire mal.
Merci Monsieur?, demande Tommy
-Ernest le noir, corps idéal, car absorbe intégralement tout le rayonnement qu’il reçoit.
Enchanté M.Le noir
As-tu un prénom pour ce pur sang ? Demande M.Le noir
-Layla répond Tommy.
J’aime bien, avoue Ernest.
Tommy remonte, c’est un acrobate, il tient le coup, mais la fougue de l’animal n’a sans doute pas dit son dernier mot.
Pendant ce temps M.Untel arrive sereinement sur un pur sang noir.
Il voit que Tommy a choisit La Rosse, il pousse un soupir et lui dit,- je vois que tu as choisi le seul cheval dont personne ne veut, bravo !
C’est presque trop facile, dit M.Untel en s’avançant fièrement sur son belle animal.
-Ce n’est pas le cheval que vous montez qui compte. C’est le cavalier qui tient les rênes. Dit Tommy.
Au Tatterstall Mo,Randy et Georges traversent l’anneau des paris bombé sur : Guitare Town de Steve Earl.
Un bookmaker s’approche de Mo et lui dit- Partante pour un célibataire? Posez votre pari, alors tu couches?
Mo lui tire une claque.
Que t’a-t-il dit? Demande Randy
Je ne sais pas je n’ai rien compris, répond Mo.
Allons-nous camper au paddock, dit-elle.
Bientôt va commencer la parade
Randy s’approche d’un bookmaker, j’aimerais parier sur Le bismarck et son longshot ? Dit-il.
Le bookmaker observe les Tic-tac.
-D’accord combien?
-50’000.- dit Randy.
La musique de : Rocky Top de The Osbourne Brothers animent les vendeurs de chips et de cacahouètes
Sur scène les Cowgirls dansent sur : Legend de Poco.
Et puis l’animateur se décide à crier au micro :
-Bienvenue aux courses, mes chers turfistes !
Les jockeys et leur monture débutent la parade.
Le Red magnifique pur sang noir piaffe fièrement sur le turf.
Isabelle salue avec élégance le public d’une pesade.
Layla fait une cabriole puis elle se met à stepper, on dirait que son jockey a du mal à la stopper
Tous ses chasseurs sont prêts à courir, d’ailleurs, on dirait que Layla La Rosse n’a pas pu se retenir ,et risque bien d’arriver fourbue devant les starting-gates.
Sans plus attendre, les chevaux descendent au poteau.
En attendant, profitons d’écouter le morceau : Gold Dust Woman de Waylon & Willie.
M.Springsteen descend de l’estrade et proclame un verset biblique, avec son lorriquet à l’épaule, et son Irish-Terrier à ses pieds.
-As-tu donné au cheval sa vigueur.
As-tu revêtu son cou de la crinière flottante
Le fais-tu bondir comme la sauterelle
Son fier hennissement inspire la terreur
Il piaffe furieusement, jouissant de sa force
Il n’a peur de rien. Il ne recule pas devant l’épée.
Le carquois résonne sur lui comme la lance étincelante et le javelot
Brulant d’impatience, il dévore le sol.
Il ne peut se contenir lorsque sonne la trompette.
La course est lancée sur un coup de trompette avant qu’il émette: You’re so Strong de Atlanta Rhythm Section.
Randy bondit de sa chaise et fonce -où vas-tu? Demande les autres.
-Régler un problème technique !
Il traverse La tribune en chicane, puis au trot en faisant des sauts pour atteindre le DJ de l’hippodrome.
Il l’assomme afin de balancer le titre : The Four Horsemen des Aphrodite’s Child.
Puis il fixe la course, Tommy devrait décoller au fil de la musique ,se convainc Randy. -Tu as intérêt à gagner cette course !! Hurle Randy en suivant la course depuis la tour.
Il n’est pas un Lilliputien, encore moins un jockey, mais courir, c’est ce qu’il a fait pendant des années, la course fait partie de lui, la vitesse ne fait qu’éveiller ses sens, vers une précision digne de son pays.
Un tuyauteur s’approche de Georges et lui murmure -tu veux un tuyau ?
-Je ne parie pas j y connais rien, répond Georges en tirant sur sa bouffarde
C’est à propos de ton buffle. Georges en perd ses lunettes. -Raconte !
– Suis moi, dit l’homme. Georges le suit et laisse Mo seule.
–
Georges apprend que ses buffles sont dans les mains des hard rockeurs. C’est le choc pour Georges.
Mo n’est pas seule, elle retrouve dans le public le marchand et sa femme, les vendeurs de la place du marché, le serveur du diner.
Tous sont là à guetter sur l’avenir du pactole. Mo ajuste sa veste et camoufle son stress.
Elle voit Randy qui protège sa musique par tous les moyens.
Elle voit aussi Georges vers le stand de hot dog, qui semble électrisé par une nouvelle.
La foule semble appâter par les gains.-Cours, Tommy court, l’étau se resserre, pense Mo.
Tommy plane sur son cheval pendant que Layla Rosse s’échauffe les cuisses et les épaules.
M.Untel trace a fière allure, et profite de saluer le public( triomphant.)
Mais au fil de la technique musicale de Randy, le cheval gagne en cadence, la remontée de Tommy et triomphale, Tommy est en transe et Layla Ross détale devant ses concurrents.
La mesure et prise Tommy risque bien de remporter le titre.
Mr.Springsteen est un peu consterné face à l’ambiance que Randy a pris le soin de poivrer.
Mais les dés sont lancés, reste à tenir le rythme jusqu’à la ligne d’arrivée.
Les galops des chevaux suivent le tempo et s’emballe sur la vitesse de la guitare , la course prend son envole,
bouillonne les paquets de muscle, ça décharge avant les courbes, puis ça envoie, la puissance maximale.
La course est à son comble, l’endurance des chevaux surpasse l’épuisement
La voix de Tommy s’électrise à force de répéter les mêmes paroles sans relâche. Ça détonne sur Layla
M.Untel sort un riff et tire vers l’oreille de son cheval, il fonce comme un malade. Cherche à tirer sur Tommy,
Mais Tommy vole, il est sur une partition qui l’emmène dans un ciel intouchable, ce n’est pas incroyable, c’est la musique, qui, une fois de plus, porte notre Tommy dans un lieu de puissance qui arrache tout sur son passage. Son cheval a mille pattes, deux milles, ils ne sont plus qu’un vent de musique qui atteint son but. Déchirer la banderole de la ligne d’arrivée.
Le DJ reprend connaissance et lance : Layla de Derek & Dominos pour célébrer la victoire de Tommy et Layla.
La foule est en délire, Tommy est aux anges, Randy escalade la tour pour le rejoindre sur le terrain, Mo accourt féliciter Tommy le coureur.
Mais il manque Georges.
Tommy le cherche du regard, il voit la foule applaudir, il reconnait tous les villageois, mais ne le trouve pas.
Il cherche à cerner le problème, l’escogriffe s’approche de lui et lui tend une affiche :
C’est une prime, une chasse à l’homme, M.Untel a profité avant son arrivée au tattersall, de cloué une annonce avec comme récompense : 100’000.- , pour celui qui parvient à séquestrer l’équipe de Tommy.
Au même moment, on lui donne un immense bouquet de fleurs, puis ils l’éclaboussent de champagne en lui offrant son Trophée, Layla et primée cheval de l’année.
Pour Randy la quintessence des courses hippiques, ça restera toujours les paris. Les poches bien pleines, il embrasse son ami.
– Randy, dit Tommy, nos têtes sont mises à prix où est Georges !?
– Il est parti avec un tuyauteur tout à l’heure, répond Mo
Tommy voit un Hard Rockeur depuis les hauteurs des gradins qui lui fait un doigt d’honneur.
Consternée par cette impolitesse, la tête de Tommy éclate de colère.
Il n’y a pas une minute à perdre ! Tommy monte sur Layla, Randy vole Isabelle et Mo le Red, et cherche à fuir l’hippodrome.
Ernest le noir sort des stalles en hurlant à Tommy – Attend ! Attends !
M.Le noir ! Dit Tommy en galopant dans sa direction.
Ernest lui donne une escopette – soit prudent, lui dit-il.
Dans les plaines ça sent le règlement de compte, le vent souffle : Journey’s End de Andromeda
La bande recherche les Hard Rockeurs et compte bien libérer leur ami Georges.
Ils galopent sur les plaines parmi les aurochs et les buffles en liberté.
Au loin, un camp séjourne dans les vastes plaines, des télégas forment un cercle, et au centre, il y a un feu. Georges est ligoté là au milieu.
Les cavaliers s’avancent.
En silence les bisons, les buffles et les aurochs broutent la prairie.
Ils descendent de cheval et s’approchent à pied.
This Cowboy’s hat de Chris LeDoux trotte dans la tête de Tommy.
Mais loin des parcs du village, on entend jouer : Long Way From Home de Copperhead.
Ils portent des blousons noirs, le visage taillé par les vents et la plupart, ont des cheveux épais et longs.
Tous armés de révolvers qui brillent sous le soleil.
L’un d’eux s’avance, l’étincelle de son allumette enrobe sa cigarette.
Il fixe Tommy, et finit par dire. -Voilà les vedettariats ! On a pris son trophée et son pognon? Vous êtes content ?
Tommy a la main dissimulée sur l’escopette.
-Vous pensiez quitter Rock Cowboy en volant ce qui nous appartient, vraiment?
-Rock Cowboy? Demande Tommy.
-Pose cette arme Tommy, lui dit le Hard Rockeur, ça ne te va pas du tout.
Tommy reste stoïque et obéit, après tout, comment affronter une bande armée avec un seul pistolet … Il sort l’arme et la dépose au sol.
-Rock Cowboy, c’est le vrai toponyme de l’Openfield, lui répond le Hard Rockeur.
J’aime bien, lui dit Tommy.
-Tu vois autour de toi, c’est ça l’âme de ce chapitre. La liberté des animaux, l’expression naturel dans son état sauvage.
C’est cela que nous défendons, chaque seconde.
Le village se développe à une vitesse folle, et massacre les platebandes de nos animaux.
Ils ne font qu’arracher, écraser, arracher, écraser sous le poids du bitume, sans jamais s’arrêter. Dit fâché le Hard Rockeur.
Pourquoi êtes-vous si violent !? Demande Mo
Nous défendons nos terres avec la même violence qu’on nous la prend, tout simplement.
Préserver cette liberté nous est plus possible.
Le village prolifère et détruit tout ce qui ne peut pas l’enrichir.
Nous n’avions aucune chance de leur tenir tête.
Mais, quand nous avons vu la somme de la prime, une lueur d’espoir est née.
Avec 100’000.- nous pouvons nous offrir une réserve pour laisser vivre libre nos bêtes
Voilà pourquoi nous vous avons tous attiré dans nos quartiers, c’est pour empocher la récompense.
Tommy sourit au Hard Rockeur, et lui répond : que penses-tu de 200’000.- de don pour t’offrir la plus grande et la plus belle réserve que tu sois capable d’imaginer ?
-Vous avez gagné 200’000.- en si peu de temps ! Dit outré le Hard Rockeur , – efficace la bande !
Tommy s’avance au centre de la bande et détache Georges, Randy contemple l’une des guitares des Hard Rockeur et Mo pleure en silence en voyant le pactole s’évader de lui-même .
Georges peut enfin tirer sur son éternelle bouffarde, il observe les plaines et contemple ces buffles qui s’y promènent.
Il décide de leur offrir une retraite dans ce nouveau paradis à l’état sauvage. -Les buffles sont heureux chez les Hard Rockeurs, dit Georges.
Tommy offre la somme de 200’000.- au patriarche des Hard Rockeur pour la protection des terres et des animaux sauvages.
Une poignée de main signe le pacte. Tommy inspire profondément, il est fier de cette leçon.
Georges monte sur le cheval de Tommy, Randy repart avec une guitare dans le dos, et Mo avec son chrysobéryl planqué au fond de sa poche.
La bande retourne voir M.Untel pour conclure leur deal.
L’escogriffe est planqué dans sa demeure, les portes sous verrous. Son pinscher est envoyé pour attaquer la bande.
-Nous venons prendre ce qui nous est dû, s’écrie Tommy. Sortez et donnez-nous cette carte !
Évidemment M.Untel n’a pas la carte du chapitre quatre, mais il tient tout de même parole en leur offrant un micro tracteur à chacun, pour parvenir au prochain chapitre.
-J’espère que c’est pas loin, dit Randy en matant l’engin.
Tommy décide d’offrir son trophée à Gaston avant son départ.
Et puis l’heure des au revoir sonne.
-Salut, les cowboys, s’écrie Mo
-Rock’n’roll dit Tommy en chantant: Sundown de Gordon Lightfoot.
Ils partent sous les acclamations du peuple, un Blackfoot à cheval galope dans leurs directions il est là pour les guiders tout au long du chemin.
Les Hard Rockeurs sont en ligne sur les collines et font résonner leurs révolvers au ciel quand passe notre équipe, enfin prête pour ce prochain chapitre.
The Wreck Of The Edmund Fitzgerald de Gordon Lightfoot clôture ce passage.
-Êtes-vous prêt à découvrir ce qui se cache derrière l’Openfield?
Ça tombe bien. Nous aussi …





